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Claude Bartolone invité du T’chat du Point.fr

logo_lepointfr.gifLe député PS de Seine-Saint-Denis qui refuse de faire campagne pour les législatives sur la base du pacte présidentiel de Ségolène Royal, est notre premier invité socialiste au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy. L’ex-ministre fabiusien répondra à vos questions, à la veille d’une réunion cruciale pour la préparation au PS des législatives.

Question de moderateur :
Dans 30 minutes nous serons avec Claude Bartolone. Posez vos questions, merci.

Question de Nathalie :
Comment analysez votre défaite du 6 mai?

Réponse de claude bartolone :
J’ai encore du mal à l’analyser, c’est vrai que cette victoire nous paraissait presque acquise après les succès remportés en 2004 aux cantonales et régionales, aux élections européennes, ce vote massif de la gauche au moment de la constitution européenne, l’impopularité du gouvernement, la personnalité même de N. Sarkozy, le poids du 21 avril 2002, tout laissait penser que la gauche devait gagner cette élection présidentielle. Et du coup, Nathalie, j’ai du mal à répondre à cette question, il va falloir du temps au PS et à la gauche pour tirer les véritables leçons de cette improbable défaite.

Question de Camal :
Certains militants du PS affirment que « l’offre politique de Sarkozy était plus forte que la nôtre ». Êtes-vous d’accord?

Réponse de claude bartolone :
Je ne suis pas sûr que ce soit une question d’offre politique mais je constate que N. Sarkozy a su relever deux défis sur lesquels ont demandait depuis des années de céder. D’abord le défi de l’organisation d’un parti, fort et organisé, depuis de nombreuses années on laissait entendre que le système des partis était une organisation politique dépassée, il a su faire de l’UMP un parti de conquête du pouvoir qui lui a permis de résister à Chirac et à ses amis et d’être désigné. Deuxièmement, là où on sommait la gauche d’arrêter avec les idéologies, il a assumé lui une idéologie de droite comme aucun de ses prédécesseurs ne l’avait fait.

Question de Maria :
Comment se déroulent les tractations rue Solférino depuis dimanche. Qui va être le leader du PS pour les législatives?

Réponse de claude bartolone :
Je pense que dès lundi, heureusement, l’idée du rassemblement en vue des législatives s’est imposée et j’espère que c’est collectivement avec le 1er secrétaire, que nous affronterons ces législatives qui vont être très difficiles.

Question de HERO :
Bonjour Mr Bartolone, ne pensez-vous pas que le PS doive « crever l’abcès » avant les législatives et organiser un vote du bureau national pour désigner un nouveau secrétaire avant les législatives ? En effet S. Royal ne semble pas vouloir admettre sa défaite, et F. Hollande ne semble pas vouloir reconnaître ses erreurs qui ont conduit à un 3ème échec en 3 tentatives…

Réponse de claude bartolone :
Cela nous ramène à ma première réponse, le temps du débat sur toutes les causes de l’échec viendra. Pour le moment, rien ne serait pire que de donner l’impression qu’après cette élection présidentielle le PS passe plus de temps à se déchirer plutôt qu’à faire bloc.

Question de Valium :
Je suis au PS depuis 1981, et je ne comprends plus la ligne du PS. Entre ce que préconise DSK, « remettre tout à plat » et vos propositions il y a un gouffre. Les militants sont déchirés. Dois-je remettre ma carte ?

Réponse de claude bartolone :
Surtout pas. Qu’il y ait des différences entre nous c’est normal, compte tenu du poids qui est celui du PS au sein de la gauche, il est normal que nous fassions vivre au sein du PS des lignes politiques différentes, le tout étant après un congrès, de réussir à travailler ensemble

Question de Hio :
Vous avez été membre de la direction de la campagne de Ségolène Royal. Comment pouvez vous refuser aujourd’hui de militer pour les législatives, « sur la base du pacte présidentiel de la candidate PS »?

Réponse de claude bartolone :
Il est important de dire aux électeurs que nous tenons compte de leur vote. Si nous souhaitons qu’ils continuent à se déplacer au cours des élections, il faut leur démontrer qu’à l’inverse de Chirac qui n’a su le faire après les cantonales, régionales, européennes, référendum, nous écoutons le poids de leur choix. Ils nous ont battu aux présidentielles, nous ne pouvons pas leur dire au moment des législatives: vous vous êtes trompés et nous vous servons le même programme.

Question de Daniel :
Les échecs du PS ne sont-ils pas dus aux divisions que vous avez sur l’Europe?

