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Chiffres du chômage: quand le gouvernement prend ses rêves pour la réalité

Le gouvernement s’est félicité par la voix de Xavier BERTRAND de la baisse du nombre d’inscrits à Pôle emploi et a osé annoncer la plus forte baisse du chômage depuis 3 ans ! On en rirait si la situation et le sujet n’étaient hélas pas si graves.

Il est temps d’être précis et de rétablir la vérité à partir des propres chiffres du gouvernement pour mettre fin à la manipulation grossière et à la stratégie de camouflage qu’il mène aux dépens des demandeurs d’emploi radiés.

Certes, les chiffres du mois d’octobre montrent une baisse du nombre d’inscrits à Pôle Emploi par rapport à septembre, que ce soit pour la seule catégorie A (- 0,8% soit 20 300 inscrits en moins) ou pour les catégories A+B+C (-0,3% soit 13 700 inscrits en moins).

Mais cette variation ne s’explique malheureusement pas par un retour à l’emploi et il suffit d’analyser les chiffres des sorties de Pôle emploi (A+B+C) pour le comprendre. Les sorties pour retour à l’emploi déclaré ont ainsi baissé de – 2 220 (- 2,2%) entre septembre et octobre, la baisse est de -3,3% sur 1 an : peut-on sérieusement se réjouir de tels résultats ? En revanche les sorties pour « cessation d’inscription pour défaut d’actualisation », doux euphémisme qui cache souvent un rendez-vous ou un coup de téléphone manqué, ont augmenté de 31 500, soit + 17% en un mois ! Même constat pour les radiations administratives qui ont augmenté de 2 400 soit + 5,5% en un mois. A comparer avec la fameuse baisse de 13 700 inscrits.

Au mois d’octobre 2010, sur l’ensemble des demandeurs d’emploi (A+B+C) sortis de pôle emploi seul 1 sur 5 (20%) a déclaré avoir retrouvé un travail, plus d’1 sur 2 a été radié pour des raisons « administratives ».

La conclusion est simple : cette baisse en trompe-l’œil est simplement le résultat d’une politique volontaire et lamentable de radiation et de désinscription menée par Pôle Emploi sous la houlette du gouvernement, elle ne s’explique hélas en aucun cas par un retour important à l’emploi. D’ailleurs en Ile-de-France, les chiffres d’octobre montrent une augmentation de 0,16 %, et de 0,6% en Seine-Saint-Denis où la situation est déjà très dégradée avec un taux de chômage dépassant les 11%.

Il est temps de sortir de cette manipulation des statistiques et de regarder la réalité en face : au-delà des micros variations mensuelles, depuis mai 2007, le nombre de chômeurs des catégories A, B et C a augmenté de 23,4%, soit 750 000 demandeurs d’emploi supplémentaires. Voilà le vrai bilan de Nicolas Sarkozy et des gouvernements Fillon.

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