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A propos du rapport "Prévention de la délinquance juvénile"

Je voudrais revenir sur le rapport « prévention de la délinquance juvénile » publié le 3 novembre sous la plume de l’ex-secrétaire d’Etat à la Justice, j’ai été très surpris de la faible place retenue par son auteur pour ce qui concerne la Seine-Saint-Denis et les politiques de prévention locales ou départementales que nous y menons depuis des années ou certaines beaucoup plus récentes.

Mais au-delà de cette anecdote qui révèle cependant une forme d’aveuglement sur ce qui se passe dans le plus jeune département de France, ce sont les propositions présentées qui m’ont proprement choqué.

Sur 15 propositions quasiment aucune ne concerne directement les jeunes eux-mêmes. Les parents, notamment les familles monoparentales, sont considérés comme responsables de tous les maux ; les institutions sont accusées de manquement à leurs devoirs. Au-delà, ce qui est un comble, le gouvernement s’exonère de toutes les responsabilités qui pourtant lui échoient : éducation, prévention, protection, sanction si nécessaire.

Comment repérer le plus tôt possible les comportements difficiles quand médecins, psychologues, infirmiers, assistants sociaux ou personnels de vie scolaire sont effacés du système scolaire petit à petit ? Comment prévenir quand les associations de quartiers et les acteurs locaux de prévention voient leurs moyens financiers réduits d’année en année ? Comment permettre aux services de la Justice de fonctionner normalement quand on découvre que le prochain budget de la Protection Judiciaire la Jeunesse subira en 2011 une baisse de 16 millions d’euros et une nouvelle baisse de ces effectifs ? Comment expliquer que les échelles de sanctions appellent à toujours plus de répressif (la LOPPSI 2 nous réserve encore quelques surprises supplémentaires !) et à toujours plus de mesures d’enfermement ou d’emprisonnement quand les centres d’éducation débordent au point qu’il fut un temps prévu de faire assurer la sécurité des biens et des éducateurs par des vigiles faute de personnel suffisant (à l’Ecole des Parents et des Educateurs de Pantin par exemple) ? Comment ignorer que les mesures d’assistance éducative et de protection des jeunes majeurs ne sont plus suivies par la PJJ ?

Département le plus jeune de France, la Seine Saint Denis dispose là d’un atout majeur pour son avenir. C’est un département qui connaît des difficultés sociales importantes auxquelles s’ajoutent parfois des incongruités particulières telle la compétence confiée au Tribunal Pour Enfants de Bobigny pour l’accueil des mineurs étrangers isolés qui arrivent en nombre sur la zone aéroportuaire de Roissy-Charles De Gaulle et qui, de ce fait, doivent être pris en charge par les services départementaux d’aide à l’enfance du Conseil général (400 à 600 par an).

Mais ce sont aussi des actions concrètes que nous menons en direction des plus jeunes et notamment de nos collégiens en rupture. Cette période délicate de l’adolescence nécessite notre attention particulière et notre mobilisation. C’est pourquoi, par exemple, 51 collèges du département bénéficient aujourd’hui d’un dispositif d’accueil des élèves exclus temporairement (« plan zéro élève exclu à la rue »). Le premier bilan de cette initiative départementale mobilisant un budget de 200 000€ en 2010 est positif puisque 80% des élèves accueillis dans le cadre de ce dispositif ne font pas l’objet d’une nouvelle exclusion. L’accompagnement éducatif et social individuel de l’enfant est la seule voie possible pour rompre le cercle de la chute vers le monde de la délinquance.

Non. Ni les accusations spécieuses, ni les coupes budgétaires, ni la stigmatisation de la jeunesse, ne peuvent conduire à une véritable politique intelligente et efficace de prévention de la délinquance en direction des plus jeunes.

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