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Eduquer ou punir : nous pouvons choisir !!!

Alors que la multiplication des suicides de détenus remet en cause le système pénitentiaire français, le rapport sur la réforme de la justice des mineurs remis aujourd’hui à la garde des Sceaux propose d’abaisser de 13 à 12 ans la possibilité d’incarcération.

A partir du constat d’inefficacité des mesures actuelles qui permettent déjà l’emprisonnement d’un enfant dès 13 ans, on nous présente la prison comme le remède qui serait capable d’endiguer l’augmentation supposée de la délinquance des mineurs.

Cela pose évidement plusieurs questions. Pourquoi un an plus tôt, l’emprisonnement s’avérait-il plus efficace ??? Qu’adviendra-t-il si dans quelques années on constate l’échec de cette mesure ? Abaissera-t-on à nouveau l’âge de la responsabilité pénale ? A 10 ans ? A 8 ans ?

On le voit, cette mesure est une fuite en avant. Elle apparaît davantage comme une opération de communication visant à afficher la grande fermeté du gouvernement que comme une véritable réponse aux inquiétudes de nos concitoyens concernant de l’augmentation de la délinquance.

Car les statistiques policières le confirment : l’augmentation générale de la délinquance enregistrée depuis une trentaine d’années n’est pas spécifique aux mineurs : elle concerne tout autant les majeurs.

Dès lors, l’incarcération des enfants dès 12 ans ne sert à rien si ce n’est à organiser une énième reforme de l’arsenal pénal en occultant une fois encore le problème de l’insuffisance des moyens humains et financiers affectés à l’instruction des dossiers et l’exécution des décisions de justice.

Au lieu d’utiliser ces préadolescents comme prétexte au renforcement de la répression, notre société aurait tout à gagner à faire de leur éducation une véritable priorité nationale.

D’autres alternatives sont possibles ! D’abord, revenir sur la diminution du budget de l’Education Nationale et sur les suppressions massives de postes d’enseignants, notamment ceux des réseaux d’aides aux enfants en difficultés (RASED).

Ensuite, redonner de l’oxygène aux associations qui mènent des actions d’éducation ou de prévention en assurant le montant et la pérennité de leurs subventions.

Enfin, assurer le financement, ce qui n’est aujourd’hui pas le cas, des mesures éducatives ou de médiation-réparation déjà prévues par la loi pour les mineurs telles que le placement en institutions ou établissements d’éducation ou de formation professionnelle, le placement en établissements médicaux ou médico-pédagogiques ou encore le placement en internats adaptés.

Voilà ce que nous attendons du gouvernement : plus et mieux d’éducation et de justice, et non l’installation de quartier de mineurs dans des prisons déjà surpeuplées.

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