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L'éducation est une priorité en Seine-Saint-Denis

ssd.jpgMonsieur le Vice-Président, Cher Mathieu
Mesdames, Messieurs les délégués des parents d’élèves,
Mesdames, Messieurs,

Je voudrais avant tout vous remercier de votre présence et remercier, pour cette initiative encore inédite en Seine-Saint-Denis, M. Mathieu Hanotin Vice-président du Conseil général en charge notamment des questions de l’éducation qui, je le sais, suit avec attention et rigueur toutes les problématiques qui touchent à la scolarité des enfants de notre département.

Notre réunion d’aujourd’hui qui a pour objectif d’évoquer ensemble la question de l’Ecole est d’autant plus primordiale, qu’elle s’inscrit au lendemain de ce mouvement de grève national, très largement suivi et qui reflète le malaise profond de notre société.
Une société, pour exister, a besoin de lien et de cohésion sociale et qui mieux que l’Ecole pourrait renforcer ces fondements ?

Je suis de ceux qui demeurent convaincus que l’Ecole permet de préparer les individus à vivre en société, et à les inscrire dans un projet d’avenir. Héritage des Lumières – c’est une évidence – l’Ecole largement démocratisée est un espace de construction de nos enfants.

Cependant, il y a notre « Ecole rêvée » et il y a la réalité !

Pouvons-nous, aujourd’hui, affirmer que l’Ecole possède les moyens d’assurer ses missions de service public d’éducation égale pour tous ? Permet-elle de faire vivre l’ambition d’une réussite scolaire mais aussi sociale de nos enfants?
Nous le savons bien, l’École reflète l’état de santé de notre société et force est de constater qu’elle est en crise comme la société est en crise.

Dans un contexte de crise économique où les risques d’exclusion sociale sont de plus en plus importants, certains jeunes encore trop nombreux ne croient plus en une Ecole qui leur permettrait d’espérer un avenir meilleur.
Ils nous l’ont prouvé à travers leurs multiples manifestations. Derrière leurs cris de colère, c’est toute une jeunesse angoissée qui manifeste ses inquiétudes.

A cela, s’ajoute la crise du sens, dans laquelle les élèves, les enseignants et les parents s’interrogent :  » A quoi sert l’École ? A quoi servent les maths ou la géographie ? Pourquoi chercher à réussir quand on n’est pas sûr d’avoir du travail ? Même avec un diplôme ! ».
Ne nous voilons pas la face : Notre jeunesse est trop souvent confrontée à l’absence de perspective d’avenir, à un chômage menaçant et pire encore à une discrimination rampante et désastreuse qui frappe de plein fouet certains de nos enfants les excluant du marché du travail.
A la crise du sens se surajoute une crise du « vivre ensemble » qui a notamment pour conséquence directe, une recrudescence des agressions dans nos établissements scolaires.

Alors qu’est-ce qui explique ces difficultés ? Je ne crois pas aux théories fumeuses des « déclinologues ». Je crois qu’un effet à toujours une cause, et que l’Ecole se porte bien lorsqu’elle est aimée et soutenue par la République.

Or, que constate-t-on depuis plusieurs années ? Chaque année le budget de l’Education Nationale se réduit. Comment, dans ces conditions, pouvons-nous concevoir une Ecole plus juste, plus épanouissante ?

Faute de personnels suffisants, peu à peu, un certain nombre d’élèves se découragent et perdent pied, à bout de souffle, ils s’enfoncent dans un mal être et décident de ne plus aller à l’Ecole. Ils décrochent !

Inutile de nier l’évidence : le gouvernement ne cesse d’appauvrir l’Ecole alors que nos jeunes sont en recherche de pédagogie différenciée, d’une écoute plus attentive de la part de l’équipe éducative.

J’en veux pour preuve :
>Les suppressions de postes en masse sans se soucier de la qualité de l’enseignement. En réalité, il est demandé aux enseignants de travailler « mieux et plus avec moins de moyens », en négligeant l’essentiel : la qualité de l’enseignement et l’art de la transmission des savoirs.

> La suppression des RASED (Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté) ! Cette mesure va priver des dizaines de milliers d’élèves des aides spécialisées. La brutalité de cette décision vient souligner la contradiction d’une politique ministérielle qui prétend faire de la lutte contre l’échec scolaire une « priorité. »

> Des suppressions de postes de Conseiller Principal d’Education (CPE) : un métier pourtant au cœur des enjeux sociaux, du fait de leur responsabilité d’assurer l’interface entre les élèves et l’équipe éducative en informant les parents. Ne pas créer des postes, c’est aller à l’encontre du bien être des jeunes notamment collégiens. Mais, c’est aussi rompre définitivement le lien avec les familles.

> La disparition progressive des Centres d’Information et d’Orientation (CIO) et des conseillers d’Orientation Psychologues (COP). En Seine-Saint-Denis, il serait question d’1 conseiller pour 1000 élèves ! Comme si les questions d’orientation n’étaient pas une priorité dans notre pays. Il est regrettable et consternant qu’aujourd’hui, encore trop de jeunes subissent une orientation par défaut !

