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Discours lors du congrès départemental de la FCPE

CONGRES DEPARTEMENTAL
DE LA FCPE DE SEINE SAINT DENIS
Samedi 31 mai 2008 – Les Lilas

Monsieur le Maire, Cher Daniel GUIRAUD,
Madame la secrétaire générale adjointe de la FCPE,
Monsieur le Président du Conseil départemental de la FCPE,
Mesdames, Messieurs, chers amis,

C’est avec un grand plaisir et un réel intérêt que j’ai répondu à votre aimable invitation tant je considère la fonction de parent d’élève comme essentielle.

– Essentielle, d’abord, la fonction que doivent assumer les parents « tout court » pourrions-nous dire, qui consiste à veiller, sinon à assurer, le développement le plus harmonieux possible de leurs enfants, tant au plan physique et matériel, qu’affectif et moral.

Pour évidente que paraisse ainsi la fonction parentale, elle n’en est pas moins difficile à assumer. Plus ou moins difficile d’ailleurs, suivant les situations ; c’est le cas notamment lorsque le père – et plus souvent la mère – se retrouve seul (e) à élever ses enfants. -« les pères de famille, ces grands aventuriers du monde moderne » disait déjà Charles Péguy (1) – A l’époque, la parité n’était pas vraiment de mise, et sans doute le terme générique de « pères de famille » désignait-il aussi les mères dans l’esprit du grand écrivain Dreyfusard.

– Mais essentielle aussi, la fonction de parent d’élève, c’est-à-dire d’une part, l’implication des parents dans le suivi de la scolarité de leur enfant, source stimulante de réussite scolaire, comme, d’autre part, leur participation à la vie de l’école, dans le juste respect des rôles de chacun des acteurs éducatifs.
Dans notre département, cette implication et cette participation des parents d’élèves, loin d’être négligeables se révèlent, vous le savez, inégales par endroit.

La bonne marche de l’école et la réussite scolaire appellent le dialogue et le concours de tous, parents d’élèves, enseignants, collectivités territoriales, associations. A la place qui est la mienne et dans le cadre des domaines d’intervention du Conseil général, j’entends encourager ce dialogue et l’action partenariale.
L’une de mes priorités – j’ai eu notamment l’occasion de l’évoquer avec Monsieur le Recteur de l’Académie de Créteil et Monsieur l’Inspecteur d’Académie de notre département – consistera en l’instauration d’un cadre de vie scolaire sécurisant pour nos collégiens. Nous saurons, à cette fin, mobiliser les moyens nécessaires, matériels et surtout humains.

Mise en valeur voici peu, dans un grand quotidien du soir, par les lettres d’élèves du Collège Jean Moulin d’Aubervilliers, la question de la sécurité, de la sérénité à l’intérieur et aux abords des établissements scolaires est de celles qui doivent prioritairement mobiliser nos énergies conjuguées.

Sur cette question, comme sur toutes les autres, je veux vous dire les choses clairement, sans tabou. Je refuse le fantasme catastrophiste autant que je récuse la thèse du « tout-va-bien ». Je me contente d’observer que l’actualité récente nous propose de tristes images : jets d’acide, intrusions dans les établissements, insultes racistes et antisémites, enseignants agressés… J’en passe. Cela, je n’entends pas le tolérer ; nous allons prendre nos responsabilités.

Un environnement serein et sécurisant me semble non seulement une condition indispensable à l’assiduité, au travail, et la réussite scolaires, mais tout simplement un droit élémentaire à respecter et faire respecter pour nos jeunes, un devoir à assumer pour les adultes qui, à des titres divers, ont la responsabilité de les aider à grandir et devenir des citoyens à part entière.

J’ai d’ores et déjà demandé que soit établi un état des lieux des collèges du département sur ce point précis. Après quoi j’initierai un plan de sécurisation pour les établissements où cela s’avérera nécessaire. Il va de soi que ce plan sera conduit en partenariat étroit, avec toutes les parties concernées, à commencer par l’Inspection Académique et les Chefs d’établissements. Je souhaite que les associations de parents d’élèves soient également associées à ce travail.

Dans le même ordre d’idée, je souhaite également qu’aux côtés de l’Education nationale, le Conseil général participe à la prévention des risques de décrochage scolaire, de même qu’à l’encadrement des élèves, malheureusement trop nombreux, temporairement ou définitivement exclus de leur collège.

Si l’institution scolaire est bien évidemment la première concernée par ce phénomène préoccupant, il ne saurait être question, pour moi, de dire ou même de laisser penser que « cela n’est pas notre problème ». Il s’agit tout au contraire de le traiter collectivement, de le prendre ensemble à bras-le-corps, dans le respect, certes, des prérogatives de chacun mais avec le souci partagé du bien commun et le sens des responsabilités collectives.

L’orientation scolaire et professionnelle, je le sais (un tout récent sondage l’atteste encore) est une des préoccupations majeures des parents d’élèves. A juste raison, ceux-ci demandent à être plus et mieux informés.

Une meilleure information des parents d’élèves, et des élèves eux-mêmes, en matière d’orientation, est en effet une condition sinon suffisante du moins indispensable au choix personnel raisonné, et non plus ou moins subi, des intéressés.

