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Présentation du plan "jeunes enfants"

Discours de Claude Bartolone
Présentation du plan départemental
pour l’accueil des jeunes enfants
Bobigny, jeudi 5 juin 2008

Mes chers collègues,
Mesdames et Messieurs,

Nous passons au 4e point de l’ordre du jour. Un point qui, d’une certaine manière, vient ponctuer l’échange que nous avons depuis le début de cette séance. Dans la situation d’endettement dans laquelle se trouve notre collectivité, dans un contexte de désengagement massif de l’Etat, dans un département qui a de tels besoins sociaux, j’ai la conviction que le fruit de l’impôt doit être dédié à l’essentiel. Voilà l’objet de cette séance.

Une séance qui ressemble à ces moments un peu particuliers qui mêlent l’impression d’aboutissement à celle de commencement.

– Aboutissement parce qu’il est toujours exaltant de voir se réaliser un projet auquel on croit et sur lequel on a beaucoup travaillé. Je rends un hommage appuyé à l’engagement de Jean-Pierre Tourbin, le président de la Caisse d’Allocations Familiales de Seine-Saint-Denis. Sans son concours, je crois que rien de tout cela n’aurait été possible. Laissez-moi saluer aussi le travail remarquable réalisé par Claude Roméo, et lui adresser un clin d’œil : Monsieur le directeur, voilà un beau baroud d’honneur. Je remercie enfin mon vice-président Pascal Popelin, qui a coordonné avec beaucoup d’enthousiasme les orientations que j’ai définies dès mon discours d’investiture, le 20 mars dernier.

– Aboutissement, disais-je, mais aussi commencement. Nous posons aujourd’hui la première pierre d’un projet bien plus large qui se donne une ambition, celle de changer la vie des habitants de la Seine-Saint-Denis. Voilà notre premier rendez-vous.

Mes chers collègues, Mesdames et Messieurs, par le biais de ce plan de relance de l’accueil de la petite enfance, nous allons agir pour le pouvoir d’achat ; nous allons favoriser l’emploi ; nous allons faciliter la vie de ces habitants de la Seine-Saint-Denis qui, plus que jamais, ont besoin de l’intervention publique.

Que proposons-nous à nos concitoyens ?

– D’abord, un objectif ambitieux. Le cap est fixé ; nous voulons créer 3 500 places pour l’accueil des tout petits d’ici à trois ans.

– Ensuite, des moyens massifs. Avec 7,5 millions d’euros en crédits d’investissement, et plus de 11 millions d’euros par an pour le fonctionnement ; avec un renforcement inédit de notre partenariat avec les communes, nous avons souhaité traduire une priorité politique en priorité budgétaire.

– Enfin, des outils innovants. Nous créons une aide nouvelle en direction des familles qui veulent recourir à une assistante maternelle, l’ADAJE. Nous généralisons le multi-accueil dans les crèches départementales ; nous étendons les expériences de micro-crèches et nous renforçons le soutien aux crèches d’entreprises.

Bref, nous avons décidé de voir grand pour les plus petits.

Mes chers collègues, derrière ce grand programme d’action autour de la petite enfance, vous pouvez aussi apercevoir, en pointillés, le rôle que je souhaite donner au Conseil général de la Seine-Saint-Denis : « facilitateur de vie » et « accélérateur de réussite ».

« Facilitateur de vie », d’abord. Je veux que le Département contribue à faciliter la vie de nos concitoyens, à la rendre plus simple, plus pratique.

La politique, ce n’est pas seulement d’imaginer ce que seront la France ou la Seine-Saint-Denis d’ici un ou deux siècles ! C’est naturellement nécessaire ; ce n’est jamais suffisant. Nos concitoyens attendent de nous des réponses précises et concrètes à des problèmes immédiats. Et parmi ces problèmes, l’accueil du jeune enfant.