> La déperdition de la médecine scolaire, alors que la santé de nos jeunes est essentielle pour leur apprentissage et leur réussite.

> Et comble de l’ironie : Pour suppléer à toutes ces suppressions de postes, Xavier Darcos nous annonce la création de 5000 emplois de « médiateurs de réussite scolaire » en contrat précaire, en renvoyant, une fois de plus, l’image de la précarité à nos jeunes !

Comment alors dans de telles conditions redonner du sens à l’Ecole ?

En Seine-Saint-Denis, nous aimons l’école, ce pilier de notre République, et je resterai mobilisé pour qu’elle le demeure.
Parce-que, vous l’aurez compris, la réussite de la scolarité de nos jeunes constitue la principale de mes priorités.

> J’ai d’ailleurs pu le rappeler, le 1er octobre dernier, au cours d’une rencontre départementale avec l’ensemble des équipes de Direction des 120 collèges de Seine-Saint-Denis. Nous avions déjà abordé quelques axes fondamentaux, tels que la sécurisation de nos collèges, à l’intérieur et aux abords des établissements scolaires ou la prévention des risques de décrochage scolaire.
Je refuse les tabous, singulièrement lorsqu’il s’agit de la sécurité de nos enfants. Ce problème existe dans certains de nos collèges. J’ai décidé que nous devions le prendre à bras le corps, afin d’assurer des conditions de travail sereines et sécurisantes au sein des collèges, pour tous ceux, élèves autant que personnel enseignant, administratif ou de service, qui y vivent au quotidien.

> Par ailleurs, pour donner à nos enfants l’envie d’étudier, encore faut-il que leur collège ressemble à un collège. Nous avons trop souffert par le passé de petites réparations pour lesquelles il fallait patienter plusieurs mois.

J’ai souhaité lancer EMIR pour cette raison. Une brigade polyvalente constituée d’agents du département, capable d’intervenir à tout moment dans les collèges pour assurer des travaux d’urgences.

> Enfin, devant le retard que connaît notre département, je demande à l’Etat de prendre ses responsabilités. J’aurai bientôt l’occasion d’interpeller officiellement le Ministre de la Relance afin d’obtenir un plan de rattrapage des investissements en direction des collèges.
Mais seuls, nous ne pourrons pas lutter. C’est pourquoi il est urgent que le gouvernement cesse de diminuer le budget de l’Education Nationale sous prétexte qu’il y a moins d’élèves scolarisés. On ne peut pas prétendre vouloir donner la priorité à l’Education et lui retirer les moyens pour le faire !
En effet, une augmentation du budget permettrait de recruter plus de CPE, plus de COP mais aussi plus d’enseignants.

Il nous faut parvenir à alléger les effectifs des classes si nous voulons assurer un accompagnement du jeune plus personnalisé. Car, c’est dans un climat serein, de confiance et de respect qu’ils pourront évoluer dans un univers dans lequel ils apprendront à vivre et travailler avec l’ensemble de leurs camarades.

Nos collégiens, j’en suis convaincu, ont de belles capacités, au moins autant que partout ailleurs dans notre pays. Je voudrais qu’ils s’en persuadent eux-mêmes. Mais cela ne pourra se faire, sans la mobilisation des familles et des parents d’élèves. Il nous faut encourager la coéducation : véritable consensus entre l’Ecole et les familles. Faire des parents, des membres à part entière de la communauté éducative.

Développer les liens et le dialogue entre l’institution scolaire et les familles sont les conditions nécessaires d’une éducation cohérente, d’une orientation réussie et d’un fonctionnement plus serein des établissements.
Le rôle des parents d’élèves est primordial et votre présence ce matin parmi nous en est la preuve.
C’est pourquoi, je souhaite que vous occupiez pleinement votre place au sein des établissements scolaires de notre département.
Il est important que vous puissiez vous exprimer sur vos inquiétudes, mais aussi sur les idées de projets à mener dans les établissements scolaires de vos enfants.
Devons-nous encore rappeler que vous – parents d’élèves – vous êtes les premiers responsables de vos enfants?
C’est pourquoi, je ne perçois pas un système scolaire qui se refuserait de travailler avec vous et qui se bornerait à reléguer le rôle des parents uniquement en dehors des murs de l’école. Un enfant, ça ne se saucissonne pas entre le temps scolaire et le temps extrascolaire.
C’est ainsi que nous parviendrons à bâtir ensemble un service public d’éducation performant capable d’instruire et d’orienter tous les jeunes et cela sans exception. Dans ce pays qui a inventé, il y a plus d’un siècle la gratuité de l’Ecole, je veux une Education Nationale pour tous qui respecterait l’ensemble des valeurs qui fondent notre République. C’est la condition de notre cohésion sociale, de notre fraternité et de la politique de solidarité soucieuse du devenir des plus fragiles d’entre nous.

Mesdames, Messieurs, voilà pourquoi j’ai voulu vous parler de l’Ecole, c’est-à-dire au fond de cette institution qui permet de forger les citoyens de demain.

Je vous remercie.

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