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«Sur la sécurité, la gauche est crédible»

J’ai donné une interview au Figaro que je vous propose de retrouver ci-dessous:

LE FIGARO. – Le remaniement marque-t-il un tournant dans le quinquennat ?

Claude BARTOLONE. – Pour Nicolas Sarkozy, oui, c’est un tournant dans la mesure où, pour la première fois depuis 2007, il donne le sentiment de subir. Le président se retrouve avec un premier ministre plus imposé que choisi et un responsable de l’UMP en qui il n’a pas toute confiance… En revanche, pour les Français, ce remaniement est tout sauf un tournant. À peu de choses près, les mêmes équipes vont mener la même politique.

Le PS doit-il tendre la main aux centristes ?

Le président a donné le sentiment d’être peu attentif au projet des centristes. Un certain nombre de personnalités ont été méprisées sur la forme comme sur le fond. Je ne peux pas croire qu’un homme comme Jean-Louis Borloo, pour qui j’ai de l’amitié, se soit spontanément pris pour un premier ministre sans y avoir été encouragé. La manière dont Nicolas Sarkozy s’est conduit avec eux donne encore plus de force à notre position. D’abord, rassembler la gauche et les écologistes, et finalement tous ceux qui partagent un projet commun. Cela nous interdit les débauchages individuels ou ceux fondés sur le seul antisarkozysme.

Le PS doit-il accélérer le calendrier pour désigner son candidat ?

Je ne souhaite pas que le Parti socialiste modifie son calendrier. Cela serait interprété comme une manière d’interdire à un candidat de se présenter, Dominique Strauss-Kahn pour être clair. Avancer les primaires, ce serait les biaiser.

Le PS organise aujourd’hui un forum sur la sécurité. Faut-il en faire un thème de campagne pour 2012 ?

Bien évidemment. Aucun sujet ne doit nous effrayer. En tant que président de la Seine-Saint-Denis, je suis bien placé pour savoir que tout commence avec l’ordre républicain. Sans sécurité, pas d’installation d’entreprises ni de création d’emplois. Sans ordre républicain, pas d’école de qualité, pas de mixité dans le logement, pas même de liberté de culte.

La gauche peut-elle être crédible sur le sujet ?

Après huit ans d’échec de Nicolas Sarkozy, bien sûr ! Son discours de Grenoble a connu peu de résonance parce que l’opinion publique a décrypté tous ses tours. Les Français ont noté que pour masquer ses échecs successifs, le président en a toujours été réduit à trouver des boucs émissaires : les jeunes, les chômeurs, les roms… Aujourd’hui, cet échec amène les Français à être attentifs à un autre projet de sécurité publique.

Quelle est la mesure phare du PS sur la sécurité ?

Il n’y a pas de recette miracle. Mais une chose est sûre, on ne fera pas plus de police avec moins de policiers. Certes, la multiplication des postes est difficile compte tenu de la situation financière, mais il faut un gel des suppressions de postes de policiers et gendarmes, entraînées par la RGPP (réduction générale des politiques publiques) et un redéploiement des effectifs pour déterminer quels sont les quartiers prioritaires. La désignation d’un magistrat référent pour les forces de sécurité doit permettre par ailleurs de mettre en place une coopération indispensable entre police et justice.

Plaidez-vous toujours pour la police de proximité ?

Je plaide pour la mise en place d’une police territorialisée qui permette au quartier de connaître sa police et à la police de connaître son quartier. Au-delà, la France a besoin d’une grande réforme de la sécurité publique. Toutes les fonctions doivent être assurées : une police du quotidien pour installer la confiance, une police judiciaire dotée des moyens de conduire ses investigations et notamment de démanteler les réseaux de trafics de stupéfiants, et une police d’intervention aguerrie aux opérations de rétablissement de l’ordre.

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