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“Sarkozy chasse les voix de l’extrême droite”

logoap.gif« Ulcérée » selon ses proches par la proposition de Nicolas Sarkozy de créer un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, Ségolène Royal a dénoncé samedi l’amalgame « assez ignoble » et la « confusion malheureuse » de son rival de l’UMP.

« Je trouve assez ignoble de faire cet amalgame entre l’identité française et les travailleurs immigrés », « c’est une confusion malheureuse », a accusé la candidate du PS en visite au Salon de l’agriculture. « Jamais les travailleurs étrangers n’ont menacé l’identité française ».

« Au contraire, les immigrés réguliers, qui sont demandés par les entreprises, qui viennent en France souvent faire du travail que les Français ne veulent pas faire, contribuent à la croissance économique », a-t-elle sermonné, « il ne faut pas tout mélanger ». « C’est tout ce que j’ai à dire, je crois que c’est déjà assez clair! », a-t-elle conclu avant de tourner les talons.

Dans son entourage, on accuse le ministre de l’Intérieur de chasser sur les terres du Front national. « Il est en train d’aller à la recherche des voix de l’extrême droite », attaque le fabiusien Claude Bartolone, qui a rejoint l’équipe de la candidate. « C’est une posture politique de la part de Sarkozy qui commence à craindre la concurrence de Bayrou », analyse-t-il. Et d’ironiser sur le « grand écart » du candidat UMP, tout juste rejoint par Simone Veil.

« C’est une façon de parler à son flanc le plus droit », renchérit Bruno Rebelle, conseiller environnement de la candidate. Secrétaire national du PS à l’égalité, Faouzi Lamdaoui dénonce une « lepénisation rampante » et des propos « indignes ». « Nicolas Sarkozy emprunte directement son vocabulaire aux heures sombres de l’histoire de France », tance-t-il.

Samedi, vingt élus UMP de Seine-Saint-Denis ont affiché leur soutien à Nicolas Sarkozy, dont le député-maire du Raincy Eric Raoult, le député Robert Pandraud ou le maire de Montfermeil Xavier Lemoine. « C’est une polémique regrettable et détestable », ont-ils déploré, saluant « une proposition attendue et nécessaire sur le terrain ».

S’ils renvoient Nicolas Sarkozy à droite, les proches de Ségolène Royal ne perdent pas de vue le cas François Bayrou. Alors que certains au PS tirent la sonnette d’alarme sur le risque que la candidate soit privée de second tour au vu de la progression du candidat UDF dans les sondages, Claude Bartolone ne voit pas « de raison de s’affoler », assurant que François Bayrou « est un problème qui est plus posé à Sarkozy qu’à elle ».

Selon un dernier sondage IFOP pour le Journal du dimanche réalisé les 8 et 9 mars, François Bayrou ferait jeu égal au premier tour de la présidentielle avec Ségolène Royal à 23% (contre 28% pour Nicolas Sarkozy), en cas de présence de Jean-Marie Le Pen. En revanche, si le président du FN était absent du premier tour, le candidat UDF devancerait sa rivale socialiste (25% contre 24%), le président de l’UMP recueillant dans cette hypothèse 34,5%.

Mais pas question, selon Claude Bartolone, de changer de stratégie. « Royal a tout intérêt à rester sur ses traces de campagne pour montrer que ce sont les autres qui sont soit excités, soit incohérents, soit malhonnêtes », dit-il. Et d’inviter la candidate à faire la « jonction » entre les stratégies dessinées ces jours derniers par ses anciens rivaux de la primaire: rassembler « toute la gauche » et mener une « opposition frontale » au premier tour, comme le veut Laurent Fabius; et sommer François Bayrou de choisir son camp au second, comme le prône Dominique Strauss-Kahn.

Parallèlement, Ségolène Royal devrait donner dans la semaine qui vient plus de clarté et de visibilité à ses propositions en mettant en avant quelques mesures « très concrètes ». « Cinq au maximum », selon Claude Bartolone. Pour le député fabiusien, le retrait prévisible de Jacques Chirac et la publication de la liste définitive des candidats pour l’Elysée va marquer une « accélération » de la campagne. Dès lors, explique-t-il, « il faut être clair et dans les critiques et dans les propositions ». AP 10.03.2007