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Le gouvernement confond hôpital et entreprise

Quand 25 grands professeurs de médecine signent un appel pour l’hôpital public, il se passe quelque chose de grave. Alors, madame la ministre ne restez pas sourde ! Même le professeur Debré, député UMP de Paris, n’a pas hésité à déclarer que « c’est une mauvaise loi » !

Premier défaut, cette loi confond hôpital et entreprise. Je pense qu’en médecine tout acte qui ne correspond pas au besoin du patient est contraire à l’éthique. Une entreprise n’a pas à se soucier de savoir si ses services ou produits correspondent à un besoin, elle a juste à les vendre. Si l’hôpital devient à cause de cette loi une véritable entreprise il ira logiquement vers les actes les plus rentables au détriment du reste et la tentation de scinder un seul acte en plusieurs sera grande… C’est aussi cela la course au profit.

Je suis de ceux qui pensent que l’hôpital public est un acteur essentiel de la qualité de notre système de santé et de l’égalité d’accès aux soins. Ses missions de service public sont déterminantes pour la solidarité nationale, en période de crise économique il faut le marteler. Cette loi confie à tous les établissements de santé, publics ou privés, la possibilité d’assurer tout ou partie des missions de service public. J’y vois la porte ouverte à un système à la carte où les cliniques privées choisiront les missions les plus lucratives et laisseront au public la lutte contre l’exclusion sociale et les actes moins lucratifs…

On le voit bien dans cette loi, les enjeux économiques prennent le pas sur les enjeux de santé publique et d’égalité d’accès aux soins. C’est très grave. Ce choix du gouvernement va d’ailleurs jusqu’à copier le mode de gouvernance du privé pour l’hôpital public avec un directoire, un conseil de surveillance… Et tout cela sans démocratie sociale ou sanitaire, sans association des soignants et en négligeant le rôle des élus locaux !

Deuxième défaut, cette loi ne répond pas à la question cruciale des déserts médicaux. Elle prévoit une définition de la médecine générale de premier recours très insuffisante en s’appuyant sur une possible coopération entre les professionnels de santé sans réelle mesure incitative, sans modifier les modes de rémunération, ni développer les réseaux de soins et les maisons de santé.

Les propositions de régulation territoriale de la démographie médicale par le numérus clausus sont insuffisantes. Pour motiver les futurs médecins à s’installer en médecine générale, il faut les former sur les futurs lieux d’exercice. Là où l’offre de soins est insuffisante, les pouvoirs publics doivent prendre des mesures contraignantes pour assurer la permanence des soins. Je veux donc rappeler que seule une action volontariste permettra de lutter contre les déserts médicaux !

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