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[Interview JDD] Le plan Bartolone pour l'éducation

Depuis son arrivée en 2008 à la tête du Conseil général de la Seine-Saint-Denis, le député (PS) Claude Bartolone fait de l’éducation sa priorité. Jeudi, il présentera son plan d’investissement pour les collèges et sa conception du collège du troisième millénaire.

Votre département doit encore faire face à des suppressions de postes dans les écoles ?

60 suppressions de postes en Seine-Saint-Denis sans compter les lycées! 40 pour les collèges et 20 pour les écoles primaires. C’est un pur scandale alors que cette année nous devons faire face à l’arrivée de 600 collégiens. D’ici 2013, nous devrons en accueillir 3500 de plus. Les aeropages ministériels s’affichent tous les trois jours en Seine-Saint-Denis, promettant le changement aux habitants tout en torpillant le service public de l’Education. Avec ces suppressions de poste, le gouvernement reconduit les inégalités sociales. Comment voulez-vous alors que nos jeunes croient en l’école de la République ?

Que faire à votre niveau pour lutter contre l’échec scolaire ?

Le Département doit être un partenaire actif. Il doit mettre sa compétence de bâtisseur au service de l’éducatif. Il faut rattraper les années de retard sur le bâti, installer la culture dans les collèges, ne laisser aucun élève sur le bord du chemin. Nous avons lancé un groupe de travail, constitué d’enseignants, de parents d’élèves et d’architectes pour inventer le collège du troisième millénaire.

A quoi ressemble ce collège ?

Un collège ouvert sur la ville. Un lieu privilégié de rencontres avec les écoles primaires et les lycées. Un lieu d’accueil avec une maison des parents, des salles des professeurs avec des espaces plus individualisés, des gymnases et de vastes salles de restauration. Un collège numérique avec une classe numérique par matière. Un collège sécurisé ou la peur n’a pas sa place, véritable lieu de vie et d’apprentissage.

Comment sécuriser les collèges sans en faire des bunkers ?

Les établissements ne doivent pas être transformés en prison, mais il n’est pas question de les laisser devenir des « passoires ». Le collège sanctuaire doit pouvoir exister. Pas de tabou sur la vidéosurveillance. Nous le faisons déjà avec notre plan de sécurisation, si c’est un souhait des équipes. Les parvis doivent être fonctionnellement clos et visuellement ouverts.

De quels moyens disposez-vous ?

Le 17 octobre, notre assemblée a voté un plan exceptionnel de financement de 723 millions d’euros qui va concerner 21 collèges : onze reconstructions, quatre restructurations et six nouveaux collèges, 12 gymnases, 10 cuisines centrales et 3 internats. Et aussi 29 millions d’euros sur cinq ans pour le numérique. Pour partie de ce financement, nous avons mis en place un partenariat public privé. Certains crient à la privatisation de l’Education nationale. La seule privatisation qui nous guette c’est lorsque les parents et les élèves se détournent de l’école publique.

Vous désirez que votre programme soit appliqué au niveau national ?

En cas d’alternance en 2012, il faudra rapprocher la réflexion sur le collège et le primaire, redéfinir le lien avec la ville et les parents. Et surtout, il y a un de nos dispositifs qui concerne la lutte contre le décrochage scolaire qui devrait faire ecole en France. Depuis 2009 nous menons une expérimentation avec les villes, dans la moitié de nos collèges : les élèves temporairement exclus ne sont plus livrés a eux-mêmes. Ils sont pris en charge par des associations des la première exclusion. Le matin, l’élève est accompagné au collège par un éducateur pour récupérer un programme de travail, la continuité éducative est ainsi assurée. L’après-midi il suit des cours de rattrapage ou réalise un travail artistique et de réflexion autour des raisons de son exclusion. 90% des élèves ayant bénéficié de ce programme n’ont pas connu de nouvelle exclusion. Nous sommes en train d’endiguer la spirale exclusion, décrochage scolaire. La Seine-Saint-Denis est défricheur d’idées.

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