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Le style Bartolone

Voici un article publié aujourd’hui dans le Parisien à propos de ma première année comme Président du Conseil Général de la Seine-Saint-Denis:

Comment le socialiste dirige-t-il la Seine-Saint-Denis ?

Décryptage un an après sa prise de fonctions à la tête d’un département historiquement communiste.

Son élection a marqué la fin de quarante ans de présidence communiste en Seine-Saint-Denis. Demain, le socialiste Claude Bartolone fêtera sa première année à la tête du conseil général. L’occasion de lever le voile sur le style de celui qui veut « faire entrer la Seine-Saint-Denis dans le XXIe siècle ».

Un tempérament direct

C’est un rituel qui précède toute séance du conseil général. Avant de gagner son fauteuil, Claude Bartolone entame un tour de salle, serrant toutes les mains qui se présentent… en commençant soigneusement par les journalistes.
Jamais avare d’un sourire, d’une accolade ou d’une anecdote, le député est aussi jovial et séducteur que son prédécesseur, Hervé Bramy, était discret, voire effacé. « L’homme est direct, courtois et plutôt sympathique », reconnaît Vincent Capo-Canellas, conseiller général d’opposition et maire Nouveau Centre du Bourget. Sur ce plan, Claude Bartolone ne force pas son tempérament méditerranéen (il est né à Tunis d’un père sicilien). Un sens du contact qu’il cultive en labourant le département. « Tous les maires me réclament en personne, qu’est-ce que je peux y faire ? », se défendait-il il y a quelques mois.

Un homme d’appareil

Mais derrière le président du conseil général, le cacique médiatique du Parti socialiste n’est jamais loin. L’ancien lieutenant de Laurent Fabius fait aujourd’hui partie de la garde rapprochée de la première secrétaire, Martine Aubry. Selon Bertrand Kern, maire PS de Pantin et ami de longue date, cette notoriété, son relationnel d’ancien ministre, servent le département. « Il était l’un des seuls à pouvoir endosser le costume, à avoir la carrure. A l’extérieur, on sait qui dirige la Seine-Saint-Denis car il a une voix qui porte. » « Ça pulse ! s’enthousiasme Pascal Popelin, 5e vice-président socialiste. Le fait que Claude Bartolone soit aussi parlementaire apporte une efficacité supplémentaire : ça ouvre des portes dans les ministères. » Ses adversaires lui reprochent justement un mélange des genres. « Le président du conseil général n’a pas pris le dessus sur le militant, regrette Vincent Capo-Canellas. Sa mue personnelle est inachevée. Le style Huchon (président PS du conseil régional) est plus consensuel, moins partisan. »

Une équipe sur mesure

Les proches collaborateurs de « Claude » ou « Barto », comme ils l’appellent, ont appris depuis un an à jongler avec ses deux numéros de téléphone portable (un pour la Seine-Saint-Denis, l’autre pour le PS) et gérer son agenda lorsqu’il est rue de Solferino ou à l’Assemblée. Mais quand il n’est pas là, Claude Bartolone sait qu’il peut compter sur l’équipe rapprochée qu’il s’est taillée sur mesure. Au poste de directeur général des services, on retrouve son ancien directeur de cabinet lorsqu’il était ministre de la Ville, Philippe Yvin. A la tête du cabinet, Jean-Luc Porcedo, qui a exercé les mêmes fonctions à Pantin et au conseil général de l’Oise. Et la communication a été confiée à Benoît Pichard, ancien chef de cabinet de Ségolène Royal au conseil régional de Poitou-Charentes et très investi lors de sa campagne présidentielle. Un observateur anonyme ironise sur ces « jeunes loups », « plus habitués à gérer des budgets de campagne présidentielle que des comptes départementaux. On retrouve le fonctionnement d’un ministère, une vraie machine politique. Du coup, certains vice-présidents doivent s’effacer ». Mais un fonctionnaire reconnaît y trouver son compte. « C’est agréable de travailler comme ça, avec des objectifs affirmés, une ligne directrice. On a un vrai patron, chose qu’on n’avait pas avant. »

Une communication calibrée

Il y a un peu plus d’un an, au début de sa campagne Claude Bartolone trouvait son slogan : « faire entrer la Seine-Saint-Denis dans le XXI e siècle ». Ce souci de changer l’image du département ne l’a pas quitté depuis.
Et pour y parvenir, le patron du 93 ne lésine pas sur les moyens : campagne d’affichage en début de mandat, nouveau journal, site Internet refondu, encart promotionnel de quatre pages dans le journal « le Monde » (pour un coût de 58 000 €), nouveau logo qui décline la Seine-Saint-Denis comme une marque, communiqués de presse avant chaque visite. Il n’hésite jamais à se mettre en avant : « Il s’identifie au département. Depuis trente ans, il l’a suivi de A à Z », justifie Bertrand Kern. « Il a une obsession de la communication, rectifie Vincent Capo-Canellas. Il est toujours en campagne. » « A part le nouveau logo et l’énorme campagne d’affichage du début de mandat, dont on réclame toujours le coût exact, il n’y a pas de changement », tacle l’UMP Ludovic Toro. Bertrand Kern demande un peu de patience.
« Redresser la barre après vingt ans de dégradation de l’image d’un département ne se fait pas en un an. Le conseil général, c’est un paquebot. Quand on tourne le gouvernail, il faut attendre deux-trois ans pour que ça se ressente. »

Gwenael Bourdon et Julien Duffé – Le Parisien

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