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Interview sur le grand Paris

J’ai répondu aux questions du Point à propos du projet de loi sur le Grand Paris:

lepoint.fr : Qu’est-ce qui vous déplaît dans ce texte ?

Claude Bartolone : Travailler sur ce dossier a été chaotique. Dès le début, le texte présenté par le secrétaire d’État à la région capitale Christian Blanc a réduit à néant les acquis de 30 ans de décentralisation, marquant le retour d’un État centralisateur qui, pourtant, n’a pas prouvé son efficacité. Il y a aussi une conception complètement dépassée de l’espace urbain, laissant de côté tout le territoire qui sera entre la double boucle formée par le métro autour de la capitale d’ici 2035 et le coeur de l’agglomération de Paris. D’autre part, on a l’impression que le périmètre entourant les gares de la future rocade ferrée est la seule chose qui intéresse l’État. En se réservant l’aménagement de ces quartiers, l’État s’octroie la part la plus juteuse. Cela illustre la conception que se fait Nicolas Sarkozy. C’est une République low-cost et une République confisquée, avec moins de démocratie locale. Plusieurs autres actions menées par le chef de l’État le prouvent, comme par exemple la réforme du redécoupage électoral avec la réduction des élus locaux.

À vos yeux, le projet de loi sur le Grand Paris n’a donc aucun aspect positif ?

Certains aspects vont dans le bon sens, comme l’amélioration de la structuration parisienne. L’État prend aussi des responsabilités dans la mise en place du Grand Paris. Mais il ne doit pas les prendre sur le dos des collectivités locales. Et, d’ailleurs, l’État doit s’engager tout de suite ! Il lui faut participer financièrement à la signature de contrats dans le domaine des transports ou encore s’investir dans les logements sociaux.

Que demandez-vous désormais au gouvernement ?

Je pense qu’il en va de la responsabilité du Premier ministre François Fillon de ne pas gâcher cette bonne idée qui est de rééquilibrer la région Île-de-France. Il faut absolument agir pour mieux équilibrer les richesses, oeuvrer pour la reconquête de certains territoires délaissés et mettre fin au rejet des classes populaires toujours plus loin du centre. Le Premier ministre doit reprendre les choses en main et retirer ce projet de loi. Il faut de nouvelles concertations avec les parlementaires, les maires des communes concernées, mais aussi les conseillers régionaux. Il faut répondre aux attentes de la population et rééquilibrer l’agglomération.

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