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Marianne : « François Bayrou est un prestidigitateur »

marianne.jpgLe député Claude Bartolone, proche de Laurent Fabius, revient sur les débats qui agitent le PS sur la meilleure façon de contrer François Bayrou.

Des dissensions ont éclaté au sein du PS suite aux propos de Dominique Strauss-Kahn dans Le Monde au sujet de François Bayrou. Vous n’êtes pas d’accord avec lui…
Claude Bartolone : Les dissensions proviennent du fait que les déclarations de DSK laissent penser que François Bayrou pourrait rejoindre un gouvernement de gauche. Or à un moment où les électeurs réclament de plus en plus de morale, d’honnêteté et de clarté, il faut éviter ce genre de confusion. Quand DSK dit qu’il faut créer un front anti-Sarkozy, ça ne va pas. Pour Ségolène Royal et Laurent Fabius, il faut bien expliquer pourquoi nous voulons battre Sarkozy. On ne peut pas marier l’eau et le feu. Nous ne voulons pas rassembler tous ceux qui sont contre Nicolas Sarkozy : nous rassemblons sur un projet, le Pacte présidentiel, qui est de gauche. Au premier tour, nous souhaitons présenter une alternative à la droite, qu’elle soit de l’UDF ou de l’UMP. D’ailleurs, je vous signale que nous sommes actuellement face à un dispositif très classique : Sarkozy-Bayrou, cela rappelle Chirac-Raymond Barre, Chirac-Balladur ou encore Chirac-Giscard. Le RPR a essayé de se débarrasser de l’UDF en créant l’UMP, mais ça n’a pas marché.

François Bayrou monte dans les sondages, notamment parce qu’il séduit des électeurs de gauche. Comment stopper l’hémorragie ?
La seule manière d’agir est de l’obliger à être clair. Pour obtenir les voix de droite de son électorat traditionnel et mordre à gauche, il est contraint à la confusion, il entretient l’illusion. Or les Français ne veulent pas d’un prestidigitateur comme Houdini, ils veulent voter pour un programme. Bayrou ne pourra pas rester dans les généralités en ce qui concerne l’emploi et d’autres questions clefs. Est-il est pour une relance par la consommation ? Est-il pour les heures supplémentaires exonérées de contributions sociales comme Nicolas Sarkozy ? En ce qui concerne les retraites, est-il pour la poursuite du plan Balladur et du plan Fillon, ou souhaite-t-il, comme nous, une autre vision, qui ne pénalise pas les chômeurs et les non qualifiés ? Sur tous ces sujets, il va devoir s’exprimer.

Ségolène Royal a repris récemment une proposition du candidat UDF : elle a dit qu’il fallait « empêcher quelques grands groupes, notamment le BTP, les télécoms et l’industrie militaire de s’emparer progressivement de tous les médias ». Mais elle n’a pas dit comment elle comptait s’y prendre…
Elle est dans son rôle de candidate : elle est là pour fixer le cap. Ce sera au gouvernement et au Premier ministre de voir, techniquement, comme s’y prendre. On ne peut pas, d’un côté, appeler à une façon de gouverner plus responsable et plus respectueuse du Parlement et, de l’autre, imposer des directives. De plus, il y a des solutions différentes selon les médias. Par exemple, TF1 doit renouveler sa concession sous la prochaine présidence de la République. Ce pourra être l’occasion de fixer de nouvelles règles.

Mercredi 14 Mars 2007
Anna Borrel