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Printemps des libertés : Préférer le rassemblement au reniement

PRPS.jpgPour un élu qui n’a rien à proposer et qui, par intérêt ou trait de caractère, refuse de contribuer à l’œuvre collective de son parti, la recette pour faire malgré tout parler de soi est connue : il suffit de critiquer l’organisation politique qui vous a tout donné.

L’offensive justifiée du PS sur les restrictions des libertés a fourni l’occasion aux habituels critiques de reprendre du service. Je veux leur répondre sur le fond.

Ils nous reprochent de critiquer Nicolas Sarkozy sur le terrain des libertés publiques, et ils le font avec des arguments bien singuliers. A aucun moment ils ne disent qu’un seul des 89 articles du livre La France en libertés surveillées est faux. Comment en irait-il autrement, d’ailleurs ? Même la droite a été incapable de montrer que le moindre de ces analyses était inexacte. Oui, les restrictions des libertés sont avérées. Oui, les remises en cause de la démocratie parlementaire et de la décentralisation sont réelles. Oui, les attaques contre la liberté de la presse sont un fait. Oui, l’enfermement des étrangers et la brutalité administrative, cela existe.

Alors que nous reproche-t-on ? Plusieurs choses. D’abord de parler d’un thème qui ne serait pas populaire, qui ne serait pas dans l’air du temps, qui aurait du mal à mobiliser l’opinion publique. Argument surprenant quand on est militant de gauche. Faudrait-il attendre que l’injustice, les inégalités ou les atteintes à la démocratie soient des thèmes populaires pour les dénoncer ? Faudrait-il commencer par faire une étude d’opinion avant de défendre ses valeurs ? Je réponds à ces censeurs que c’est précisément ce type de raisonnements et cette approche sondagière de la politique dont les militants de gauche et les Français ont plus qu’assez aujourd’hui.

Nous ne serions pas dans le bon « timing » ? Et bien justement, parce que nous sommes des militants politiques, nous n’attendons pas que les sondeurs ou les spécialistes en communication nous dictent notre message. Quand nous constatons des atteintes au modèle républicain, quand nous voyons que la devise de la France – liberté, égalité, fraternité – est bafouée, alors nous le dénonçons. Et tant pis si nous avons du mal à mobiliser. Tant pis si nous apparaissons un peu solitaires. Demain, après demain, nous serons fiers de l’avoir dit au bon moment, avant qu’il ne soit trop tard. Et je crois, en plus, que les Français, qui ont l’amour de la justice et de la liberté ancré profondément dans leur cœur, nous seront reconnaissants d’avoir été fidèles à nos principe, d’avoir su tenir bon et de les avoir éclairés sur la réalité de la régression démocratique que nous subissons.

Voilà notre conception de la politique à nous qui étions présents dimanche au Zénith. Et nous en sommes fiers !

Avec les militants associatifs, avec les journalistes, avec les artistes qui étaient nos invités, nous avons parlé avec notre cœur. Au fil des interventions, nous avons compris les ressorts de ce qui se passe en France : une accumulation de restrictions, de régressions et d’atteintes aux droits dont aucune n’est spectaculaire, mais dont la totalisation dessine une « France d’après » bien inquiétante.

Alors, non, nous ne sommes pas trop durs avec Nicolas Sarkozy. Nous nous contentons de décrire les faits et de dénoncer la mise en œuvre de choix qui répondent à une logique implacable : plus la société est « libérale » au sens économique du terme, c’est-à-dire tolérante à la montée des inégalités sous l’effet des forces du marché, moins elle peut être « libérale » au sens politique et social du terme. Tout simplement parce que la croissance des inégalités se traduit aussi par l’augmentation de la violence sociale qui permet à la droite de justifier la répression et le renforcement de ce qu’on appelait autrefois l’Etat policier. Le libéralisme produit du désordre social et légitime ensuite les restrictions des libertés.

Oui, les progrès de l’inégalité tendent à entraîner un recul des libertés. C’est une règle générale qui a souvent été vérifiée. M. Bush l’a mise en œuvre aux Etats-Unis entre 2001 et 2009. M. Sarkozy l’applique en France aujourd’hui.

Tous les militants de gauche doivent se retrouver dans le combat pour la liberté et pour l’égalité, parce qu’il ne s’agit là, comme l’a dit Martine Aubry dimanche, que d’un seul et même combat. Ceux qui n’en sont pas convaincus, c’est qu’ils ne sont plus des militants ou qu’ils ne sont plus de gauche.

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