Réponse de claude bartolone :
Je ne crois pas. Je pense que si nous connaissons des difficultés c’est que nous n’avons pas su en 2002 analyser correctement ce qu’a été le rôle et l’attitude du parti, de 97 à 2002, et nous n’avons pas su non plus nous interroger sur ce que signifiaient nos victoires des cantonales, régionales et européennes. Chacun pensant après ces victoires qu’il suffisait de désigner n’importe quel candidat pour gagner l’élection présidentielle sans affiner notre idéologie, notre stratégie et notre discours

Question de Kaio :
Ne regrettez vous pas votre non à l’Europe?

Réponse de claude bartolone :
Je le regrette d’autant moins que bon nombre de thèmes que j’ai eu l’occasion de développer avec bon nombre de mes amis et électeurs de gauche, ont été repris largement au cours de cette campagne des élections présidentielles. Au moment des européennes, lorsque l’on parlait du problème des délocalisations, on nous traitait de populistes. Ce coup-ci tout le monde a évoqué ce sujet comme une grande préoccupation et vous avez pu constater que sur la question de la banque centrale européenne, de la parité euro-dollar ou de la 3ème partie de la Constitution, Sarkozy, Royal et même pour une partie Bayrou, ont repris le discours que nous tenions au moment de la constitution européenne.

Question de Brigit :
J’ai du mal à croire que le PS peut se développer en dehors de la social-démocratie, comme en Angleterre et en Europe du Nord!

Réponse de claude bartolone :
Le PS est un parti social démocrate depuis très longtemps. Je ne pense pas qu’il revendique l’accession au pouvoir par la force, je n’ai pas l’impression qu’il refuse l’économie de marché, mais pour autant compte tenu de la crise de la social-démocratie européenne, je crois que c’est un rôle historique pour le PS français de montrer que nous voulons trouver en ce qui concerne la mondialisation, la construction européenne et l’équilibre du modèle économique et social en France, un autre chemin que celui simplement dicté par les intérêts exigés, par les fonds d’investissements et les fonds de pension.

Question de HERO :
Oui mais n’est-ce pas un peu hypocrite vis à vis de vos électeurs cette « unité de façade ? » selon toute logique, la majorité présidentielle de N. Sarkozy gagnera aussi ces élections législatives… Ne serait-ce pas plus sain, juste après le 2nd tour le 17 juin de tout remettre à plat…comme le suggère DSK

Réponse de claude bartolone :
Je ne crois pas… Je vais expliquer ma réponse. Pour moi la société française n’a pas viré à droite ou nous ne pourrions pas expliquer les succès de 2004. Je pense que la société française découvre le zapping électoral. Les électeurs répondent à la question qui leur est posée. Je pense que pour une partie d’entre eux, ils ont trouvé que N. Sarkozy correspondait mieux dans leur esprit au rôle de Président de la République. Pour autant, je ne crois pas qu’ils approuvent son projet idéologique. C’est pour cela que nous devons aller unis à la bataille des législatives pour que les électeurs puissent corriger la ligne de Sarkozy et permettre, s’ils veulent que nous soyons dans l’opposition, une opposition qui soit capable de faire vivre le débat.

Question de bernard :
Vous êtes fabiusien et Fabius est arrivé en 3ème position au primaire du PS. Comment vous allez peser sur les législatives avec une position de minoritaire?

Réponse de claude bartolone :
Vous avez pu constater et je le faisais remarquer tout à l’heure que c’est plus des raisons bureaucratiques qui ont amené Fabius à être 3è de très peu. Regardez combien de thèmes avancés par lui ont été au coeur de la campagne. Le smic et les salaires, l’opposition frontale à la droite, la question européenne, la question du logement social, des services publics et je n’aurais pas la cruauté de rappeler qu’au moment où il souhaitait que le PS inscrive clairement dans son pacte présidentiel qu’en aucun cas il n’y aura d’accord avec l’UDF, le coeur des vierges s’est élevé pour dénoncer ce procès qui était fait, parce que personne au PS ne pouvait envisager une telle alliance.

Question de JL :
La désignation du/de la candidate par les militants était elle une erreur, étant donne que le PS prenait alors le risque à l’automne 2006 d’avoir un candidat qui ne reprendrait pas le programme développé par le parti depuis de longs mois??

Réponse de claude bartolone :
C’est plutôt le calendrier de désignation qui était une erreur, trop de responsables du PS, y compris d’ailleurs son premier secrétaire, ont voulu retarder le plus possible cette désignation, afin de préserver leurs chances d’être désignés. De ce fait nous avons eu un calendrier totalement débile où l’on faisait le projet, sans savoir qui serait le candidat, et où l’on faisait le projet d’une manière suffisamment imprécise pour qu’il colle à n’importe quel candidat.

