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Signature de la convention avec la Fondation BNP Paribas

Monsieur le Directeur Général du Groupe BNP Paribas,
cher Baudouin Prot,
Monsieur le Vice-président en charge de l’éducation, cher Mathieu,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur l’Inspecteur d’Académie,
Mesdames, Messieurs, les Principaux de collèges et responsables associatifs,
Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux de vous accueillir ici dans l’enceinte de l’Hôtel du Département pour la signature de la convention de partenariat entre le Département de la Seine-Saint-Denis et le Groupe BNP Paribas.

Je veux remercier chaleureusement Baudouin Prot, Administrateur Directeur général du groupe BNP Paribas, ainsi que l’ensemble de ses collaborateurs qui nous ont rejoints. Merci à toutes et à tous de vous être mobilisés si activement pour faire de cet après-midi un moment d’union sacrée en faveur des enfants de Seine-Saint-Denis, en faveur de l’avenir de ce département.

BNP Paribas fait partie de ces entreprises qui ont su instaurer un climat de confiance à travers diverses actions sur notre territoire. Entre le Département et le groupe BNP Paribas c’est – allez, j’ose le dire sans rougir – une longue et fidèle histoire d’amour.

Mesdames et Messieurs, le moment qui nous réunit est un moment utile et un moment heureux. Il n’en est pas moins un peu étrange… En effet, notre présence ici, Baudoin Prot et moi-même, BNP Paribas et Département de la Seine-Saint-Denis, est le fruit d’un paradoxe, presque d’un non sens : à l’heure où chacun reconnait le besoin d’Ecole pour notre société, jamais la Nation ne s’est à ce point désengagée de l’éducation et jamais un groupe privé via sa Fondation ne s’est à ce point investi pour notre territoire et nos enfants.

C’est de ce paradoxe-là dont je souhaite vous parler.

Oui, Mesdames et Messieurs, la France et la Seine-Saint-Denis ont besoin d’Ecole. Comme jamais. Aveugle est celui qui ne voit pas que notre société souffre encore de profondes inégalités sociales qui minent le devenir de nos jeunes. Des inégalités qui les frappent de plein fouet et finissent par les convaincre qu’être enfant d’ouvrier ou d’immigré conduirait forcément à des emplois sans qualification ou pire encore vers le chômage. Comme si, pour reprendre une citation de Christian Baudelot et Roger Establet, la France serait devenue « le paradis de la prédestination sociale. »

Quelle expression effroyable ! Cela reviendrait à dire : dis-moi à quelle catégorie sociale appartiennent tes parents, je te dirai quel sera ton parcours…

Alors, nous sommes réunis aujourd’hui pour affirmer qu’il n’y a pas de fatalité. Je suis convaincu que le grand dessein du 21e siècle ne peut être que celui de la renaissance de la promesse différée de l’éducation nationale : « Travaille mon fils, travaille ma fille et tes efforts seront récompensés ».

L’instrument de ce dessein, c’est l’Ecole. Il n’y en a pas de meilleur. Je ne crois pas qu’il nous faille la conserver, cette école, mais plutôt la déployer, l’étendre, la moderniser, lui permettre d’aller de l’avant. Je pense notamment à nos quartiers populaires qui ont bien moins besoin d’un énième plan Marshall que d’un ambitieux plan Malraux.

Mesdames et Messieurs, si nous partageons, dans l’analyse et dans l’action, la certitude que la France a plus que jamais besoin d’Ecole, nous partageons aussi le constat amer que jamais l’Etat n’a à ce point déserté le terrain de l’éducation.

Je vous le dis sans circonvolutions : l’éducation n’est plus une priorité de la Nation. Un chiffre, un seul : entre fin 2007 et 2010 ce sont 50 000 postes qui auront été supprimés dans l’Education Nationale.

Je vous le demande : peut-on faire mieux d’école avec moins d’enseignants ? Je vous le demande : avez-vous le sentiment que nos enfants ont le luxe de se passer de la présence du monde des adultes auprès d’eux ?

Je m’arrête là. Ce n’est pas le sujet du jour. Mais comment faire l’impasse sur ces aspects qui conditionnent le devenir de notre Ecole et donc celui de nos enfants.

Face à cela, que faire ? Localement, nous faisons notre travail. J’ai souhaité dès mon élection il y a un an et demi, avec Mathieu Hanotin, que le Conseil général agisse en offrant de meilleures conditions d’enseignement. C’est ainsi que de nouvelles actions ont pu voir le jour telles que la sécurisation de nos établissements, la lutte contre le décrochage scolaire, l’accès à la culture et à l’art au collège, la mise en place d’Espaces Numériques de Travail ou encore le lancement du Conseil Général des collégiens, le 9 décembre dernier.

