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Associations dans les centres de rétention: question au Premier ministre

Le choix annoncé par le Gouvernement de six associations pour l’accompagnement des étrangers maintenus en rétention suscite l’émoi des associations travaillant depuis de nombreuses années dans ce domaine.

Mon inquiétude étant vive quant au choix effectué, comme je l’ai dit hier par voie de presse, j’ai donc décidé d’interroger le Premier ministre François Fillon sur ce sujet. Je vous livre ici le texte de ma question qui paraîtra dans quelques jours au Journal officiel :

« M. Claude Bartolone attire l’attention de M. le Premier ministre sur la publication par le gouvernement du résultat de l’appel d’offre pour l’accompagnement des étrangers maintenus en rétention. Jusqu’à aujourd’hui, seule la CIMADE était habilitée à venir en aide aux étrangers placés dans ces structures. A partir du 2 juin, la Cimade, l’Ordre de Malte, Forum Réfugiés, France Terre d’asile, l’Association service social familial migrants (ASSFMA) et le « Collectif Respect » se partageront cette lourde tâche. Le choix de ce dernier suscite visiblement un vif émoi parmi les associations travaillant depuis de nombreuses années dans ce domaine. Créée en 2002 après les sifflets qui avaient émaillés le match de football international France-Algérie, subventionnée depuis 2004 par plusieurs ministères, cette association inconnue jusqu’à maintenant des acteurs de l’aide sociale avait initialement pour but la réhabilitation du concept de respect sous toutes ses formes et la lutte contre les violences, physiques, morales ou autres. Cet objet déclaré en préfecture semble avoir fait l’objet d’un étrange changement en août 2008, 5 jours après la parution du décret annonçant le lancement d’un appel d’offre pour l’accompagnement des étrangers maintenus en rétention. Les activités mêmes menées par le collectif suscitent beaucoup d’interrogations : alors que le secrétariat d’État chargé de la Politique de la Ville ne le répertorie même pas, son site Internet « en cours de réactualisation » proclame seulement : « respect à ceux qui, par la force de l’intelligence, refusent l’esclavage de la violence. » Le fait que la direction du collectif revendique toujours ouvertement sa très grande proximité politique avec l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP), parti dans lequel le fondateur du collectif a eu des responsabilités, paraît tout aussi surprenant. Les motifs d’ordre économique évoqués dans un secteur aussi sensible ne semblent pas suffisants pour expliquer que le « Collectif Respect » ait été choisi après réunion et consultation d’une commission d’appel d’offre qui, par ailleurs, pose le problème de l’application d’une procédure relevant d’une logique marchande à un secteur par essence non marchand. Il lui demande par conséquent, en tant que chef du gouvernement qui est pouvoir adjudicateur dans ce dossier, de lui préciser les conditions dans lesquelles cette association a été effectivement retenue et quelles mesures urgentes il entend prendre pour que les droits fondamentaux des étrangers soient effectivement respectés et que l’aide sociale dans les centres de rétention ne soit pas dénaturée. »

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