Your message has been sent, you will be contacted soon
Site de Claude Bartolone

Call Me Now!

Fermer

Obama et la santé

La réforme de la couverture maladie universelle aux Etats-Unis est une question cruciale, sur laquelle les prédécesseurs de Barack Obama ont clairement échoué. Elle est urgente aussi. Dans le classement de l’Organisation mondiale de la santé, le système de santé américain n’arrive qu’à la 37e position, entre le Costa Rica et la Slovénie. On perçoit un paradoxe dans une nation hyper puissante, dominant le monde mais dont le système de santé est fragile, injuste et indigne. Chacun connaît le système américain : inégalités importantes en matière d’accès aux soins et de coût des soins de santé.

La mesure phare du programme sur lequel Barack Obama a été élu, c’est justement de fournir une couverture maladie aux 48 millions d’américains qui en sont privés. Au cours des 12 derniers mois, près de six millions d’Américains ont perdu leur assurance-santé.

Barack Obama est courageux, car la tendance actuelle est à l’opposé de cette politique. De nombreux systèmes de santé renoncent à un accès équitable aux soins, et ne se soucient plus guère d’apporter des réponses aux besoins des populations, en particulier des plus défavorisées. A l’heure où la CMU, cette grande réforme de la gauche, fête ses dix ans et où le gouvernement français a entamé un travail de sape d’un système de santé qui est pourtant la référence en la matière – je veux parler des franchises et du forfait hospitalier – je veux souligner qu’un accès inéquitable aux soins, des coûts de santé en hausse constituent une menace pour la paix sociale.

Ces inégalités d’accès aux soins sont souvent exacerbées lorsque la santé est assimilée à une marchandise, lorsque soins et recherche du profit ne font qu’un.

On le voit avec la loi HPST. Ses résultats sont prévisibles: multiplication des actes, soins et prescriptions superflues, hospitalisations plus longues, coûts en hausse et bien entendu exclusion des populations les plus précaires.

Je veux rappeler que les politiques de santé n’évoluent jamais spontanément vers plus d’égalité et de solidarité. Barack Obama l’a compris, cette égalité ne peut résulter que de décisions politiques claires et déterminées. Pour autant, je ne suis pas naïf. Cette action politique du Président des Etats Unis doit se muer en compromis. Les opposants sont virulents et pour que « cela passe », il faudra composer. Le scenario vers lequel on se dirige probablement aux Etats-Unis, est celui où les assureurs devront améliorer leurs pratiques, c’est à dire limiter la recherche effrénée de profits et surtout cesser de « refuser systématiquement les malades non rentables ». Dans un sens ces acteurs ne pourront plus traiter la santé comme n’importe quel commerce. Ils conserveront en contre partie le bénéfice de l’essentiel du « buisness de la santé », pour être clair, ils conserveront sans doute les malades les plus rentables. Les autres bénéficiant logiquement du système public. On le voit bien, ce scenario n’est pas parfait, il est même choquant mais c’est un premier pas important.

Bill Clinton avait échoué en proposant une politique « trop à gauche », il y a un peu plus de 10 ans. Barack Obama fait un choix différent, un choix que l’on peut espérer être un premier pas vers un système de plus en plus solidaire. Son objectif est de donner aux Américains le choix. C’est aussi une question d’égalité et de liberté. Les américains pourront choisir entre assurances privées et assurance publique.

Je suis étonné de voir que Nicolas Sarkozy n’a pas compris la politique de Barack Obama ou du moins sa direction. Alors que le Président des Etats Unis cherche à s’inspirer de l’exception française, le président Français s’inspire d’un système que Barack Obama souhaite voir disparaître tant il est indigne d’une grande nation.

Étiquettes: