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Rencontre des acteurs de l’Education en Seine-Saint-Denis

Monsieur l’Inspecteur d’académie,
Monsieur le Vice président, cher Mathieu,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur Debarbieux,
Mesdames et Messieurs les représentants syndicaux,
Mesdames et Messieurs les représentants des parents d’élèves,
Mesdames et Messieurs les architectes,
Mesdames et Messieurs les principaux
Mesdames et Messieurs les enseignants,
Mesdames et Messieurs,

Ces rencontres sont un moment important dans la vie de la collectivité.

Pourquoi ?

Le 17 octobre dernier, l’assemblée départementale votait un plan massif de rénovation, de reconstruction et de construction des collèges sur 5 ans de 703 Millions d’euros.

Un plan massif dont nous souhaitons, avec Mathieu Hanotin, Vice Président en charge de l’Education, qu’il soit le plan Malraux pour les collèges.

A partir de cette date, le compte à rebours était lancé.

Son point de départ est celui de l’inscription au plan d’investissement du département de 21 collèges considérés comme prioritaires. Cette liste –sur laquelle je ne reviendrai pas- n’est somme toute pas très originale. Nous y avons mis les opérations de rénovation prévues pour certaines depuis 10 ans. Nous y avons rajouté la construction de nouveaux collèges pour répondre aux besoins démographiques. Nous y avons aussi adjoint la reconstruction du collège Louise Michel à Clichy-sous-Bois qui n’avait jamais été programmée mais, qui, de l’avis de tous, ne peut plus fonctionner dans cet état.

Cette liste a été accompagnée d’un plan de financement gravé dans le marbre. Sachez que, dans la foulée, nous avons signé une convention de prêt avec la Caisse des dépôts et consignations. D’autres contrats de financement suivront.

Ainsi, ce que nous avons voté le 17 octobre dernier nous a permis de gravir la 1ère marche. Celle qui permet à un plan ambitieux en faveur des collèges d’entrer dans le champ des possibles.

Pour ne pas trébucher sur la 2ème marche et toutes celles qui vont suivre, nous devons mettre en œuvre ce plan en le confrontant à la réalité du terrain. Il doit être taillé sur mesure.

C’est l’objet de ces rencontres.

Le piège qu’il faut éviter, c’est celui d’une grande annonce sans lendemain mais aussi celui d’une grande annonce qui ne s’adapterait pas aux besoins de ses bénéficiaires !

L’instrument pour éviter ce piège, c’est la concertation avec les acteurs qui font le collège au quotidien.

Je veux m’arrêter un instant sur le sens de cette concertation. La concertation que nous souhaitons mettre en place doit permettre à chacun de trouver sa place.

Aux élus de fixer un cap, une grande orientation. Aux élus de trouver des solutions de financement. Aux acteurs sociaux de proposer un contenu adapté aux besoins.

A vrai dire, cette concertation est l’assurance tout risque que notre plan d’investissement en faveur des collèges se mette en œuvre au plus près de vos besoins.

Je veux prendre l’engagement ici que les 21 opérations prévues seront réalisées avec vous.

Je demande d’ailleurs aux services départementaux d’y veiller tout particulièrement.

Ces rencontres, Mesdames et Messieurs, doivent nous permettre d’échanger sur ce que nous voulons faire de ces nouveaux collèges.

Alors que de nombreux rapports pointent le collège comme le maillon faible du système éducatif, nous devons agir maintenant.

Si l’on part des compétences d’un département en matière d’Education, nous pouvons d’abord agir sur le contenant, sur le cadre général d’étude.

Certains psychiatres – notamment en pédiatrie- défendent l’idée que l’architecture soigne, qu’elle apaise.

Nous pouvons aussi dire que l’architecture éduque.

L’architecture au sens large.

– Elle éduque d’abord parce qu’elle est une preuve de l’attention que porte la République à ses enfants.

Rendez-vous compte de l’image renvoyée à un jeune collégien qui a cours chaque jour dans une salle de classe dans laquelle la peinture s’écaille ?

Cette image renvoyée va construire la propre image que ces jeunes auront d’eux mêmes.

En ce sens, le cadre de vie est un élément de l’estime de soi.

– Elle éduque aussi parce qu’elle crée des habitudes de vie dès le plus jeune âge. Disposer d’un équipement de qualité créé une certaine exigence. Un jeune élève qui s’accoutume à un mode de travail au rabais n’aura évidemment pas d’exigence pour lui-même.

Ainsi, les questions de l’architecture et de l’état du bâti ne doivent pas être traitées sans réflexion.

Quelles fonctionnalités, quels espaces doivent être pensés en amont pour un collège ?

De quels équipements doivent bénéficier les collèges ?

Quel est la place du collège dans son environnement ?

Tels sont les questions sur lesquelles nous voulons connaître vos avis, vos expériences et vos préoccupations.

C’est questions paraissent, parfois, bien techniques. Mais je veux leur donner une plus grande ambition.

Elles ont du sens.

Nous ne pouvons pas penser le collège de demain du point de vue de son architecture sans s’arrêter sur son objectif.

Si aujourd’hui le collège fonctionne mal c’est parce que l’ascenseur social qu’il doit constituer est en panne.

Le poids du facteur social dans la réussite scolaire est de plus en plus important.

Alors, je crois que l’objectif de ce collège unique est de mettre sur un même pied d’égalité une génération d’élèves, quelles que soient leurs origines, leur couleur et leur religion.

Il doit offrir la possibilité à chacun de construire son projet professionnel, son projet de vie. Il doit aussi être le ciment du vivre ensemble.

Ce nouveau collège doit donc se dessiner à l’aune de ce projet éducatif.

Il y a plusieurs leviers.

