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Accompagnement des étrangers dans les centres de rétention : un choix qui mérite explication

La publication par le gouvernement du résultat de l’appel d’offre pour l’accompagnement des étrangers maintenus en rétention suscite mes plus vives inquiétudes. Jusqu’à aujourd’hui, seule la CIMADE était habilitée à venir en aide aux étrangers placés dans ces structures.

Après des mois d’attente et de polémique, le couperet est tombé vendredi dernier. A partir du 2 juin, la Cimade, l’Ordre de Malte, Forum Réfugiés, France Terre d’asile, l’ASSFMA et le « Collectif Respect » se partageront cette lourde tâche.

Le choix de ce « Collectif Respect » suscite visiblement un vif émoi parmi les associations travaillant depuis de nombreuses années dans ce domaine.

Créée en 2002 après les sifflets qui avaient émaillés le match de football international France-Algérie, subventionnée depuis 2004 par plusieurs ministères, cette association avait initialement pour but la réhabilitation du concept de respect sous toutes ses formes et la lutte contre les violences, physiques, morales ou autres. Cet objet déclaré en préfecture a fait l’objet d’un étrange changement en août 2008, 5 jours après la parution du décret annonçant le lancement d’un appel d’offre pour l’accompagnement des étrangers maintenus en rétention.

Les activités mêmes menées par le collectif suscitent beaucoup d’interrogations : alors que le secrétariat d’État chargé de la Politique de la Ville ne le répertorie même pas, son site Internet « en cours de réactualisation » proclame seulement : « respect à ceux qui, par la force de l’intelligence, refusent l’esclavage de la violence. » Tout un programme !

Le fait que le collectif ait été fondé par un chargé de mission au Ministère de l’Intérieur ayant eu des responsabilités à l’UMP et soit encore dirigé par plusieurs proches du parti du Président de la République est également plus qu’étonnant.

Je demande donc au Gouvernement, en tant que pouvoir adjudicateur, de préciser les conditions dans lesquelles cette association a été retenue après consultation de la commission d’appel d’offres.

Les motifs d’ordre économique évoqués dans un secteur aussi sensible ne me semblent en effet pas suffisants pour expliquer que le « Collectif Respect » ait été choisi pour veiller au respect des droits des étrangers dans certains centres de rétention.

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