Your message has been sent, you will be contacted soon
Site de Claude Bartolone

Call Me Now!

Fermer

Le Parisien : « Nos débats ne feront pas le jeu de la droite »

logo_lp2.gifRetrouvez ici mon interview parue dans Le Parisien du 14 octobre 2006.

Ségolène Royal se réserve le droit de ne pas participer à tous les débats organisés par le PS. Qu’en pensez-vous ?

Je ne comprends pas sa réaction. Cette idée n’est pas sortie du chapeau comme ça à l’improviste. Le Parti socialiste a décidé collectivement, pour permettre à chacun des militants de se faire une idée précise sur les candidats, de mettre sur pied trois débats télévisés et trois débats devant les adhérents. C’est utile. Pourquoi remettre ce choix en cause aujourd’hui ?

Elle estime qu’une confrontation trop brutale entre les prétendants risque de faire le jeu de la droite…

Je trouve cette remarque vexante, insupportable même. Car en disant cela, Ségolène Royal sous-entend qu’un certain nombre de socialistes, pour des raisons de boutique, seraient prêts à perdre l’élection présidentielle. Non, tout le monde au PS mesure bien les conséquences désastreuses d’une victoire de la droite sur le plan social comme sur le plan international.

A propos de l’entrée de la Turquie dans l’Europe, Ségolène Royal ne dit ni oui ni non. Comprenez-vous sa position ?

Franchement non. La conférence de presse qu’elle a tenue à l’Assemblée mercredi sur l’Europe était vraiment le modèle de ce qu’il ne faut pas faire. Ségolène Royal n’a répondu à aucune des préoccupations du peuple de gauche pour relancer la construction européenne. Pas un mot sur l’Europe sociale, les délocalisations ou l’évolution de la démocratie institutionnelle. Cerise sur le gâteau : sa non-réponse sur la Turquie qui donne franchement le sentiment qu’elle n’a pas d’avis sur la question. C’est un peu triste. Car je n’oublie pas que, dès 2008, c’est le nouveau président français qui sera à la tête de l’Union et devra relancer le processus de construction européenne. Je vois mal le chef de l’État dire aux Français « Dites-moi ce que vous voulez, je ferai ce que vous voudrez ». Le rôle d’un dirigeant, c’est aussi d’éclairer les enjeux et de défricher l’avenir.

Laurent Fabius ne décolle pas dans les sondages. Vous y croyez toujours ?

J’y crois plus que jamais. D’abord parce que le CSA vient d’indiquer que les sondages n’étaient pas représentatifs, dans la mesure où une bonne partie des personnes interrogées ne votera pas pour désigner notre candidat. Et surtout parce que les positions que prend Laurent Fabius sur l’emploi, le logement l’école, la sécurité, l’environnement ou l’Europe rencontrent chaque jour davantage d’adhésion au sein du PS.

Propos recueillis par Frédéric Gerschel