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Le marathon de Copenhague a commencé

16-11-2009climateLe sommet des Nations Unies sur le climat s’est ouvert ce matin à Copenhague.

Nous saurons dans douze jours exactement si les dirigeants des pays du monde seront parvenus à sceller un accord historique pour enfin lutter efficacement contre le réchauffement climatique.

Un enjeu de taille

L’enjeu est de taille : les pays riches, qui portent une responsabilité majeure dans la dette écologique mondiale que nous accumulons depuis plusieurs décennies, doivent se fixer des objectifs précis, lisibles, contraignants et surtout vérifiables de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, pour qu’ils atteignent collectivement en 2030 une baisse de 40% par rapport à 1990.

Force est de constater qu’il reste beaucoup à faire pour qu’un tel accord international voit le jour.

Des annonces étatiques inégales

Les annonces faites par l’administration américaine sont assurément un grand pas pour les États-Unis et le monde. Si elles constituent une rupture claire avec l’époque Bush, elles doivent cependant encore être considérablement renforcée, notamment pour que les objectifs de réduction d’émissions retenus soient fixés par rapport à 2005 et non par rapport à 1990.

La problématique est d’ailleurs similaire pour l’Union Européenne : alors qu’elle était un acteur majeur des précédents sommets, son implication comme le niveau de ses engagements ne sont pas à la hauteur du rôle qu’elle devrait aujourd’hui jouer. Si le Parlement européen a adopté en décembre 2008, dans le paquet climat-énergie, un objectif de réduction d’émissions de 20% à échéance 2020, l’Union se déclare aujourd’hui prête à le porter à 30%, mais sous réserve d’un engagement des autres participants. Il serait pourtant d’ores et déjà nécessaire de fixer un objectif de 40 % à échéance de 2020.

Les premières annonces de la Chine et du Brésil sont encourageantes. Celles de l’Inde et des autres pays émergents sont toujours très attendues : leur engagement sera essentiel au succès de Copenhague.

Une solidarité nécessaire envers les pays pauvres

Au-delà des engagements des différents États, ce sommet doit être l’occasion pour la communauté internationale de manifester fortement sa solidarité à l’égard des pays pauvres.

Le soutien financier qui sera arrêté à Copenhague pour aider les pays pauvres à lutter contre les effets du réchauffement climatique, tout en continuant à se développer, sera de ce point de vue essentiel.

Des financements appropriés sont nécessaires : une taxation sur les transactions financières, inspirée de la Taxe Tobin, ou encore la proposition du Mexique fondée sur le principe pollueur payeur au prorata des émissions de chaque pays et en tenant compte de la richesse par habitant, sont des pistes à exploiter.

Afin d’avancer vers une prise en compte du bilan carbone de l’ensemble des produits, une première étape pourrait être la mise en place d’une taxe sur les émissions liées au transport international de marchandises, qui pourrait être un prélèvement sur le nombre de kilomètres parcourus. C’est ce que propose aujourd’hui à juste titre le Parti socialiste français.

Le monde a besoin d’un fonds spécifiquement dédié à la lutte contre le changement climatique, doté de 100 milliards par an à l’horizon 2020. C’est la condition du financement de l’adaptation des pays en développement et assurer l’accès de tous à l’énergie propre.

Une coopération technologique est enfin indispensable pour mettre en place des économies sobres en carbone dans le monde en développement.

Les pays en développement pourront alors s’engager à mettre un terme à la destruction des forêts et à réduire de 30% leurs émissions par rapport à ce qu’ils prévoient pour l’instant.

Pour un nouveau modèle planétaire

Les États présents à Copenhague devront aussi montrer leur détermination à s’engager vers un nouveau modèle planétaire de développement économique, social et écologique. Nous ne parviendrons en effet pas à atteindre des objectifs ambitieux si nous ne changeons pas nos modes de production, de consommation et de partage des richesses.

La réduction des émissions de gaz à effet de serre, la lutte contre le réchauffement climatique et la montée du niveau des océans, l’arrêt de la déforestation, l’aide au développement des pays pauvres, les batailles de l’eau et de la malnutrition nécessitent une meilleure gouvernance globale.

Nous sommes aujourd’hui nombreux à souhaiter la mise en place d’une organisation mondiale de l’environnement dotée de pouvoirs contraignants, ainsi que de nouvelles normes internationales de protection de l’environnement et des droits sociaux primant sur les règles de la concurrence. Je pense pour ma part que l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) devrait être intégrée aux Nations Unies et soumise aux autres normes internationales.

Les socialistes français mobilisés

Depuis plusieurs années, les collectivités territoriales dirigées par les socialistes ont mis en place des politiques innovantes et audacieuses : une part importante des budgets des régions, départements et villes est consacrée aux transports collectifs, au développement des énergies renouvelables, aux aides aux particuliers destinées à l’efficacité et à la lutte contre la précarité énergétiques.

Les élus socialistes sont décidés à amplifier encore leur action pour que les territoires français se mobilisent pour atteindre les objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.

Ce sera le message concret d’espoir que la délégation du Parti socialiste, conduite par Martine Aubry, portera dans les forums et les rencontres auxquels elle participera.

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