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A l’identité nationale, je préfère la citoyenneté républicaine

Le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale a officiellement lancé hier le grand débat sur l’identité nationale. On peut débattre de tout et je ne suis pas de ceux qui considèrent qu’un sujet ou un autre serait tabou dans le débat public. En revanche, je reste vigilant quant au moment, à l’approche et au contenu.

Le moment qui a été choisi est le pire possible. Il s’agit clairement de lancer la campagne des élections régionales sur un thème mobilisant l’électorat de droite le plus conservateur. Ce fameux électorat qui a été ébranlé par les affaires Jean Sarkozy à l’EPAD et Frédéric Mitterrand, et dont le gouvernement craint qu’il le sanctionne durement au printemps prochain.

L’approche qui a été retenue est dangereuse. Lier la question de l’immigration à celle de l’identité nationale était déjà particulièrement pervers. Mais y ajouter de vieilles notions comme celle de la « terre » est nauséabond et rappelle les pires heures de notre histoire. La boîte de Pandore est ouverte.

Quant au contenu qui est donné à ce débat, il révèle au fond un clivage ancien et profond entre la gauche et la droite.

L’identité nationale et la fierté d’être Français ne sont rien d’autre que des slogans. Je préfère donc parler de citoyenneté républicaine. Comment, en France, au 21ème siècle, vivre ensemble avec nos origines, nos conditions sociales, notre couleur de peau ? La réponse à cette question fonde justement la citoyenneté républicaine. Elle tient en deux piliers.

D’une part, l’école de la République. Une école capable de casser le destin social des plus modestes, capable de faire en sorte que les enfants n’héritent pas de la misère de leurs parents, capable de garantir l’apprentissage de la langue française à tous.

D’autre part, la laïcité. Une laïcité exigeante qui ne promeut pas les oppositions, les concurrences religieuses, mais plutôt qui permet à chacun, quelle que soit sa croyance, d’être un citoyen de la République, égal en droits et en devoirs.

Ces deux grands piliers de la citoyenneté républicaine sont la cible quotidienne du gouvernement. L’école est fragilisée par le recul de la présence du monde des adultes en son sein. La laïcité est régulièrement remise en cause par le président de la République. Le discours de Latran donnant le primat au prêtre sur l’enseignant en est le symbole.

Là où la gauche porte l’idée d’une citoyenneté républicaine en actes et au quotidien, le gouvernement bâtit une République « low-cost » qui rompt avec les fondamentaux qui font la France. Ce débat pourrait être pour les Français une première occasion de le dire. Les élections régionales seront le moment pour le répéter.

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