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Emprunts toxiques: La présence de l’Etat dans le capital de Dexia oblige à des pratiques exemplaires

siteon0Le Département de la Seine-Saint-Denis a mis en demeure 5 banques de revenir sur les emprunts toxiques qu’elles ont fait souscrire au Conseil général. De nombreuses autres collectivités locales ont suivi ce mouvement ou envisagent de le faire.

Au moment où chacun reconnait le caractère inacceptable de ces pratiques bancaires, je suis scandalisé par ce que j’entends de la part de Dexia.

D’abord, Dexia ose se vanter de ne pas avoir vendu de « snow ball » ni de « swaps ». Avoir placé des centaines de millions d’euros en « produits de comparaisons de devises » comme les cours respectifs de l’euro avec le dollar et le franc suisse ou encore le dollar par rapport au yen, ce n’est pas mieux ! Ces produits sont prohibés dans la fameuse charte de bonne conduite, soi-disant prête depuis un an.

Ensuite, ce n’est pas un hasard si la Cour des Comptes a adressé des avertissements sérieux sur les dangers des emprunts toxiques, et si la Commission Bancaire a ouvert ce mois-ci une enquête sur les « produits structurés de dette » vendus par Dexia aux collectivités locales.

Enfin, l’argument de Dexia consistant à dire que ces produits financiers permettent aux collectivités locales de réaliser des économies, est un mensonge. Le coût d’un prêt se juge dans sa durée. Bien entendu il y a un gain à court terme, mais les analyses auxquelles nous avons procédé, comme les propositions des banques pour se débarrasser de ces produits toxiques depuis le printemps convergent vers un surcoût de l’ordre de 30% minimum. Si ces produits sont si peu nocifs, pourquoi Dexia ne formule-t-elle pas des propositions sans ce surcoût ?

Ce qui me scandalise le plus, c’est que Dexia était une référence pour tous les élus. Cet établissement a une responsabilité particulière. C’est grâce à la relation de confiance qui s’est instaurée entre Dexia et les collectivités locales que la banque a pu se livrer à ces pratiques. Prêteur historique des collectivités locales, qui pouvait croire cet établissement capable de plonger sciemment des communes, des départements, des régions, des organismes publics, dans une telle instabilité financière à court et moyen terme ? Qui pouvait croire Dexia capable de se livrer à une véritable arnaque des collectivités locales, et de ce fait, des contribuables français ?

Dexia a trahi les collectivités locales au nom de la rentabilité immédiate, du profit à court terme et de l’enrichissement de ses actionnaires.

Pour préparer l’avenir, il est urgent de se pencher sur la charte de bonne conduite entre les banques et les collectivités locales. Mais quid du passé ? Que fait-on des milliards d’euros de bénéfices réalisés sur le dos du contribuable ? Hier, le gouvernement s’est montré prompt à injecter 3 milliards d’euros d’argent public pour sauver Dexia. Il doit maintenant se trouver aux côtés des collectivités locales et des Français.

Je veux croire que nous pouvons sortir de cette crise. Depuis un an, une nouvelle direction est aux commandes de Dexia et la présence de l’Etat au sein du capital de la banque oblige à une pratique exemplaire pour le passé et pour l’avenir. Dexia est à un carrefour de son histoire et elle peut encore choisir de donner des signes, de solder le passé et ainsi réinstaller la confiance indispensable entre la banque et les collectivités locales, premier investisseur public en France.

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