Question de Mir :
Au soir du 22 avril j’ai lu une déclaration de vous, ou vous pointez « la convergence entre les programmes de Ségolène et Bayrou ». Comment pouvez vous aujourd’hui contester le rapprochement du PS avec les centristes?

Réponse de claude bartolone :
La convergence qui existait c’est sur la pratique institutionnelle et sur l’impartialité de l’État. Et il me semblait normal de nous adresser à tous les électeurs qui n’avaient pas voté Sarkozy, de leur dire, la logique des présidentielles est d’éliminer au premier tour et de choisir au second. S. Royal a bien fait dans un premier temps de jouer cette carte traditionnelle. Ce qui m’a posé et me pose problème, c’est la proposition de ministres UDF, l’idée suggérée que Bayrou pourrait être Premier ministre sans accord programmatique ni accord gouvernemental.

Question de Lionel :
Quel est votre avis sur le nouveau parti de Bayrou. Ne pensez-vous pas qu’il fait un effort pour aller vers la gauche?

Réponse de claude bartolone :
Nous le verrons au soir du 1er tour des législatives. A lui à ce moment de dire s’il veut en finir une bonne fois pour toutes avec son alliance avec l’UMP et de dire à ce moment s’il veut entamer un débat avec la gauche. Je le précise: je suis totalement dans la pensée que résumait Mitterrand de cette phrase: « c’est avec des civils qu’on fait des militaires ». Mais c’est dans la clarté que l’on mène une politique honnête…

Question de Patrick :
Que pensez vous de l’attitude du maire de Lyon?

Réponse de claude bartolone :
Je comprends que le maire de Lyon, G. Collomb, soit sensible aux rapports de forces électoraux qui existent sur sa ville mais ce qui est bon pour Lyon n’est pas bon pour le pays.

Question de Micheline :
Combien de députés du PS vous soutiennent dans votre refus d’une alliance avec Bayrou?

Réponse de claude bartolone :
Ce n’est pas une question de députés, mais une question de parti politique. Jusqu’à présent et notamment au moment de notre dernier congrès politique au Mans, personne n’a mis en avant l’idée d’un accord politique avec l’UDF. Et d’ailleurs, la direction du PS et la direction de la campagne de S. Royal ont fait distribuer pendant la présidentielle des dizaines de milliers de prospectus, auto-collants, journaux, pour expliquer que Bayrou était l’autre visage de la droite… La politique demande aussi de la cohérence.

Question de Noo45 :
Si vous refusez l’alliance avec le centre, avec qui le PS doit composer?

Réponse de claude bartolone :
Vous avez pu constater que la gauche sans alliance avec le centre a gagné les cantonales, régionales et les européennes. Ce qui est quand même la démonstration que lorsque la gauche a quelque chose à dire aux Français, elle peut être majoritaire dans le pays…

Question de maxime :
NS est arrivé en tête dans 372 des 577 circonscriptions, comment pouvez-vous renverser la tendance ?

Réponse de claude bartolone :
Je l’indiquais dans une des précédentes questions, je crois qu’il y a une partie de l’électorat qui a voté Sarkozy parce qu’il leur semblait mieux correspondre à ce que devait être un Président de la République. Pour autant, je pense qu’ils sont nombreux à vouloir corriger son projet idéologique.

Question de jeunet :
J’ai lu sur le site du Point qu’il y a déjà un conflit entre Mme Filipetti et un autre pour une circonscription de Meurthe-et Moselle. Ne pouvez-vous pas faire l’économie de tels conflits dans l’état où se trouve le PS ?

Réponse de claude bartolone :
Désigner des candidats après une défaite électorale est toujours compliqué, chacun ayant le sentiment que ses qualités personnelles pourront lui permettre de compenser le mauvais score politique de son parti.

Question de Bazile :
Il semble que Ségolène veut se présenter aux législatives pour être présente à l’assemblée et diriger le PS, et cela malgré le cumul des mandats? Votre avis?

Réponse de claude bartolone :
Elle vient d’annoncer à l’AFP qu’elle ne serait pas candidate aux législatives.

Question de Pierrot :
C’est quoi cette réunion cruciale qui doit se tenir demain?

Réponse de claude bartolone :
C’est la réunion du parlement du parti, le conseil national, il est normal qu’à la veille des législatives nous puissions réunir cette instance pour valider les dernières candidatures et retenir la plateforme électorale que nous allons présenter aux Français au cours des législatives.

Réponse de claude bartolone :
Merci pour vos questions.