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Interview du Figaro

Réforme territoriale, vers «une République low-cost»
Propos recueillis par Jean-Baptiste Garat

Le député socialiste, président du conseil général de Seine-Saint-Denis, accuse le gouvernement de «populisme».

LE FIGARO. – Pourquoi le PS, favorable à une réforme des collectivités locales, s’oppose-t-il à celle que présente le gouvernement ?

Claude BARTOLONE. – Nous étions prêts à discuter d’une telle réforme. C’est bien pour cela que Pierre Mauroy a participé au comité Balladur. Jusqu’au moment où il s’est rendu compte que, sous couvert de consultation démocratique, il n’était question que de recentralisation. Et qu’au-delà de l’opprobre jeté sur les élus locaux, il n’était question que de suppression de services publics.

Quels services publics sont menacés ?

L’État ne prend pas en charge la totalité des prestations que les départements assurent en son nom, comme l’allocation pour les personnes âgées, celle pour les handicapés ou le RMI-RSA. Les deux tiers de notre budget sont consacrés à des dépenses relevant de la solidarité nationale. En Seine-Saint-Denis, l’État nous verse 169 millions d’euros de moins que le coût de ces prestations que nous assurons en son nom ! Les départements vont être contraints de revenir sur des politiques en faveur de la culture, du sport et de la cohésion sociale, et de rogner sur leurs investissements, avec les conséquences que cela aura sur l’emploi et la santé des PME. Avec cette réforme, le gouvernement prépare une République low-cost.

N’y a-t-il pas une source d’économie possible dans la réduction par deux du nombre d’élus départementaux et régionaux ?

Quels accents de populisme insupportables de la part du gouvernement. Il est toujours facile, en période de crise, de livrer les élus locaux en pâture à l’opinion publique. C’est oublier un peu vite que l’endettement des collectivités locales ne représente que 20% de l’endettement public, contre 80% pour l’État ! En Seine-Saint-Denis, diviser par deux le nombre de conseillers généraux représente une économie, tout compris, de 0,1%.

Pourquoi le mode de scrutin du conseiller territorial, qui doit favoriser l’UMP comme le PS, ne vous satisfait-il pas ?

Mais tout simplement parce qu’il menace le pluralisme en France. Si Nicolas Sarkozy a fait le vide autour de l’UMP au point qu’il ne dispose plus de réserve de voix pour un second tour, tant pis pour lui. Mais je n’irai pas voir nos partenaires pour leur expliquer que la loi d’airain du scrutin à un tour les oblige à disparaître. Sans compter qu’avec ce mode de scrutin, on peut être élu dans un canton avec 60% des voix et dans d’autres avec moins de 30 ! Soyons sérieux.

Selon Dominique Perben, les députés ont une vision plus réformatrice que les sénateurs…

Faut-il comprendre que les députés de la majorité sont plus godillots que les sénateurs ? Les sénateurs ont selon moi bien compris quel exercice de recentralisation était à l’œuvre et quelles menaces portaient sur les investissements des départements et des régions, en particulier dans les zones rurales, où beaucoup de communes ont besoin d’être aidées.

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