Qui n’a pas près de lui, des connaissances, de la famille, des amis qui décrivent le bonheur que peut représenter l’arrivée prochaine d’un enfant, tout en soulignant l’angoisse qui les étreint lorsqu’ils se demandent comment concilier leur vie professionnelle avec la garde de leur bambin ?

Quel élu présent dans cette salle n’a pas rencontré dans ses permanences un couple, un parent isolé, totalement désemparés face à un, deux ou trois refus successifs ?

Il ne faut pas se cacher la réalité, faire garder son enfant s’apparente souvent – trop souvent – à un casse-tête. Dans notre département, malgré la création d’un millier de places en accueil collectif depuis 2004, seulement 15% des demandes potentielles sont satisfaites, loin derrière les autres départements de la petite couronne. Par ailleurs, les places proposées en accueil individuel par les assistantes maternelles agréées ne compensent pas ce déficit de places, principalement pour des raisons de pouvoir d’achat des familles.

Ajoutons que dans les vingt ans qui viennent, la population de la Seine-Saint-Denis va augmenter de 10%. Nous avons décidé de ne pas attendre deux décennies avant d’agir.

Dès le 1er septembre, les familles bénéficieront d’une aide directe du Département pour recourir à une assistante maternelle agréée. Nous l’avons baptisée ADAJE : allocation départementale pour l’accueil du jeune enfant. Avec cette mesure, nous allons rapprocher le coût d’une assistante maternelle de celui d’une place en crèche.

C’est une petite révolution dans le domaine de la petite enfance. C’est aussi un soulagement pour le porte-monnaie des familles : 50 à 120 € de plus à la fin du mois, par enfant, voilà qui est bon pour le pouvoir d’achat.

Mais l’idée n’est pas simplement d’aider les parents qui ont déjà la chance de bénéficier d’une assistante maternelle ; il faut aussi en faire profiter de nouvelles familles. Nous parlerons donc à voix haute. Dès demain, une campagne d’information fleurira nos rues, nos journaux, nos transports collectifs et nos écrans de télévision.

Je le répète, je veux que le Conseil général soit un « facilitateur de vie ». 3500 places supplémentaires pour accueillir les bébés : voilà notre premier signal pour répondre à cette ambition.

« Facilitateur de vie », mais aussi « accélérateur de réussite ». Car derrière la question de l’accueil du petit enfant, se cache plus largement celle des conditions de la réussite en Seine-Saint-Denis. Pour grossir le trait, je dirais que la place en crèche est créatrice d’emploi.

– L’emploi pour ces jeunes couples ou ces parents isolés. Expliquez-moi comment parcourir les annonces, faire acte de candidature, se rendre à un entretien d’embauche lorsque l’on n’a pas la chance de pouvoir faire garder ses enfants ?

J’ai donc souhaité qu’une attention particulière soit portée à l’examen des demandes formulées par celles et ceux de nos concitoyens qui sont engagés dans un processus d’accès ou de retour à l’emploi.

– L’emploi pour ces couples, tout aussi nombreux, qui vivent à 100 à l’heure, qui ont une vie professionnelle trépidante, épanouissante, mais dont la problématique de la garde de leur enfant peut être un véritable frein à la progression.

Aux uns et aux autres, à tous, qui incarnent le vrai visage de notre département, je veux dire qu’ils peuvent compter sur le Conseil général.

A eux, mais également aux autres. Ce dont il s’agit, c’est aussi de préparer l’avenir. Chacun l’observe, notre département prend son envol. De nouvelles populations nous rejoignent, de nouvelles entreprises s’installent, des pôles d’excellence se dessinent.

Ces habitants de demain, il ne faut pas les regarder avec curiosité ou avec crainte. Il faut au contraire leur souhaiter la bienvenue, en attirer d’autres encore en leur disant : vous faites le bon choix ; ici vous pouvez trouver la place en crèche puis l’école de la réussite pour vos enfants ; ici vous pouvez trouver la solidarité à chaque coup dur ; ici vous pouvez trouver une immense richesse culturelle ; ici vous pouvez trouver un service public départemental de qualité.

