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Interview dans le JDD.fr

Le jdd.frlogo_jdd_fr publie une interview que j’ai donnée aujourd’hui à propos des emprunts toxiques:

« Les banques devront en payer les conséquences »

Un an après avoir dénoncé le poids des emprunts toxiques dans la dette des collectivités locales, Claude Bartolone estime que les départements sont toujours en danger. Le président du Conseil général de Seine-Saint-Denis menace de poursuivre les banques en justice pour « non conseil à un client non initié » si aucune solution n’est trouvée avant le 30 novembre prochain. LeJDD.fr a rencontré le socialiste qui fustige la responsabilité des banques et de l’Etat.

Cette affaire semble révélatrice d’un système financier qui voulait que tant que ça allait bien, personne n’était très regardant. La responsabilité est-elle partagée entre les banques, l’Etat et les collectivités locales ?

C’est le partage du pâté d’alouette. C’est un cheval et une alouette. Il y a la responsabilité manifeste, d’abord du gouvernement, qui a eu à plusieurs reprises des signaux d’alerte par des spécialistes et par la Cour des comptes, et qui essaie pour le moment de regarder ailleurs. Il n’est pas de la responsabilité du gouvernement de regarder vers le futur avec la charte de bonne conduite sans regarder les conséquences que peut avoir ce genre de proposition sur le passé. Ensuite, pâté d’alouette, parce que les banques disent souvent qu’il y a du personnel dans les collectivités locales. Celui-ci est compétent mais n’a pas forcément la connaissance de la matière financière. Les banques ont bon nombre de personnels compétents et connaissant les problèmes financiers et ça ne les a pas empêchés de connaître la crise des subprime. Il y a donc à mesurer la responsabilité entre les uns et les autres. De plus, les banquiers doivent assistance à un client non initié. Sur des produits aussi complexes, c’est plus le travail de conseil d’un banquier que celui d’un responsable financier d’une collectivité locale.

Faudrait-il que vous soyiez alors plus initiés au sein des collectivités locales sur ce genre de risques et de produits?

Je ne crois pas. Il faut interdire un certain nombre de produits. Si d’un seul coup, on entend les banques dire: « il ne faut plus proposer de snow ball* », « il ne faut plus proposer des produits structurés à risque », c’est qu’ils se rendent compte de la perversité des propositions qu’ils ont faites dans le passé. Si c’était aussi dangereux et qu’ils l’interdisent pour le futur, il faut qu’ils reviennent sur le passé.

D’un point de vue judiciaire, pensez-vous à une action collective?

Nous y avons pensé, mais la juridiction ne permet pas pour le moment une action collective, donc nous avons établi une relation entre nous, pour ne pas jouer individuellement au moment où il faudrait aller en justice, s’il faut y aller, et pour que la prise de conscience soit collective sur ce type de sujet.

«Malgré un personnel compétent, les banques n’ont pas vu arriver les subprimes»

Qu’attendez-vous d’une action judiciaire?

Au fond de moi-même, je souhaite surtout qu’elle n’ait pas lieu. Cela permettrait de constater que les différents établissements bancaires en cause sont revenus à la raison. Mais s’il n’y a pas de retour possible à la raison, je ne prendrais pas de risque financier pour le département de la Seine-Saint-Denis sans agir. J’ai un stock de dettes de 800 millions d’euros. Aujourd’hui, j’ai une perte potentielle de 200 millions. C’est dix collèges. Je ne peux pas me permettre de ne pas déployer tous les moyens, y compris judiciaire. Cette charge ne doit pas être portée par les habitants de Seine-Saint-Denis. Les banques doivent en payer les conséquences.

Avez-vous des collègues de droite concernés?

Sur les municipalités qui étaient là, Saint-Etienne, Rouen et Asnières en particulier, ce sont des socialistes qui ont pris la succession de maires de droite. Des maires de droite m’appellent pour dire: « depuis que tu as parlé des produits toxiques dans la presse, j’ai demandé à ce qu’on me sorte le stock de la dette pour voir ce qu’il y a dedans ». Mais je ne garantis pas qu’ils aient la volonté de participer à notre pôle d’échange.

Que pensez-vous de la charte de bonne conduite annoncée par Dexia?

La charte me va bien, parce qu’elle porte implicitement condamnation du passé. Ils ne peuvent pas condamner les errements passés sans y revenir. C’est même une responsabilité dont doit prendre conscience Mariani (nouveau patron de Dexia, ndlr). Aujourd’hui son cœur de métier doit redevenir les collectivités locales. Il a donc tout intérêt à rétablir ce lien de confiance entre Dexia et les collectivités locales.

*Les « snow ball » sont des prêts dont les risques sont cumulatifs au fil des ans.

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