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Inauguration du Forum International 3D

Monsieur le Préfet de Région,
Madame la Vice-Présidente du Conseil Régional, chère Isabelle,
Monsieur le directeur d’Avance Rapide,
Mesdames et Messieurs,

C’est dans cet ancien entrepôt du 19ème siècle que nous nous sommes donnés rendez-vous pour célébrer ensemble les nouvelles technologies… du 21ème siècle. L’image peut prêter à sourire… elle illustre en tous cas à merveille les mutations tambour battant de la Seine-Saint-Denis et de sa capacité à se rénover constamment.

Seine-Saint-Denis du passé, Seine-Saint-Denis de l’avenir, les dimensions, vous le savez, sont multiples. Et si l’on enferme bien trop souvent la Seine-Saint-Denis du présent dans un décor de violences et d’exclusion, de xénophobie et de barres d’immeubles, il y a l’autre versant, celui que vous représentez si bien, le versant du progrès et de l’innovation.

Oui, je tiens à vous le dire, par votre métier, vous ne faites pas que réaliser des images de fiction, vous construisez également une image vivante de la Seine-Saint-Denis, celle que l’on ignore trop souvent. Celle des compétences et des talents qui marquent un point dans l’avenir et ouvrent des perspectives au cœur du 21ème siècle.

C’est cette image-là que j’ai voulu encourager lorsque je suis arrivé à la tête de l’exécutif départemental. Et avec Seine-Saint-Denis Avenir, notre agence de développement économique, que je félicite pour son excellent travail sur ce festival, j’ai eu l’ambition de faire de la Seine-Saint-Denis la Silicon Valley française de l’image et du numérique.

Le défi était immense mais je ne l’ai pas cru démesuré : car les compétences, les potentiels, les idées, la technologie sont là…

Et il suffit de savoir regarder.

Car que percevons-nous sur ce département ? Il y a sous mes yeux quelques 2000 entreprises liées au développement de l’image, des starts-ups ou des grandes structures qui ont toutes fait le choix de la perfection visuelle, 2000 bourgeons de rêve qui envahissent au quotidien l’imaginaire des français et bien au-delà… Oui, cette image-là est formidable.

Et les projets de pépinière numérique à Aubervilliers, le projet de Cité Besson, les écoles de cinéma qui se multiplient sur le département sont encore autant de couleurs enthousiastes à apporter au tableau.

On m’a dit que la Seine-Saint-Denis regroupait le tiers des personnes compétentes en matière d’image en France… c’est un joli pied de nez pour ceux qui voient encore dans la Seine-Saint-Denis le recordman du chômage et du manque de qualification. Oui, je l’avoue, sans vouloir séquestrer jalousement ces compétences sur mon territoire, cela me fait plaisir d’être aux premières loges de la modernité !

J’imagine que tout le monde ici a vu Avatar, l’œuvre visionnaire de James Cameron… imaginez demain, quand Pandora et ses décors somptueux naîtront des entrailles mêmes de la Seine-Saint-Denis. Pour un département condamné au code-barre 9-3, je trouve que le scénario serait proprement hollywoodien…

Et puis, derrière cette réalité du rêve, derrière ces prouesses artistiques, il y a toute une industrie, toute une ruche d’intelligence et de travail qui, au quotidien, bâtissent l’économie et le développement d’un territoire.

Oui, je suis heureux que le numérique ait perçu dans la Seine-Saint-Denis un écosystème favorable car ce sont autant d’emplois et de revenus pour ses habitants… 24000 au total, 24000 artisans d’images qui feront certainement des émules au fur et à mesure des années, à l’heure où le changement technologique promet à ses adeptes une précieuse sécurité de l’emploi.

Et je ne parle pas ici de ceux qui, sur d’autres secteurs, dans d’autres recoins de l’économie, bénéficient de cette perfection numérique que vous nous inventez ; vous le savez, l’image 3D se développe au cœur même de la médecine, dans l’aéronautique ou dans la construction automobile. Pour un territoire qui renferme les ateliers de Dassault, de PSA ou encore le pôle pharmaceutique Biocitech, c’est un coup de pouce doré que les employés de ce territoire seraient mal inspirés d’ignorer.

