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De retour de Reims

 » Quelle image déplorable du parti socialiste pendant le congrès de Reims !  »

Voilà ce que tous ceux qui n’y ont pas assisté ont vu, lu, entendu en allumant leur téléviseur, leur poste de radio ou en ouvrant leur journal préféré.

Et pourtant…

Et pourtant, quitte à surprendre, quel bonheur d’appartenir à une organisation politique réellement démocratique ! Obama nous a prouvé que le « rêve américain » existe encore. Si je me laissais aller, je m’aventurerais presque à dire que le « rêve socialiste » n’est pas tout à fait mort.

Bien sûr, ce congrès était dur, harassant, éprouvant. Mais qui a dit que le débat démocratique est le pays des bisounours ?

Il était temps que ce congrès se tienne. J’en conviens, il a beaucoup déçu. Surtout ceux qui n’y participaient pas ! Ils en ont entendu les pires choses, notamment que les Socialistes ne faisaient que peu de cas du monde qui les entoure et que la crise terrible dans laquelle le monde s’enfonce n’avait pas été évoquée. C’est faux ! Tous les participants en témoigneront : pas un seul discours (dans ma motion et dans les autres) qui n’ait fait l’impasse cette question, tentant de proposer ses solutions – quelle que soit leur efficacité supposée.

Non, ce congrès de Reims, c’était un concentré de la vie démocratique du PS et des émotions que l’on peut ressentir lorsque l’on est un militant politique. L’émotion politique pour ceux qui montent à la tribune pour défendre devant des milliers de personnes, des idées, une grille de lecture du monde, des solutions à ses maux. L’émotion des retrouvailles pour toutes celles et ceux qui n’ont l’occasion de se croiser qu’à la Rochelle ou à l’occasion des congrès. L’émotion de ces petits-déjeuners à 7h (alors que l’on a terminé sa réunion de la veille à 4h !) où, malgré les batailles politiques que l’on se livre, on éprouve le bonheur de faire table commune. L’émotion de se retrouver à Reims, dans cette ville que l’on croyait à jamais chasse gardée de la droite, et qu’une femme courageuse, Adeline Hazan, a su conquérir à la force de ses convictions. L’émotion aussi de cet étrange rite nocturne, la commission des résolutions, qui veut que les Socialistes déploient toutes leurs forces pour parvenir à un rassemblement sur le fond. Mais comment faisaient-ils, nos ancêtres, sans téléphone mobile, sans possibilité de s’envoyer des sms, sans moyen d’être informé à la minute près de la dernière dépêche ???

Bien sûr, il y a eu des engueulades ! Mais l’alliage de différences politiques, de croyance en ses convictions et de manque de sommeil est forcément propice à ce genre de montée de température ! Et puis, il faut vraiment qu’il y ait quelque chose de fort qui nous rassemble pour que ce château de cartes tienne encore debout après tant d’âpreté.

Quand quelqu’un nous quitte, on le regrette toujours. Surtout lorsqu’il s’agit de Mélenchon, et qu’on le connaît suffisamment pour savoir que c’est un type bien. Mais on se réjouit dans la minute qui suit en constatant que, bien heureusement, ils sont ultra-minoritaires ceux qui claquent la porte du 10 rue de Solferino.

Je me laissais aller à parler du rêve socialiste au début de mon billet. Je persiste. Alors que l’on croyait ce parti ankylosé, définitivement soumis au diktat médiatique et sondagier, voilà qu’il s’apprêterait presque à faire mentir les observateurs bien-pensants de la vie du PS : « Repliez les gaules, Ségolène a gagné ! » assénait-on aux militants dans les jours qui précédaient ce congrès. C’était oublier ce qu’est un parti politique : une organisation faite d’hommes et de femmes qui s’efforcent de bâtir une analyse politique, et pas de refaire le JT de TF1 de la veille !

C’est sur ce parti-là que je veux que l’on s’appuie pour mener les combats politiques qui viennent. Un parti qui sait où il habite – à gauche – , où il veut aller – à la victoire – et pour quoi faire – changer les conditions sociales de ceux qui ont tant besoin de la gauche dans leur vie quotidienne.

Je ne sais pas ce que donnera le vote de jeudi et de vendredi pour désigner notre futur(e) Premier secrétaire. Mais ce que je sais déjà, c’est que c’est d’une certaine idée du Parti socialiste dont il sera question. Comme dirait Ségolène, je ne crois pas en la magie d’une proposition politique élaborée tout seul dans son coin. C’est pourtant ce dont il est question lorsqu’elle soutient le projet d’un parti de supporters : le chef parle, les supporters applaudissent. Je crois au contraire en l’intelligence collective de militants qui partagent une analyse politique, sociale, historique de la société dans laquelle nous vivons et que nous voulons participer à changer.

C’est pour cela que je me suis engagé de toutes mes forces aux côtés de Martine Aubry. Avec elle, je crois que ce parti qui compte tant de talents, peut se remettre au travail pour parler enfin aux Français de ce qui les intéresse vraiment : leur vie. C’est pour cela aussi que je suis fier d’être un militant du Parti socialiste.

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