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Interview dans Le Nouvel Économiste

Services publics : jusqu’où faire jouer l’égalité d’accès à tous ?

Aujourd’hui si un certain nombre de collectivités risquent de réduire le service public, c’est parce que l’Etat ne tient pas ses engagements en ce qui concerne les collectivités locales. Je vais vous dire, j’ai réussi à faire condamner l’Etat sur ce constat. Il y a quelques semaines, j’ai démontré que, compte tenu de la responsabilité donnée par l’Etat sur la protection de l’enfance, les moyens financiers prévus dans le cadre de la loi ne sont pas donnés aux collectivités locales. J’ai cru comprendre qu’une manière moderne de faire de la politique, c’est d’expliquer ce qui est en train d’arriver. Je dis à la population de Seine-Saint-Denis :“Aujourd’hui, pour boucler le budget, il manque 100 millions d’euros compte tenu des dépenses que je fais au nom de l’Etat.” Je précise que le service public doit être là dans une conception de territoire solide et solidaire. C’est ce qui manque dans l’action du président de la République et de ce gouvernement qui donne l’impression que l’aménagement du territoire n’est confié qu’à la loi du marché.

C’est de la responsabilité d’un pouvoir politique que de dire voilà comment on peut éviter le “désert français”, pour reprendre cette expression, voilà comment on peut aménager ce territoire pour qu’il puisse être solide socialement, économiquement, et “environnementalement”. C’est à partir de là que l’on doit déterminer quels sont les investissements à faire, par exemple sur le numérique ou les grandes infrastructures, pour permettre l’égalité territoriale.

On se rend compte qu’il y a un certain nombre de secteurs où le marché permet l’équipement. Je prends l’exemple de la Seine-Saint-Denis : il y a la zone dense du département où joue la loi du marché pour les équipements, après il est indispensable d’intervenir avec de l’argent public pour permettre à ceux qui ne seraient pas des consommateurs “potentiels”, entreprises et individus, d’avoir droit à ces moyens – au nom du développement. C’est une réflexion à inscrire dans cette idée de la société mixte, pour savoir où le marché peut intervenir et où la puissance publique doit intervenir. Je crois qu’il y a tout intérêt à une réflexion sur le droit du plus grand nombre à l’accès à la continuité territoriale. On voit bien qu’il y a des cas où les moyens financiers des collectivités locales ou de l’Etat ne suffiront pas. Mais pour éviter le déménagement du territoire d’un certain nombre de tâches, il faut intervenir pour l’empêcher. La réflexion sur la “limite”, c’est dans chaque budget que vous pouvez la trouver, il y a des priorités dans des enveloppes, contraintes il est vrai.

Interview parue dans l’hebdomadaire Le nouvel Economiste, n°1509, du 18 au 24 février 2010.

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