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Oublions le «star-système»


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Propos recueillis par Bernard Mazières | 07.10.2008, 21h29
PARISIEN.FR : LE RENDEZ-VOUS POLITIQUE DU MERCREDI

Retrouvez ici la vidéo de l’interview

Député socialiste et président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone a signé avec Laurent Fabius la motion « Aubry » en vue du prochain congrès de Reims.

Face à la crise financière, l’Union européenne est-elle efficace?
CLAUDE BARTOLONE. Ce n’est pas le bon qualificatif! L’UE est encore entravée par trop d’organisations. Quand on voit le manque de gouvernance politique pour faire un duo efficace avec la Banque centrale européennee (BCE), quand on voit la politique qui est celle de la Banque européenne d’investissement (BEI) qui ne fait pas face à ses obligations pour investir massivement dans l’ensemble de l’économie de demain (énergie, logement, recherche…), on se dit que l’Europe est vraiment mal équipée pour traverser cette tempête.

C’est cette Europe que les fabiusiens avaient dénoncé en votant non au traité constitutionnel?
Je ne reviens pas sur le passé. Je pense que nous sommes rentrés dans une crise sans précédent, dans un nouveau monde, dans un stade du capitalisme financier qui exigent des réponses nouvelles. C’est pour cela qu’avec Martine Aubry nous essayons de rassembler les socialistes au-delà de leurs divisions passées pour apporter les réponses nouvelles à ce monde nouveau qui, chaque jour, éclôt devant nous.

Pour vous, l’Europe n’est pas à la hauteur, c’est le chacun pour soi. En France, Nicolas Sarkozy est-il à la hauteur du défi ?
Au niveau de la présidence européenne, il fait ce qu’il peut : ce serait absurde de le nier. Mais dans quel état est cette Union? On n’entend pas la Commission européenne! En ce qui concerne la France, après la crise des subprimes, la crise financière et bancaire, il ne faut pas que s’ajoute une crise économique. Or là, Nicolas Sarkozy n’apporte pas les réponses attendues.

Y-a-t-il des réponses de droite ou des réponses de gauche à cette crise ?
En tous cas, il y a des réponses de gauche. Pour tous ceux qui ont des problèmes, ce système de l’argent fou, de l’argent roi, ne peut pas continuer. Exiger 15% de profit, quelles que soient les conséquences économiques, sociales, environnementales sans se préoccuper de l’avenir, cela devait fatalement finir dans le mur. C’est une crise excessivement grave de ce type de capitalisme.

Face à cette tempête, la classe politique n’aurait-elle pas dû s’unir pour rasssurer les Français ?
Il n’a jamais été question de cela de la part du président ou du Premier ministre. Quand Sarkozy ou Fillon en appelle à l’union nationale ce n’est pas d’union nationale dont il est question, c’est de reddition. Ils disent à la gauche ne parlez plus, ne proposez plus et soutenez le gouvernement. Ce n’est pas acceptable d’autant que les mesures proposées par le gouvernement sont de mauvaises mesures. Aujourd’hui, face à la tempête, ils veulent privatiser la poste! Est-ce vraiment d’actualité? Ils veulent encore diminuer les moyens des communes les plus pauvres. Est-ce le rôle de la gauche de faire alliance avec le gouvernement sur ce type de propositions? Bien sûr que non! Le président n’a jamais demandé à nous consulter pour confronter nos solutions.

Mais la gauche n’est plus vraiment audible aujourd’hui…
Elle va le devenir de plus en plus. Sarkozy alimente une politique qui nous met dans le mur. Son action n’est pas bonne pour le pays. En aôut, le chômage a augmenté et ce n’est pas dû à la crise de septembre. Sarkozy et son gouvernement ont dilapidé toutes les cordes de rappel qu’aurait pu avoir l’économie française. Je pense aux 15 milliards de cadeau fiscal fait aux plus riches à un moment où il faudrait injecter massivement de l’argent pour soutenir la consommation des ménages.
1,5 milliard d’euros pour financer la RSA, cela paraissait être une mission impossible. Aujourd’hui, ce sont des dizaines de milliards que le gouvernement injecte pour enrayer cette spirale infernale. Les Français ne comprennent pas très bien.
Le pouvoir agit dans l’urgence, quitte à laisser filer le déficit. La parole politique de la majorité en prend un coup.

Etes-vous pour un assouplissement des critères de Maastricht?
Oui. mais pas n’importe lequel. Et d’ailleurs c’est prévu dans le traité en cas de situation exceptionnelle. Et aujourd’hui c’en est une. Pour l’heure, on a l’impression que chacun veut s’affranchir des critères de Maastricht, mais pour reporter les dettes sur les générations à venir.

Les 14, 15, 16 novembre, c’est le rendez-vous du Congrès de Reims. Est-ce le moment pour les socialistes d’afficher leurs divergences à travers six motions différentes ?
On ne va pas se déchirer, mais s’exprimer. La gauche est de retour. Quand on voit les deux textes, celui de Delanoë et celui d’Aubry, qui pourrait donner naissance au prochain premier secrétaire, il y a des différences. Notamment d’accompagnement de la crise.

Mais, vous le savez, on va reprocher au PS d’être incapable de parler d’une seule voix alors que la situation est grave.
Chaque fois que le PS a payé un lourd tribut électoral, c’est lorsque l’opinion publique a eu l’impression que les socialistes n’avaient rien à dire. Le débat du Congrès permettra de faire rejaillir une parole socialiste avec des propositions qui concernent le quotidien des Français et de l’Europe. Il y a une manière de gauche et une manière de droite d’affronter la crise, nos concitoyens vont s’en apercevoir. Notamment en ce qui concerne la régulation et le retour de l’Etat.

Dans cette préparation du Congrès, le « TSS » (Tout sauf Ségolène) va-t-il remplacer le « TSF » (Tout sauf Fabius) ?
Non! Heureusement, les militants sont de plus en plus sensibles à l’idée de dire « Arrêtons avec cette personnalisation du débat ». Oublions le moi et donnons une chance aux idées permettant l’apparition d’un collectif. Avant de savoir qui sera le (ou la) chef, il faut savoir quelle équipe il (ou elle) veut rasssembler, comment en finir avec les divisions du passé.

Les fabiusiens ne sont donc plus des pestiférés ?
J’ai le sentiment qu’avec la crise bon nombre de militants socialistes sont en train de redécouvrir la valeur et le poids d’un homme d’Etat comme Laurent Fabius. Il a su dénoncer, et souvent le premier, les vrais problèmes que rencontrent aujourd’hui les Français et les Européens. Quand on a un responsable politique de cette qualité, tout ce qui relève du star-système et du people est oublié par les militants socialistes.

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