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L’Année de l’Arménie aux Lilas

am_dp.gifHier soir, je participais, dans ma circonscription, au lancement de l’Année de l’Arménie aux Lilas, en présence du Préfet, du maire et de son équipe, d’associations culturelles arméniennes et de nombreux Lilasiens et Lilasiennes. Je vous propose de retrouver le discours que j’ai prononcé à cette occasion.

Monsieur le Préfet,
Monsieur le Maire,
Madame la Conseillère régionale,
Monsieur l’Ambassadeur de la République d’Arménie,
Monsieur le Prélat des Arméniens de France,
Madame la Commissaire générale de l’Année de l’Arménie en France,
Monsieur le Président du CCAF,
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Les liens qui unissent la France à l’Arménie sont forts. Tellement forts, tellement naturels, tellement évidents que l’on a parfois le sentiment que l’année de l’Arménie, c’est un peu tous les ans que nous la célébrons.

Une Histoire liée, une amitié éprouvée, des cultures entremêlées : tout cela fait que l’Arménie c’est un peu la France et que la France c’est un peu l’Arménie.

Que serait la chanson française sans Charles Aznavour ? Que serait le cinéma français sans Henri Verneuil et Robert Guédiguian ? Qu’aurait été le sport automobile français sans Alain Prost ? Qu’aurait été le football français sans Youri Djorkaeff ?

Et je le dis, là, avec plus de solennité : qu’aurait été la résistance française sans Missak Manouchian et ses compagnons ? La France n’oubliera jamais leur combat pour notre liberté.

Nos deux peuples ont destin lié car ils ont une histoire commune. Oui, nous avons en commun une culture ancienne, nourrie de la même tradition, inspirée par les mêmes valeurs humanistes.

C’est au nom de ces valeurs humanistes qu’en 1984, François Mitterrand est le premier chef d’État à reconnaître publiquement la réalité du génocide arménien de 1915.

C’est au nom de ces valeurs humanistes que la Nation française toute entière s’est tenue aux côtés du peuple arménien lorsqu’il était frappé par ce terrible séisme le 7 décembre 1988.

C’est au nom de ces valeurs humanistes que j’ai été de ceux qui ont porté, à l’Assemblée nationale, une proposition de loi visant à pénaliser lourdement la négation du crime contre l’Humanité dont a été victime le peuple arménien. Il est des valeurs avec lesquelles on ne transige pas.

Bien sûr, certains crient à l’obsession du passé, à l’inflation historienne, à l’excès mémoriel.

Je crois au contraire qu’aujourd’hui comme demain, l’honneur de la France est d’entretenir la flamme et de punir tous ceux qui, pour une raison ou pour une autre, osent mettre en doute l’extermination de près d’1 million et demi de nos frères.

Pour que la formule « Plus jamais ça » ne sonne pas seulement comme un slogan, il faut que ces mots soient le fil rouge permettant, dans nos comportements ordinaires et dans notre pensée politique, d’être des résistants du quotidien.

À l’heure où nous inaugurons le lancement de l’Année de l’Arménie aux Lilas, comment évoquer les « résistants du quotidien » sans avoir une pensée pour cet homme d’ouverture, de dialogue et de paix, le journaliste turc d’origine arménienne, Hrant Dink, assassiné à Istanbul il y a quelques jours ?

Comment ne pas saluer son œuvre, et insister sur l’espoir qu’ont suscité les 100 000 manifestants en Turquie, scandant à l’unisson : « Nous sommes tous des Arméniens » ? Ces cris résonnent encore dans les rues d’Istanbul.

Comment ne pas mesurer le choc que ce meurtre a produit au sein du peuple turc, et l’interpréter comme un message de réconciliation ?

Derrière la tragédie, sachons discerner l’espoir.

Amitié, solidarité, estime, complicité : autant de mots que j’aime prononcer lorsqu’il est question de la France et de l’Arménie.

Dans le cadre de l’Année de l’Arménie, la quinzaine de spectacles, manifestations, rencontres et expositions, répartie sur toute la ville va permettre à tous les Lilasiens de mieux comprendre, de mieux connaître la culture, l’art, la civilisation et l’histoire arménienne.

Je félicite le Maire, Daniel GUIRAUD, auquel j’associe évidemment Christian LAGRANGE, son adjoint. Je remercie également Girard ASSADOURIAN, le Président de l’ANI.

Je salue enfin toutes celles et tous ceux qui, citoyens lilasiens, arméniens ou non, ont voulu s’associer à la célébration de l’amitié franco-arménienne ; j’allais dire lilaso-arménienne.

Je vous remercie.