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Phénomène des bandes : “On s’en soucie tout à coup parce que les faits se sont déroulés à Paris”

reuters1.gifMichèle Alliot-Marie annonce un renforcement de la coordination des services de police d’Ile-de-France pour faire face à une résurgence présumée d’une « guerre des bandes » qui se serait déplacée à Paris.

Dans le même temps, le procureur général de Paris, Laurent Le Mesle, prône des sanctions plus lourdes et immédiates envers les délinquants impliqués dans des heurts entre bandes rivales.

Les sanctions « seront non seulement plus lourdes, mais elles devront être aussi immédiates que possible », dit-il dans Le Parisien de jeudi. Il précise que « la circonstance aggravante de ‘réunion’ sera systématiquement retenue » et que « le nouvel arsenal de la loi antirécidive sera appliqué ».

« Notre société évolue et la délinquance évolue comme notre société, il faut essayer d’anticiper, avoir la réactivité maximum », a déclaré pour se part la ministre de l’Intérieur à l’issue d’une réunion avec les préfets concernés.

Michèle Alliot-Marie a cependant souligné que le phénomène n’était pas nouveau, même s’il connaissait un regain actuellement dans la capitale.

« C’est un phénomène que nous connaissons depuis longtemps et qui a des résurgences », a-t-elle dit, soulignant s’en être préoccupée lorsqu’elle était ministre des Sports de 1993 à 1995.

Deux affrontements entre bandes rivales ces dernières semaines à Paris ont suscité une mobilisation des autorités, d’autant qu’ils se sont déroulés dans la capitale, en particulier autour de la gare du Nord.

Dans un troisième cas, les auteurs d’une rixe ont affirmé qu’il s’agissait d’une simple bagarre et non d’une affrontement entre bandes rivales comme l’affirment les policiers.

Selon un rapport des Renseignements généraux publié mercredi, les affrontements entre bandes ont augmenté de 29% au cours des cinq premiers mois de l’année en France par rapport à la même période de 2006. « Mais cette tendance peut très bien s’inverser sur un an », a expliqué un enquêteur.

« LIEUX SYMBOLIQUES »

Le député socialiste Claude Bartolone, ancien ministre de la Ville, a souligné lui aussi que le phénomène n’était pas nouveau, regrettant qu’on s’en soucie « tout à coup » parce que les faits se sont déroulés à Paris.

« On ne peut pas d’un seul coup être sensibilisé à ce phénomène de violences insupportables parce que d’un seul coup ça s’installe dans des lieux symboliques de la capitale et ne pas s’en préoccuper lorsque ce sont les habitants les plus populaires qui sont confrontés à cette violence », a-t-il déclaré sur RTL.

Dans des extraits publiés mercredi dans la presse, les RG s’inquiètent d’un « communautarisme croissant » et évoquent « un retour sensible du phénomène de bandes ethniques composées en majorité d’individus d’origine subsaharienne. »

Notant que ce rapport avait été rédigé avant les récents affrontements, Michèle Alliot-Marie a souligné qu’il n’y avait pas « simplement des bandes ethniques » et que ce document évoquait « une grande diversité » d’origine des membres de ces groupes.

La ministre, qui a fait le point dans la matinée avec les préfets d’Ile-de France, le préfet de police de Paris et le directeur général de la police nationale, a justifié cette réunion par la nécessité de prendre en compte la mobilité de ces groupes venus de banlieue et qui utilisent les transports franciliens pour aller s’affronter sur un « territoire » donné.

Elle a annoncé qu’une coordination « quotidienne et permanente » serait désormais assurée par le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, parallèlement à la création d’une cellule spécifique.

Michèle Alliot-Marie entend en outre organiser chaque mois une « concertation » des préfets sur les violences urbaines et prône une plus grande souplesse d’utilisation des unités de terrain afin d’éviter les problèmes de compétence territoriale.

Dans le même esprit, les informations recueillies grâce à la videosurveillance devront être échangées entre les différents services.