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Interview dans Le Monde

Vous estimez que le PS s’est trop enfermé dans le débat de la primaire ?

Le PS est à la croisée des chemins. Ou bien il fait de 2011 une « année primaire », ou bien il en fait une « année essentielle ». Dans la première option, ce serait le règne du buzz et des petites phrases. Dans la seconde, et dans la logique du calendrier porté par la première secrétaire – cantonales, projet, alliances, désignation du candidat – s’offrirait à nous l’opportunité de construire étape par étape l’alternance à Nicolas Sarkozy. C’est pourquoi tous les socialistes doivent se mettre au service du PS, de la gauche et des Français pour faire de ces cantonales un grand rendez-vous. Avec ces élections, les Français peuvent à la fois dire leur rejet d’une politique nationale injuste, inefficace et réactionnaire, et à la fois refuser qu’après avoir démantelé les outils de protection sociale, M. Sarkozy s’attaque aux services publics de proximité qu’incarnent les collectivités locales. Cette élection, elle a tout d’une grande.

Les élections cantonales de mars, c’est l’étape pour gagner 2012 ?

Oui, car ce sera l’occasion pour le PS et ses partenaires de tester un projet social-écologique pour la France. Nos départements sont des France en miniature et les thématiques qui animeront ces cantonales correspondront aux priorités mises en avant lors de la présidentielle.

Depuis 2007, M. Sarkozy paye sa politique fiscale pour les plus favorisés sur le dos des services publics. L’hôpital, l’école et le service public de la sécurité sont aujourd’hui sacrifiés. Ces élections locales permettront d’opposer à ce projet politique de la droite, les propositions des forces de gauche pour reconstruire le socle de l’égalité réelle.

C’est sur cette base sociale, et sur aucune autre, que nous saurons reconquérir les quartiers populaires et combattre un FN plus menaçant que jamais au regard de ce semblant de normalisation dont il bénéficie. En 2007, M. Sarkozy promettait qu’il avait ramené les électeurs lepénistes dans le champ républicain. Malheureusement, ce sont surtout les thèses lepénistes qui ont été légitimées par la droite parlementaire.

Mais Martine Aubry et DSK alimentent eux-mêmes le débat de la primaire. Sont-ils entrés comme l’affirme Pierre Moscovici dans une «concurrence subtile » ?

Depuis le congrès de Reims, Martine Aubry et Dominique Strauss Kahn incarnent la volonté des reconstructeurs d’en finir avec les querelles et la machine à perdre. Ils sont conscients de leur responsabilité et se protègent mutuellement. Martine Aubry protège DSK en étant une première secrétaire qui prend des initiatives, remet le PS en mouvement, en préparation du projet et en synergie avec les partenaires de la gauche. DSK, quant à lui, protège Martine Aubry car en étant aussi haut dans les sondages, il lui donne plus de liberté d’action au sein du PS.

Ils ne s’affronteront pas ?

Je suis persuadé que non. L’un et l’autre figurent une nouvelle approche de la vie politique. Ils ne sont pas de ces candidats programmés à la présidentielle dès leur naissance. Ils sont plus enclins à accepter une mission qu’à faire triompher une ambition. L’un comme l’autre est conscient de l’état de la société française, de l’aggravation des inégalités, de la crise environnementale, des risques démocratiques induits par la rupture qui s’est installée entre le président de la République et une majorité de Français. Ils sont lucides quant à l’affaiblissement de la voix de la France au niveau européen et international. Parce qu’ils mesurent la dimension de ces enjeux, Dominique et Martine auront, le moment venu, une réflexion commune pour savoir lequel des deux est le mieux à même de porter le projet socialiste. Nous avons la chance d’avoir deux responsables politiques conscients que leur opposition pourrait provoquer un échec en 2012. Ils sauront s’accorder pour faire gagner la gauche.

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