Car l’avenir du service public départemental, c’est aussi de cela dont il est question. J’ai la conviction que rien ne sera possible en Seine-Saint-Denis sans un service public préservé et encore plus conquérant.

Nous ne vivons plus comme au siècle précédent. La Seine-Saint-Denis du 21e siècle, c’est une vie qui n’est plus linéaire. Les uns et les autres, nous avançons par séquences.

Devant cette société qui évolue, devant ces modes de vie qui changent, devant ces nouveaux besoins qui émergent, le service public doit aller de l’avant.

Avec la diversification des modes d’accueil, nous allons répondre à cette ambition. Je visitais il y a quelques semaines la crèche départementale « Saint-Stenay » à Drancy, l’une des 5 à avoir fait le choix du multi-accueil. Voilà une réalisation très convaincante. Lorsqu’on a la chance d’observer des parents comblés, des agents satisfaits et, au-delà de tout, des enfants heureux, il ne faut pas bouder son plaisir.

Le bonheur et l’équilibre des enfants de la Seine-Saint-Denis n’auront pas de prix. Nous allons donc généraliser le multi-accueil dans les crèches départementales. Dès le 1er septembre, 12 crèches supplémentaires s’inscriront dans ce projet.

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de « faire du chiffre », comme on dit ! Ce que nous voulons, c’est répondre à toute la palette des besoins et mettre au cœur de ce dispositif l’exigence de qualité. Il ne s’agit pas non plus de décréter, d’imposer. Tous les personnels concernés seront étroitement associés à la définition du projet éducatif et à la mutation de leur établissement. Je veux qu’ils en soient les reconstructeurs.

Avec la même volonté d’innover, nous allons aussi soutenir les projets de micro-crèches et de crèches d’entreprises.

Un grand appartement ou une grande maison reconfigurés pour l’accueil, l’éveil et la sécurité de l’enfant, trois assistantes maternelles agréées, neuf enfants : voilà ce que l’on appelle une micro-crèche. D’ici la fin de l’année, nous allons soutenir dix projets innovants de ce type. Nous veillerons ensuite à ce que les projets de micro-crèches soient systématiquement intégrés aux opérations de renouvellement urbain.

Nous voulons aussi encourager les projets de crèches d’entreprises. Les encourager, certes, mais tout en encadrant notre intervention. Nous ne soutiendrons les projets que lorsqu’ils toucheront effectivement les enfants de salariés domiciliés en Seine-Saint-Denis.

Mes chers collègues, Mesdames et Messieurs, vous le voyez bien, à travers ce grand programme sur la petite enfance, j’ai souhaité utiliser le microscope et la longue-vue. Le microscope pour répondre dès aujourd’hui à un problème concret. La longue-vue pour préparer l’avenir de notre département, le nôtre et celui de nos enfants.

C’est la raison pour laquelle je soumets au vote de notre assemblée ce plan de relance pour l’accueil de la petite enfance.

Bien sûr, nous aurions pu faire davantage encore ! Mais je peux difficilement vous cacher mes inquiétudes quant à la situation de nos finances.

Disons les choses clairement, nous sommes un département endetté, et qui dans le même temps, a besoin de financements massifs pour préparer son avenir et celui de ses habitants. De ce point de vue, ce ne sont pas les dernières déclarations de Madame la Ministre de l’Intérieur qui vont contribuer à nous rassurer. C’est pourquoi, chaque euro dépensé doit être un euro utile.

Les uns et les autres, de gauche à droite, nous aimons notre département et nous voulons qu’il grandisse.

En maitrisant nos finances, et en concentrant l’essentiel de nos forces sur l’accueil de la petite enfance aujourd’hui, le collège de la réussite demain, l’action pour le développement durable et économique, pour l’emploi et la sécurité, je suis convaincu que nous allons réussir à apporter des réponses concrètes pour améliorer la vie de nos concitoyens.

Je vous remercie.

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