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Inauguration de la structure Errance

Inauguration de la structure Errance
19 juin 2008
Intervention de Claude Bartolone

Madame le Maire,
Monsieur le Vice-président du Conseil Général,
Monsieur le Conseiller général,
Mesdames et Messieurs les Directeurs,
Chers Amis,

C’est avec plaisir et une certaine fierté que j’inaugure avec vous cette nouvelle Circonscription Spécialisée d’Accueil des Publics en Errance. Fierté, parce qu’avec cette structure, le Département de la Seine-Saint-Denis a mis en place un dispositif innovant, un des premiers en France de cette nature. Cette circonscription non seulement répond à un réel besoin de la part des publics en errance – j’y reviendrai – mais en plus elle correspond parfaitement aux missions qui sont au cœur des compétences des Conseils généraux : la solidarité et la mise en cohérence de l’action sociale.

Je tiens à le souligner à l’heure où certains beaux esprits voudraient supprimer les départements, notamment en Île-de-France. Pour la solidarité et l’action sociale, le département est le bon niveau pour agir. Les publics en errance n’ont plus d’adresse, ou des adresses multiples ; ils n’ont pas d’attache particulière avec telle ou telle ville ; ils n’entrent pas dans les cadres habituels de l’action sociale. Ils sont souvent refusés partout ailleurs. D’où la nécessité d’une structure départementale spécifique qui les prenne en charge. En plus, sans stigmatiser personne, nous savons bien que certaines municipalités ont la tentation de rejeter la misère et les difficultés sociales à leurs portes. A l’heure de l’égoïsme territorial, le Département de la Seine-Saint-Denis rappellera chacun à ses obligations. Il sera attentif à ce que les personnes les plus fragilisées ne soient pas, de surcroit, les victimes de l’irresponsabilité de certains. La solidarité sera une de nos grandes priorités.

Je voudrais saluer et remercier Mathilde Sacuto, la Directrice de la Prévention et de l’Action sociale et Chantal Goyau, Chef du Service social. Je voudrais aussi féliciter pour le travail déjà accompli et apporter tous mes encouragements à ceux qui font vivre cette structure : Madame Dominique Darce, la responsable ; les deux assistants sociaux, Lionel Verna et Lorène Gotte ; ainsi que les deux secrétaires. Je sais leur motivation, leur dévouement et leur enthousiasme. Lorène Gotte, ne peut être avec nous aujourd’hui – elle profite de quelques jours de repos au Maroc – mais je sais qu’elle aurait aimé assister à cette inauguration. Je voudrais également remercier le Conseil régional qui a cofinancé cette circonscription.

La Circonscription Spécialisée d’Accueil des Publics en Errance reçoit des personnes venant de l’ensemble de la Seine-Saint-Denis après orientation par les autres circonscriptions de service social. Ces personnes sont à tout point de vue des accidentés de la vie, mais ce ne sont pas des SDF au sens où on l’entend ordinairement. La majorité des personnes accueillies ici sont des femmes avec enfant. Sont également reçus des couples avec enfants, et seulement une petite minorité de personnes isolées.

Dans la galère, temporairement ou plus durablement, le plus souvent sans emploi, les personnes accueillies ici arrivent en général au terme d’un long processus de désocialisation. Ils ont besoin d’aide pour se réinstaller dans la vie. Et c’est ce qu’ils trouvent ici. Bien entendu, il faut généralement commencer par traiter l’urgence, c’est-à-dire leur trouver une solution d’hébergement, en collaboration notamment avec le 115. Une fois ce premier moment passé, le dialogue s’installe avec l’équipe pour tenter de les stabiliser et de les sécuriser, en partenariat avec les lieux d’accueil de jour et les structures d’hébergement. Bien souvent, il faut aussi permettre l’ouverture de droits, à commencer par le droit à la santé. L’objectif est de leur permettre progressivement de reconstruire leur existence pour retrouver à terme une vie plus ordinaire.

Ici, les femmes reçues ont souvent subies des violences. Les enfants sont dans une situation de grande souffrance. Ils sont trop souvent en rupture de scolarisation, faute de disposer d’un logement stable. Ces beaux locaux dans lesquels nous nous trouvons sont pour eux une sorte de havre de tranquillité et de sécurité où ils peuvent, pendant quelques heures, se sentir un peu protégés, avec l’attention bienveillante de l’équipe. On m’a raconté que la première chose que faisait les jeunes enfants quand ils arrivent ici, c’est tout simplement de courir. Souvent entassés dans des logements exigus, dans des chambres d’hôtel inadaptées aux familles, ils n’ont pas l’habitude de disposer d’un peu d’espace. Triste société et triste époque que la nôtre où le simple fait de courir est pour des enfants un luxe rare.

Et malheureusement, nos statistiques comme l’expérience des agents du département le confirment, ces publics en errance sont en forte augmentation. Ici, on prend le pouls d’une société où la paupérisation des couches populaires et d’une partie des couches moyennes est en marche.

Président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis, je prendrai toutes mes responsabilités face à cette situation. Vous le savez, j’ai fait du développement économique une des grandes priorités de ma mandature. Parce que sans emplois, c’est-à-dire sans entreprises performantes, rien n’est possible. Mais à l’autre bout de la chaîne, il faut épauler les populations les plus fragilisées. C’est ce que nous faisons ici et que nous continuerons de faire avec exigence, générosité et détermination.

Je vous remercie de votre engagement, de votre présence aujourd’hui et de votre attention.

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