– Un collège qui ressemble à un collège. Un collège beau qui donne envie d’y travailler. Quoi de plus normal ? La République ne doit-elle pas assurer ce droit à tous les élèves ? C’est le premier pas de l’égalité territoriale et républicaine.

– Un collège où l’on se sente en sécurité : n’est-ce pas aussi un préalable pour y travailler sereinement ?

– Un collège où tous les enfants se retrouvent pour manger le même repas. Un repas équilibré. Un temps de détente aussi. Ne doit-on pas réfléchir à la meilleure façon d’y parvenir ?

– Un collège où le numérique prend toute sa place : n’est-ce pas un outil pour révolutionner les pratiques pédagogiques ?

– Un collège qui prévoit des espaces pour les parents : n’est-ce pas le meilleur moyen de favoriser leur implication plutôt que de les stigmatiser ?

– Un collège qui bénéficie d’infrastructures sportives de qualité ouvertes sur la ville : n’est-ce pas la démonstration que la pratique sportive doit avoir toute sa place dans les apprentissages scolaires ?

– Un collège qui permet l’éducation à la citoyenneté de nos jeunes : n’est-ce pas un formidable apprentissage de la démocratie ?

Je pourrais énumérer encore bien des sujets qui montrent que la conception que nous aurons des bâtiments scolaires et de leurs équipements a un impact sur le projet éducatif que nous mettons en œuvre.

C’est donc au service du projet éducatif et pédagogique que vous aurez construit, que nos architectes, nos programmistes, nos techniciens bâtiront les murs du collège de demain.

Ce que vous direz ici, je souhaite que cela soit repris dans ce qui va devenir le programme type du collège du IIIème millénaire. Je veux remercier de leur présence les représentants de l’Atelier 21 qui ont été désignés par le Département pour élaborer ce nouveau programme.

J’évoquais le « contenant ». Il est étroitement lié au « contenu ».

A ce sujet, le Département a la compétence de la sectorisation des collèges. Je dois dire tout de même qu’elle est toute relative puisque les dérogations sont accordées par l’Inspection académique. Néanmoins, nous pouvons actionner ce levier pour faire vivre la mixité sociale.

Cette question est plus que primordiale pour l’Ecole publique.

Il ne suffira pas de proclamer la mixité sociale pour qu’elle se fasse.

Il faut que toutes les familles d’un quartier aient envie de mettre leurs enfants dans l’Ecole de leur secteur.

De ce point de vue, avoir des collèges beaux et modernes, c’est le premier pas de la reconquête de l’Ecole publique.

Mais il faut aussi avoir des collèges où l’enseignement, les options, les parcours scolaires proposés sont de qualité.

Et, c’est ce en quoi contenu et contenant sont intimement liés.

Le contenu dépend essentiellement de la politique éducative nationale.

Je suis particulièrement inquiet de la réforme de la formation des enseignants. Je ne crois pas en effet que mettre des stagiaires en responsabilité entière sur une classe puisse revaloriser l’image de l’Ecole publique. Je ne crois pas non plus que le non remplacement des enseignants absents puisse revaloriser l’image de l’Ecole publique.

Quelques soient vos efforts, Monsieur l’Inspecteur d’académie, pour maintenir une école de qualité sur ce département, je suis régulièrement interpellé par le manque d’Auxiliaires de Vie Scolaire pour accompagner les enfants handicapés ou par la suppression progressive des postes des RASED dans les écoles.

Je ne doute pas que vous serez un certain nombre à cette tribune à douter aussi de cette politique gouvernementale notamment de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux.

Mais, je veux aussi dire, ici, que le Département ne se contente pas de protester mais qu’il a souhaité aller au-delà de ses compétences. Et, je ne peux que remercier l’Inspection académique avec laquelle nous collaborons efficacement dans deux projets.

Celui du programme Culture et Art au Collège qui est un véritable succès et qui, je le crois, contribue à valoriser l’image de nos collèges. 119 collèges sur 120 participent à ces parcours artistiques, culturels, scientifiques mis en place par une collaboration étroite entre l’enseignant, l’artiste ou la structure culturelle.

Celui aussi du plan départemental de prévention de l’exclusion scolaire qui permet de déployer des dispositifs d’accueil des collégiens exclus temporairement et qui montre son efficacité au quotidien.

Voici donc, Mesdames et Messieurs, ce qu’un département peut mettre dans le panier commun.

Il peut le faire quand il existe une volonté politique. Cette volonté puise son énergie dans une conviction. Celle que l’acte éducatif est le ciment du projet du 21ème siècle. Celui qui consiste à offrir à nos enfants une vie meilleure. Celui qui consiste à faire du progrès humain un progrès pour chacun.

Vous avez, peut être, regardé mardi dernier ce téléfilm « Fractures » sur France 2. Au-delà d’être l’adaptation d’un roman de Thierry Jonquet, il est aussi un terrible concentré des maux qui traversent nos banlieues. Avec les caricatures que cela implique mais avec aussi la dure réalité que cela nous renvoie.

La réalité d’une partie de la jeunesse privée d’avenir, sans espoir pour le lendemain.

Les élus que nous sommes, les professionnels, les parents que vous êtes n’admettent pas de baisser les bras.

Placer l’Ecole au cœur d’un projet pour la Seine-Saint-Denis de demain, c’est refuser cette fatalité.

Refuser cette fatalité pour la Seine-Saint-Denis, c’est la refuser pour la France de demain.

Je veux remercier tous les intervenants de cette tribune et ceux qui vont suivre, cet après midi, dans les ateliers. Votre présence un samedi matin montre que nous pouvons être optimistes pour le collège de demain.

J’espère que ces débats contribueront à changer le visage des collèges de la Seine-Saint-Denis et de la Seine-Saint-Denis toute entière aussi.

Je vous remercie.