Oui, j’ai même entendu que la finale de Roland Garros, cette année, serait diffusée en 3D dans certains cinémas… alors pourquoi pas, demain, des installations relief dans notre beau Stade de France et une nouvelle filière à inventer ? Le premier coup de sifflet, d’ailleurs, sera donné cet été avec la Coupe du Monde de football qui proposera des matchs en 3D.

Dimension technologique, dimension économique, dimension sociale, dimension industrielle… oui, vous nous faites voyager au cœur de toutes les richesse de ce département. Et s’il fallait en rajouter une énième, ce serait certainement l’ouverture à l’international dont vous êtes aujourd’hui les plus vivants représentants. Ce festival Dimension 3 n’est-il pas le plus important rendez-vous européen dédié à l’image relief ? Je crois que le nombre de participants a encore augmenté par rapport à l’année dernière et que l’Asie, l’Amérique du Nord et de nombreux pays européens sont représentés… Pour un département qui accueille deux aéroports internationaux, c’est le signe que nous, les responsables de ce territoire, avons une carte à jouer sur le rayonnement mondial de nos technologies et de nos talents.

Je pourrais continuer à égrainer ainsi les multiples facettes qui constituent la diversité et le développement de la Seine-Saint-Denis. Mais parler de réalité implique aussi d’observer à la loupe les reliefs réglementaires d’une même image. Et là, je suis désolé, mais j’ai bien peur que ces nuances-là vous enthousiasment beaucoup moins.

En deux mots, que se passe-t-il ? Vous le savez, ce festival, ces forums, ces coups de pouce à l’innovation, cette vision stratégique, ils sont l’œuvre du Conseil général de Seine-Saint-Denis. Lorsque j’ai pris la tête de l’exécutif de ce département, j’ai voulu mettre l’accélérateur sur ces technologies, parce que je savais que là étaient les graines du 21ème siècle pour les jeunes et les moins jeunes de la Seine-Saint-Denis. D’autres industries, comme l’aéronautique, les sciences du vivant ou les écotechnologies ont également bénéficié de nos conseils et de notre volonté de concertation.

Seulement voilà : ces actions que nous avons menées, celles qui ont permis d’attirer de nouveaux prétendants à l’implantation, de répartir harmonieusement sur le territoire les compétences et les activités, ces actions ne sont pas dans ce que l’on appelle notre champ obligatoire. Car si les départements interviennent dans le domaine économique, c’est de façon totalement spontanée, parce que cela relève pour eux d’un choix politique et non d’une contrainte réglementaire. C’est d’ailleurs ce qui donne toute la détermination à ces projets, parce qu’ils relèvent d’ambitions réelles et concernées pour les territoires.

Mais le projet de réforme territoriale à l’étude actuellement au Parlement sacrifie cette capacité d’intervention et circonscrit l’action des départements aux seuls domaines obligatoires.

Ajoutez à cela les étranglements financiers successifs que le gouvernement nous fait subir, la suppression de la taxe professionnelle, le non-remboursement de la dette de l’Etat, et vous comprendrez que ces projets de grande ampleur que nous menons pour l’avenir de ce département risquent à tout moment de se rompre les os.

Ce n’est pas encore une réalité avérée et, heureusement, nous restons ici dans le domaine du virtuel. Mais j’ai le sombre pressentiment que le coup de canif du gouvernement pourrait se transformer en coup de grâce pour ce rêve éveillé que nous avons décliné ensemble.

Alors, je n’ai pas l’intention de perdre ce pari de l’avenir ; je veux me battre pour conserver ces potentiels et ces énergies. C’est tout le sens de mon combat budgétaire actuel et de ma révolte au Parlement contre la réforme territoriale.

Oui, je tiens à conserver votre créativité et votre expertise car elles ont su changer les reflets de la Seine-Saint-Denis ; vous avez conçu une réalité qui prend vie chaque jour dans ce département, qui lui dessine un avenir de progrès et d’innovation. Cette image en mille dimensions, elle est nécessaire et je resterai déterminé à la préserver de tout cynisme et de toute brutalité.