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Rencontre avec les acteurs sportifs du département

Monsieur le Vice-Président, Cher Azzedine,
Monsieur le Président du Comité départemental olympique et sportif,
Madame la Présidente de Noisy-le-Grand Gymnastique,
Mesdames et Messieurs les responsables associatifs,
Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux de vous voir présents ici, vous les acteurs sportifs de la Seine-Saint-Denis. Votre présence ne m’étonne pas. Avouons que le contexte se prête amplement à la mobilisation.

Oui, Mesdames et Messieurs, nous ne sommes pas réunis dans n’importe quel environnement. La culture est en danger, et j’en rassemblais les acteurs il y a quelques semaines encore. La solidarité est en danger et j’en réunirai les protagonistes dans les semaines qui viennent.

Les finances départementales sont en danger, et la période de préparation budgétaire que nous abordons en ce moment pointe chaque jour un peu plus les risques qui pèsent sur le service rendu à nos concitoyens.

Alors, je vous remercie sincèrement de votre présence. Vous qui êtes rassemblés ici n’êtes pas simplement les acteurs sportifs de la Seine-Saint-Denis.

– Vous structurez la vie sociale de nos villes et de nos quartiers.

– Vous apprenez aux enfants de la République à respecter leur corps, leur esprit.

– Vous concurrencez les meilleurs médecins en pratiquant la meilleure médecine, à savoir la prévention-santé.

– Vous représentez le monde des adultes qui malheureusement recule à l’école en raison des suppressions de postes d’enseignants et de surveillants.

– Vous éduquez nos enfants aux règles du jeu qu’ils auront à rencontrer dans leur vie d’adulte.

Mesdames et Messieurs, au fond, vous êtes des passeurs d’égalité républicaine.

Pourtant, dans ce pays, à l’aube du 21e siècle, certains vous considèrent comme des variables d’ajustement budgétaire. Fondamentalement, je suis convaincu que ceux-là – des technocrates sans nul doute – ne voient en vos disciplines que pures divertissements, et en vous que d’anciens athlètes en survêtement.

Après tout, lorsqu’ils vous auront supprimés, les gamins n’auront qu’à regarder la télévision et manger des chips ! Ca reviendra au même !

Mesdames et Messieurs, je vous le dis franchement : au championnat du monde de l’intelligence politique, ceux-là ne sortiraient pas médaillés.

Je vais vous raconter ce qu’il se passe en ce moment, sous nos yeux.

Le gouvernement ajuste les derniers réglages de sa réforme territoriale. Un sujet d’experts d’après vous ? Non. Une mise à sac méticuleuse des collectivités locales qui aura un impact direct et immédiat sur vous.

Il existe dans le droit français une disposition juridique qui s’appelle la « clause de compétence générale ». Cette clause dispose qu’une mairie, un Conseil général, un Conseil régional ont le droit d’intervenir dans tous les domaines d’action publique qu’ils souhaitent investir.

Concrètement, grâce à la clause de compétence générale, j’ai le droit de mener une politique sportive pour la Seine-Saint-Denis. J’ai le droit de financer des associations sportives telles que les vôtres. J’ai le droit de consacrer 17 millions d’euros en 2009 aux sports parce que je crois que cette politique-là est un élément constitutif de l’individu d’un point de vue physique, psychologique et social.

Eh bien, avec la réforme territoriale, le gouvernement propose ni plus ni moins que de supprimer ce droit. Cela ne signifie pas simplement que vos crédits baisseraient, Mesdames et Messieurs, mais qu’il nous serait carrément interdit de vous verser le moindre euro de subvention.

Voilà la vérité brute, toute nue. Je vous la dois.

Cette réforme territoriale, il ne faut pas simplement la regretter ou l’attendre ; il faut la combattre. C’est tout le sens de l’appel « Service public en danger » que j’ai initié et que je vous invite à signer sur www.seine-saint-denis.fr.

