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C. Bartolone répond aux questions de Libération : «Il y a un alignement de la France sur Bush»

Les députés PS, rejoints par leurs collègues PCF et Verts, défendent cet après-midi une motion de censure contre le gouvernement. C’est finalement «l’atlantisme» du Président qui en est l’enjeu, comme le souhaitait Laurent Fabius, et non les questions économiques et sociales. Explications avec Claude Bartolone, députés PS proche de Laurent Fabius, nouveau président du conseil général de Seine-Saint-Denis et prétendant au poste de premier secrétaire du PS.

Pourquoi faire porter la motion de censure sur l’alignement atlantiste du gouvernement et non sur la politique économique et sociale ?
Les socialistes portent l’opposition sur les questions économiques et sociales chaque semaine. Et sur ce point-là, il n’y a pas de nouveauté dans la politique gouvernementale. Alors que sur la politique étrangère, il y a un mouvement. Le consensus habituel sur ces questions est cassé sur le fond et sur la forme. Nicolas Sarkozy croit bon d’annoncer à Londres la nouvelle position de la France et précise à Bucarest le nombre de militaires envoyés en Afghanistan. C’est un drôle de point de vue sur le respect du Parlement. Sur le fond, cette annonce est faite sans évaluer les résultats de la coalition en Afghanistan. On ne peut pas dire que l’engagement a obtenu les résultats escomptés: le trafic de drogue est prospère, le président afghan ne peut pas sortir de sa capitale, les différences entre hommes et femmes réapparaissent. La décision de Nicolas Sarkozy est un mauvais service à rendre à l’attitude de la France à l’international et à nos militaires qui seront confrontés au feu.

Vous dites qu’il n’y a pas de nouveauté sur les questions économiques. Il y a pourtant les économies que veut faire le gouvernement, la rigueur…
Cette rigueur, nous l’avons annoncée avant même que le Président rentre dans le détail. Et le vote des municipales et des cantonales a déjà été un vote de défiance de la politique gouvernementale sur ce point. Compte tenu de la politique du gouvernement, nous étions tous persuadés que ces mesures étaient inéluctables.

D’autres socialistes ont plaidé pour une motion sur l’économie et le social. Laurent Fabius, lui, a défendu une motion sur l’atlantisme du Président. Les débats ont-ils été difficiles ?
Non. Laurent Fabius a expliqué sa thèse, tout simplement. Là, il y a un événement nouveau, un alignement de la France sur Bush, sur un nouvel atlantisme, l’annonce du retour de la France au sein de l’OTAN, l’envoi de soldats supplémentaires en Afghanistan. L’ensemble constitue un point d’aggravation.

Faire porter la motion de censure sur l’atlantisme de Nicolas Sarkozy est-il aussi un moyen pour le PS de s’opposer de façon plus forte et identifiable à la vue de l’opinion ?
Non. Les socialistes ont bien fait entendre la différence de projet économique et sociale qu’ils avaient avec le gouvernement et le Président. Aujourd’hui, une nouvelle orientation en politique étrangère est annoncée. C’est la responsabilité de la gauche de la dénoncer.

Vous attendez-vous à ce que des députés Modem ou des gaullistes de l’UMP, des souverainistes votent la motion ?
Chacun va devoir mettre ses discours en conformité avec ses votes. De nombreux députés de droite ne se sentent pas à l’aise avec la politique extérieure qui n’a rien à voir avec la tradition gaulliste ou le consensus que la France suit habituellement. A eux de choisir s’ils seront silencieux ou s’ils ont le courage de dire que ça ne vas pas.

N’est-il pas difficile pour le PS de voter une motion de censure sur l’envoi de nouvelles troupes en Afghanistan, alors que l’intervention française en Afghanistan a été décidée quand Lionel Jospin était Premier ministre ?
L’envoi de troupes s’est fait dans le cadre de la cohabitation, Lionel Jospin ne décidait pas seul. Mais sept ans après, on est en droit de savoir quels sont les résultats obtenus. Or nous avons un pays en grande partie sous contrôle tribal. Avant d’émettre un signal agréable aux oreilles de Bush, il eu été normal de dire: «Regardons les objectifs atteints». Je ne dis qu’il ne faut pas intervenir en Afghanistan en soi, mais aujourd’hui, il y a très peu d’objectifs atteints.

S’il s’agit d’un quasi échec, Lionel Jospin s’est-il trompé alors ?
Il a eu l’occasion de le dire, cette décision a été prise dans le cadre de la cohabitation. C’est la pratique de nos institutions. Il faut l’avoir à l’esprit. Puis au moment de la décision, beaucoup de choses le justifiaient. C’était après le 11 septembre. Mais avant de savoir s’il faut doubler la mise, il faut faire le bilan. La position du PS n’est pas de dire «Retirons nos armées, et ne participons à aucun conflit». Nous avions assumé la participation à la première Guerre du Golfe.

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