Aujourd’hui, nous franchissons un cap. Dans le cadre de notre projet éducatif, je n’ai pas hésité un seul instant à solliciter le groupe BNP Paribas, premier employeur privé de la Seine-Saint-Denis et acteur historique de ce département, pour conclure un véritable pacte éducatif.

Ce pacte, c’est deux choses à la fois. C’est un énorme programme de voyages scolaires et c’est la preuve d’un service public moderne et conquérant.

Un énorme programme de voyages scolaires, d’abord. Oui, énorme, car BNP-Paribas consacre 3 millions d’euros à « Odyssée Jeunes » sur 2 ans et concernera 12000 collégiens de notre département. J’en profite d’ailleurs, pour remercier chaleureusement la Fondation de France pour son efficace participation à la réalisation de ce beau projet.

« Odyssée Jeunes » repose sur un constat alarmant : celui de la réduction des sorties pédagogiques, pourtant très motivantes pour les élèves.

Pourquoi les voyages scolaires ? Parce que c’est un outil pédagogique précieux qui permet d’approfondir de nombreux socles communs de compétences tout en favorisant le décloisonnement des disciplines. Les voyages scolaires favorisent la pratique d’une langue étrangère, la possession d’une culture humaniste en donnant notamment accès aux élèves à l’Histoire, aux grandes œuvres, aux idées qui font partie de notre héritage commun, l’acquisition de compétences sociales, civiques.

Dans un département-monde comme le nôtre, ce dispositif démontre notre volonté que la culture et l’apprentissage des langues étrangères deviennent notre leitmotiv.

Mais ce pacte, disais-je, c’est aussi la preuve d’un service public moderne et conquérant. Je vous le dis, je n’ai aucun tabou avec le monde de l’entreprise. Nous n’avons pas à en avoir peur, à partir du moment où la puissance publique est sûre d’elle et sait jouer son rôle.

Notre partenariat avec BNP-Paribas, c’est l’effort financier considérable d’une belle et grande entreprise privée en direction des collèges, et c’est l’expertise d’un acteur institutionnel, le Conseil général, qui joue pleinement son rôle de passeur, de régulateur. Le Conseil général sera fortement impliqué dans la concrétisation de ce nouveau dispositif, il aura pour mission de :

De créer en son sein une commission dédiée au programme qui réunira l’ensemble des partenaires concernés, tels que l’Inspection Académique, les délégués de parents d’élèves, aussi et surtout des membres élus du Conseil des collégiens. Le Conseil général aura en charge la réception, l’instruction des candidatures ainsi que leur présentation devant la commission. Une fois la délibération effectuée, le Conseil général transmettra à la Fondation BNP Paribas, les dossiers complets des projets retenus pour que celle-ci verse la subvention correspondante.

Et il aura également pour mission d’accompagner des projets en fournissant un service de soutien aux équipes pédagogiques référentes du voyage scolaire. Cet outil favorisera la mise à disposition de nos compétences et de notre expertise pour l’élaboration et la rédaction du projet pédagogique et de la demande de subvention.

La voilà la formule gagnante : l’argent du privé et la vision du politique !

Et qu’on ne me reproche pas une quelconque marchandisation de l’éducation ! Je le jure devant vous, Baudoin Prot ne m’a jamais proposé de faire ouvrir de force un Plan Epargne Logement aux collégiens qui bénéficieront d’un voyage scolaire !

Mon objectif est que d’autres groupes privés puissent s’inspirer de ce partenariat. Avec BNP-Paribas, nous n’en sommes pas à notre coup d’essai. D’ailleurs, le dispositif « Odyssée Jeunes » sera accompagné prochainement de nouvelles mesures à destination de la jeunesse de notre département dans les domaines de l’orientation, de l’emploi, de la formation et de l’insertion.

Je lance aujourd’hui un appel à toutes les entreprises qui souhaitent investir dans l’avenir de la Seine-Saint-Denis. Je ne vous cache pas d’ailleurs que je réfléchis à la création d’une Fondation dédiée à la Jeunesse du département, qui serait vouée à lever des fonds auprès de grands groupes privés désireux de participer à notre aventure collective. Nous aurons sans doute d’autres occasions d’en parler…

En attendant, je suis heureux de céder la parole à Baudoin Prot, Administrateur Directeur Général du Groupe BNP Paribas. Avant cela, je veux lui renouveler mes chaleureux remerciements. Il fait partie de ces chefs d’entreprises visionnaires qui ont compris avant les autres qu’une société, si puissante soit elle, ne peut pas se contenter de se poser sur un territoire au mépris d’une Histoire et d’une sociologie. Vous êtes aujourd’hui membre de la famille Seine-Saint-Denis.

Je vous remercie.