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Immigration : une autre politique est possible (10/10/2006)

parrainage.jpgStation service de la porte d’Aubervilliers. Besoin de prendre de l’essence, je m’arrête et j’attends mon tour. A côté de moi, un homme fait la même chose, il me regarde, me reconnaît et m’interpelle « Bonjour  Monsieur Bartolone, vous vous souvenez de moi ? ». Devant mon embarras, il m’explique que nous nous sommes rencontrés 5 ans plus tôt et que j’avais alors accepté de l’aider. « Grâce à vous, dit-il, je suis aujourd’hui Français ». Il voudrait me présenter sa femme et ses enfants, « de très bons élèves » précise-t-il. 

En repartant, je pensais à cette famille fière et heureuse d’avoir enfin pu rejoindre la grande communauté française. Une famille qui, comme celles de nombreux Français à des périodes différentes et dans des contextes variés, a parcouru un long chemin pour arriver en France. Comme ma propre famille qui a fui l’Italie mussolinienne pour la Tunisie avant de s’installer en France au Pré Saint-Gervais. 

Comme lui, je porte cette fierté de mon pays, pays ouvert qui permet aussi à un enfant d’immigré de devenir ministre. Mais aujourd’hui je doute quand j’apprends qu’on entend aller chercher des enfants dans leur classe pour les expulser avec leurs parents étrangers. 

Après deux lois Sarkozy sur l’immigration, l’une en novembre 2003 et l’autre en janvier 2006, c’est un formidable aveu d’erreur et d’échec.  

Sous prétexte de lutter contre l’immigration clandestine subie, c’est l’immigration régulière qui a été démantelée. Les conjoints, les familles et les réfugiés ont vu leur chance d’obtenir un droit d’entrée et de séjour très nettement réduite, au mépris des droits fondamentaux des étrangers. 

Cette illusoire politique d’immigration « choisie » produit chaque jour de nouveaux clandestins, qu’il faudrait ensuite accepter d’aller chercher dans nos écoles ou d’attacher de force dans les avions, comme ce jeune Somalien de 24 ans qui y a perdu la vie.  

Cette politique qui prétend choisir entre les étrangers sème la suspicion sur les Français nés d’un père ou d’une mère issus des anciennes colonies françaises ; ces compatriotes avec qui je partage une histoire familiale émaillée de voyages et qui aspirent légitimement à l’égalité et à la reconnaissance de leurs mérites. 

Une autre politique de l’immigration est possible. Une politique qui accompagne l’installation des étrangers en situation légale et garantisse l’accueil des étudiants étrangers, qui lutte avec fermeté contre les filières d’immigration clandestines et qui soutienne des partenariats de développement avec les pays d’origine. 

La France ne peut se satisfaire de tris et de quotas fondés sur des critères obscurs, à l’instar de ceux qui président aujourd’hui aux régularisations des familles d’enfants scolarisés. De par ses valeurs, son histoire, sa culture humaniste, elle aspire à une politique respectueuse et transparente.