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Interview dans le Parisien

Le Parisien publie une interview, je vous propos de la retrouver ci-dessous:

Bartolone : « La Seine-Saint-Denis est sur un bâril de poudre»

Multiplication des actes de grand banditisme, intensification de la violence quotidienne : Claude Bartolone (PS) craint dans son département un retour des émeutes urbaines.

Malaise en Seine-SaintDenis. Confronté à une multiplication des faits de violence, le président du conseil général. le socialiste Claude Bartolone, prévient : le spectre des émeutes urbaines qui avaient embrasé les banlieues françaises en novembre 2005 plane.

Craignez-vous une flambée de violences dans votre département ?

CLAUDE BARTOLONE. Oui. Depuis le début de la semaine, il y a déjà eu deux tentatives d’Incendie dans des collèges. Les caillassages de bus sont quasi quotidiens. Le climat est très tendu. D’un côté, nous sommes confrontés au grand banditisme avec 22 attaques à l’explosif contre des distributeurs de billets depuis octobre ! D’un autre côté, il y a la délinquance du quotidien qui se nourrit de la désespérance sociale et de l’abandon par l’Etat des services publics : école, santé, police, justice… Tout cela constitue un cocktail explosif

Cela peut-il aller jusqu’aux émeutes de 2005 parties de Clichy-sous-Bois ?

Je tire la sonnette d’alarme, Si rien n’est fait, à tout instant, le département peut de nouveau basculer. Le département est assis sur un baril de poudre. Les cordes de rappel sont usées et peuvent rompre à tout instant. Dans l’éducation, les remplacements ne sont plus assurés. Le tissu associatif qui nous a été d’un grand secours en 2005 pour rétablir le lien entre jeunes et moins jeunes, a été démantelé par le gouvernement. Les relations entres jeunes et policiers n’existent plus. Le contrôle qui dérape, c’est mon inquiétude … Tous les ingrédients d’une nouvelle explosion sont réunis.

Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a dit hier dans nos colonnes qu’il veut faire de Tremblay-en-France « un exemple »

C’est du « gribouillage ». Cibler Tremblay-en-France et ne pas apporter une réponse d’ensemble, c’est aller à l’échec. Et pour commencer, il manque 400 policiers dans nos commissariats. Des policiers formés, capables d’encadrer les plus jeunes, des policiers qui connaissent ce département. Les ministres qui défilent en Seine-Saint-Denis tous les deux

jours présentent ce département comme le foyer du désordre en France, je dénonce une manipulation d’image. La Seine-Saint-Denis est bien plutôt le reflet de tous les échecs de Nicolas Sarkozy. Dans sa volonté de reconquête électorale, le président de la République cherche à instrumentaliser ce qui se passe ici.

Si de nouvelles violences devaient se produire, les pouvoirs publics pourraient-ils faire face ?

En 2005, la sortie de crise a été assurée par un axe formé par les élus du département, les associations et les parents des jeunes impliqués dans les émeutes. Si des émeutes ressurgissent, les élus seront là. Mais ce qui m’inquiète, c’est que le tissu associatif a été cassé faute de subventions et que les parents, qui se sentent abandonnés, ne seront peut-être plus à nos côtés pour appeler au calme.

Que proposez-vous ?

Il faut tendre la main aux jeunes qui sont en décrochage. Je suis prêt à travailler avec le gouvernement à un pacte éducatif pour ces 5 000 jeunes qui échappent au système scolaire ou qui sont déqualifiés. C’est aujourd’hui qu’il faut leur envoyer un signal, pas au milieu des flammes.

Propos recueillis par Eric Hacquemand

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