Mais combattre cette régression du service public ne constitue que la moitié du chemin. En effet, pour s’assurer le scalp des Départements, le gouvernement a décidé de nous attaquer au portefeuille. Il a supprimé la taxe professionnelle, ce qui dès cette année va nous coûter 10 à 20 millions d’euros ; il nous applique un ticket modérateur de 36 millions d’euros ; il refuse de nous compenser les charges nouvelles qu’il nous a transférées, ce qui nous coûte 168 millions d’euros rien qu’en 2010.

Bref, 2010 sera une année noire pour le service public, pour la solidarité et pour les acteurs de la cohésion sociale que vous êtes.

Car lorsque les collectivités toussent, c’est tout le sport qui s’enrhume. Songez, Mesdames et Messieurs, que le budget des associations sportives en France, c’est 23% d’aides des collectivités locales contre 6% de l’Etat. Je vous le dis : sans les collectivités, il n’y a plus de sports en France.

Vous le savez bien, l’Etat a déjà déserté le sport avec la baisse du budget du ministère des sports de 7%, avec la fermeture des CREPS, avec la diminution des aides aux fédérations, avec la diminution du nombre de professeurs d’EPS et la menace sur le forfait UNSS… Il force maintenant les collectivités à faire de même.

Je vous dois la vérité. En Seine-Saint-Denis plus qu’ailleurs, le sport sera durement touché par ces décisions. La baisse prévue de notre budget sport pour 2010 sera probablement de l’ordre de plus de 2 millions d’euros.

Cela remettra en cause mécaniquement notre politique sportive.

Forcément, plusieurs partenariats que nous avons noués depuis de nombreuses années auront à en souffrir. Je pense notamment à notre participation au Circuit Carole qui relève de la responsabilité de l’Etat, et dont je vois mal de quelle manière nous pourrions continuer à l’honorer dans les années à venir.

De grandes manifestations telles que le Salon du Cheval ou le meeting départemental d’athlétisme pourraient aussi voir leur existence menacée.

La baisse de notre budget imposée par l’Etat aura pour conséquence d’être en incapacité d’accompagner la montée en charge de certains projets déjà en place et de monter de nouveaux projets de développement de certaines pratiques sportives.

Nos partenaires sportifs départementaux pourraient également subir la baisse du soutien du Conseil général dans le dispositif Emplois tremplins.

Mais si je dois prendre un engagement aujourd’hui devant vous, c’est que jamais de grandes opérations (quelle que soit leur visibilité) ne seront privilégiées par rapport aux acteurs qui font le maillage de notre territoire, la cohésion de notre département.

Mesdames et Messieurs, face à cela, que faire ?

– Pleurnicher, sûrement pas. En Seine-Saint-Denis, nous avons l’esprit de compétition.

– Abandonner, pas question. En Seine-Saint-Denis, nous sommes mauvais perdants.

Alors nous allons nous battre. Ce combat est un combat politique et nous aurons besoin de toutes les forces du département pour nous aider.

Notre rencontre aujourd’hui est une première étape. Je veux vous entendre, connaitre vos propositions, vos moyens de mobilisation. J’ai besoin que vous irriguiez vos réseaux, que vous communiquiez auprès de votre public.

Pour ma part, je ne cesserai d’interpeller le gouvernement, d’alerter l’opinion publique pour dire Stop à cette remise en cause de tout ce qui nous permet de vivre ensemble dans ce pays et dans ce département. Seule une force populaire sera capable de faire plier ces projets néfastes.

Cette bataille, je ne la veux pas « bloc contre bloc », gauche contre droite. La question qui se pose aujourd’hui est moins celle-là que de savoir quel choix de société nous décidons pour aborder ce 21e siècle. Un service public « low-cost », sans culture, sans sports, sans vie associative ? Ou une société moderne et solidaire qui donne toute sa place aux énergies locales ?

Telle est la question qu’il nous revient d’étudier ensemble. Tel est aussi le sens de mon invitation, et je le crois, de votre présence ici aujourd’hui.

Je vous remercie.