Ce souci est le nôtre et nous allons, avec l’aide de nos services, proposer à l’inspection académique de réfléchir à des modalités d’action à mettre en œuvre, dès la prochaine année scolaire, pour que soit diffusée auprès de l’ensemble des parents l’information la plus complète et la mieux adaptée sur l’ensemble des possibilités d’orientation aux différents paliers du cursus scolaire.

Toujours en lien avec le Rectorat et l’inspection académique, mais sans doute aussi avec de nombreux autres partenaires, je souhaite accélérer dans notre département, le développement de l’internat scolaire public. Cette modalité de scolarisation particulière a souvent, dans le passé, rendu de grands services à des enfants de milieux populaires, de même qu’aujourd’hui on s’accorde volontiers à reconnaître les effets positifs de l’internat pour les étudiants de classes préparatoires des lycées parisiens parmi les plus convoités de France.
Ce cadre propice à l’étude, à l’apprentissage de l’autonomie et de la vie en collectivité, je veux que nos collégiens, qui avec leurs parents le désirent, puissent également en bénéficier.

Chacun sait que la réussite scolaire d’un élève doit d’abord, bien sûr, à ce qui se fait dans la classe, sur le temps scolaire, mais aussi à l’étude et aux exercices effectués hors temps scolaire.
C’est la raison pour laquelle je me félicite de toutes les initiatives déjà entreprises en la matière par les municipalités et de nombreuses associations, notamment dans le cadre de la politique de la ville, ainsi que par l’éducation nationale.

Je ne manquerai pas, si le besoin s’en faisait sentir, de conforter voire étendre ces actions d’accompagnement scolaire.

L’aide au développement et à l’amélioration de la scolarisation des jeunes porteurs de handicap, revêt également à mes yeux une grande importance. C’est d’abord, en effet, à sa façon de considérer les plus fragiles de ses enfants qu’on doit mesurer le degré de civilisation d’une société.
Si nous avons dans ce domaine accompli d’indéniables progrès, il reste encore beaucoup à faire. Nous continuerons à y prendre toute notre part.

Cependant soyons clair, sur ce point comme sur tous les autres, notre action n’a nullement vocation à se substituer à celle de L’État.

L’efficacité de nos actions se trouverait sérieusement entravée si, malgré l’opposition grandissante qu’il rencontre, le gouvernement persistait dans ce qu’il faut bien nommer son entreprise de délitement de l’école publique. De ce point de vue, la suppression annoncée de 11200 postes ne pourra qu’accélérer ce processus.

On ne saurait arguer de la démographie pour justifier de telles coupes sombres. Au sujet des postes d’enseignants et des effectifs par classe, on aimerait un recours moins systématique, plus tempéré, à la calculette. Moins d’arithmétique et davantage de sens pratique et de courage politique.

Loin de nous l’idée qu’une baisse démographique ne puisse, en aucun cas, entraîner ici ou là une diminution de postes d’enseignants. Nulle démagogie sur ce point. Nous avons le sens du réel et des responsabilités.
Mais, dans les établissements de la plupart de nos communes de Seine-Saint-Denis, dans les collèges en particulier, ce que devrait entraîner la baisse – au demeurant peu importante – des effectifs scolaires, c’est, à moyens maintenus, une amélioration significative des conditions de travail pour notre jeunesse et ses enseignants.

Notre département a besoin, plus certainement qu’ailleurs, d’une école forte, d’une école, non pas divisée, non pas fragmentée comme celle dont le gouvernement, service minimum à la clé, dessine à présent les contours. Mais une école rassemblée, confiante et inspirant confiance. L’école que nous voulons contribuer à construire ou plutôt à refonder, ne peut tenir debout sur un terrain d’affrontement. Ce doit être une école fière de ses valeurs – au premier rang desquelles la laïcité, principe de concorde lui aussi sérieusement malmené cette dernière année au gré des échappées et révélations présidentielles.

A ceux qui ont également entrepris de jeter la suspicion sur la légitimité des enfants de « sans-papiers » à suivre normalement leur scolarité, nous devons inlassablement rappeler que ce fut toujours l’honneur de la République et de son école, notre école laïque, que d’accueillir tout enfant d’âge scolaire présent sur le territoire français, sans restriction ni distinction, et quel que soit le statut de ses parents.

Parents d’élèves, je souhaite vous associer davantage à la nécessaire réflexion générale sur l’école, sa place dans la Cité, son sens profond, le rôle respectif de chacun des acteurs dans le processus d’éducation et d’instruction de nos jeunes, vos enfants.

Je souhaite porter haut notre ambition collective pour tous ceux qui vivent et travaillent en Seine-Saint-Denis. J’entends que cette ambition s’illustre tout particulièrement dans le domaine de l’éducation et de la formation par le développement d’options d’excellence dans nos établissements scolaires.
Dans cette exigeante et exaltante action pour bâtir la Seine-Saint-Denis du 21ème siècle, nous aurons, je n’en doute pas, à vous retrouver.

Mesdames, Messieurs, chers amis, je vous souhaite une bonne continuation pour vos travaux et un congrès fertile.

(1) Charles Peguy : « Victor Marie, comte Hugo » (Gallimard – La Pléiade ; œuvres en prose complètes, tome 3, p 330)

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