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Interview dans France-Soir

Claude Bartolone soutient Martine Aubry

header_francesoir.jpgPropos recueillis par Anita Hausser

A quelques jours du Congrès de Reims, le secrétaire national du Parti socialiste, soutient Martine Aubry mais n’exclut pas de passer des alliances au sein du PS.

France-Soir. Jeudi, les militants socialistes sont appelés à se prononcer sur les différentes motions pour tenter de dégager une majorité et donc une direction du parti. Vous faites partie des Reconstructeurs, rangés derrière Martine Aubry. Qu’est-ce qui fait aujourd’hui son originalité ?

CLAUDE BARTOLONE. Les militants ont le choix entre trois options différentes : les deux premières sont représentées par les motions de Bertrand Delanoë et de Ségolène Royal. Elles sont marquées par la volonté de soumettre le Parti socialiste au rythme de l’élection présidentielle ; ces projets s’inscrivent dans l’idée qu’il faut s’accommoder du système pour gagner l’élection présidentielle. L’autre option portée par la motion de Martine Aubry est de refaire du PS un outil de résistance et d’opposition à la politique de Nicolas Sarkozy, et aussi le lieu où peut se penser et se préparer un projet alternatif par rapport au système du capitalisme financier que l’on voit s’effondrer. Une des forces de cette motion, c’est le rassemblement autour d’elle de personnalités comme Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn ou Arnaud Montebourg qui ont surmonté les divisions qui ont plombé le PS depuis vingt ans.

J’ajoute que le texte de Martine Aubry est certainement le seul qui a su, au lendemain de la crise des subprimes, trouver les réponses pour tenir compte de ce que cette crise pourrait avoir comme conséquences en France, jumelées avec la politique économique et sociale menée par Nicolas Sarkozy et son gouvernement. Exemple : elle prévoit de décourager les licenciements boursiers en faisant payer aux entreprises qui en ont les moyens le reclassement de salariés et la recréation d’emplois ; c’est la seule motion qui interdit la détention de stocks options aux principaux dirigeants d’entreprises qui les détournent de leurs objectifs initiaux et de les réserver aux jeunes entreprises en croissance où elles sont vraiment utiles ; elle prévoit de limiter les parachutes dorés à des montants définis par les conventions collectives et de les soumettre aux mêmes prélèvements sociaux que les salaires. Or ni la motion de Ségolène Royal ni celle de Bertrand Delanoë n’abordent les parachutes dorés, les stocks options, ou les licenciements boursiers, et aucune ne parle du nouveau rôle du FMI. Bertrand Delanoë traite la crise financière à la marge dans un chapitre sur l’Europe…

Cela exclut-il tout rassemblement avec eux ?

Je ne dis pas cela, mais il faut que la ligne politique fasse les alliances et non les alliances qui déterminent de temps en temps la ligne politique, comme cela a été le cas depuis dix ans. Nous voulons un rassemblement dans la clarté de ceux qui veulent un parti de gauche, de ceux qui veulent une alternative au système actuel ; nous voulons un projet et non pas une organisation rangée derrière un candidat ou une candidate. Les deux dernières élections présidentielles ont parfaitement montré qu’il ne suffit pas d’avoir un candidat qui soit un homme d’Etat ou une femme populaire pour rassembler la gauche et gagner.

Quelle votre réaction à l’annonce du gel du changement de statut de La Poste ?

Sur le fond, je suis très heureux que le gouvernement se soit rendu compte que dans cette période de crise, ce n’est pas le moment de brader un bien des Français. J’espère que nos gouvernants vont profiter de cette pause pour abandonner à tout jamais l’idée de privatiser cette entreprise indispensable en terme d’emploi, d’aménagement du territoire et de service public. Sur la forme, je trouve incroyable qu’une nouvelle aussi importante soit annoncée par un collaborateur du président de la République, ce qui donne une nouvelle fois une idée de la manière dont Nicolas Sarkozy veut faire fonctionner nos institutions.

Edition France Soir du lundi 3 novembre 2008 n°19944 page 7

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