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RTL : Claude Bartolone est l’invité de J-M Aphatie

rtlbis.gifLe député socialiste, homme de confiance de Laurent Fabius, était l’invité de RTL jeudi matin. Au lendemain de la présentation par le président de l’UMP Nicolas Sarkozy de son projet économique, Claude Bartolone a affirmé qu' »avant de faire des promesses à dix ans, il faut prendre des engagements pour tout de suite ».

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Claude Bartolone.

Claude Bartolone : Bonjour et bon anniversaire, Jean-Michel Aphatie.

Merci beaucoup. Dominique de Villepin, rendu à ses 100 jours à Matignon, veut réformer l’impôt sur le revenu. François Bayrou propose d’instaurer une « Taxe Tobin » sociale. Nicolas Sarkozy pense qu’il est possible de ramener le taux de chômage à 5% de la population active. Et le parti socialiste ? Il propose quelque chose, le parti socialiste, Claude Bartolone ?

Le parti socialiste va proposer, au cours de son congrès qui est fait pour ça, et puis, surtout, il commence à dire : « attention, avant de parler pour les 10 ans qui viennent, il faut parler pour tout de suite ». Et tout de suite, on voit bien que, dès cette rentrée, il y a un problème de pouvoir d’achat. Il y a un problème de logement, il y a un problème de hausse de l’essence, et avant de faire des promesses à 10 ans, il faut obtenir du gouvernement qu’il prenne des engagements pour tout de suite.

En fait, on vous sent très fort dans la critique et, depuis 3 ans d’opposition, on vous sent très faible dans la proposition.

Il y a un temps pour tout. Je pense qu’il est important quand on est dans l’opposition, de s’opposer. Et, quand on voit l’action de ce gouvernement, il faut qu’il y ait une force d’opposition lorsque l’on voit l’été qui a vu des mauvais coups portés sur le code du travail, sur l’épargne populaire, sur les mesures absentes – après avoir constaté la hausse du prix du pétrole : il faut une force politique pour s’opposer. Mais, bien entendu, on ne gagnera pas simplement sur les erreurs des autres et le moment va venir de dire aux français : « voilà les enseignements que nous tirons de nos échecs. Voilà comment nous voulons nous saisir du vote des français, survenu le 29 mai, pour essayer de répondre à leurs préoccupations, et françaises et internationales, et nous allons leur dire : « voilà ce que nous vous proposons en terme d’emplois, en terme d’écoles, en terme de logements. Parce que, si nous ne répondons pas à ce genre de préoccupations, la parole politique ne sera pas crue.

Mais, pour les français, s’il y a quelqu’un qui cherche aujourd’hui à s’opposer à Dominique de Villepin, à faire apparaître des différences, c’est plutôt François Bayrou, c’est peut-être Nicolas Sarkozy. Mais, ce n’est sûrement pas, puisque c’est votre premier secrétaire, François Hollande.

Les Français ne sont pas dupes. Ils voient bien qu’actuellement une compétition terrible s’est installée au sein de la droite.

Et qui vous prend de court ! Et qui vous prend de vitesse !

Je ne crois pas. Je pense qu’actuellement, il est bon aussi de laisser la droite mener ce genre de débat et réussir à démontrer que, sur le fond, rien ne les divise parce que, même si Villepin essaie de donner une petite douceur à la purge qu’il veut imposer aux Français, sur le fond, c’est la même chose que Sarkozy : c’est baisse des impôts, c’est baisse des services publics. C’est, finalement, la politique de droite libérale sous un jour un petit peu moins dur, mais c’est la même chose. Je crois que c’est à partir de là que nous pourrons, en tant que socialistes, en tant que gauche rassemblée, montrer que la seule alternative possible, la seule réforme possible passe par une politique de gauche qui essaie de dire aux français : « c’est par une politique qui permet l’égalité, qui permet la justice sociale que l’on peut trouver une réponse par rapport à la politique qui est menée actuellement ».

Nicolas Sarkozy, hier, disait de vous – ce n’est pas la première fois qu’il le disait, mais il l’a répété : « les socialistes, ce sont les nouveaux conservateurs ». Faut-il que vous ayez été absents de beaucoup de débats pour que ce genre de propos puisse venir !

Mais sur un certain nombre de sujets, je veux être conservateur !

Ah ! Bravo, peut-être !

Lorsque je vois que l’avenir qui est proposé aux français par Sarkozy c’est accepter les difficultés de logement qu’ils connaissent actuellement. Lorsque je vois que l’avenir proposé par Sarkozy, c’est encore plus de casse en ce qui concerne le code du travail. Lorsque je vois que les mesures proposées par Sarkozy et Villepin, c’est toujours moins d’impôts alors que les 50% de français qui ne paient pas d’impôts ne verront pas leur pouvoir d’achat augmenter avec ce genre de mesure, je me dis : « dans un cadre comme celui-là, il vaut mieux être conservateur ». Conserver aux français un certain nombre d’avantages. C’est par ce genre de discours que l’on tue l’idée de réforme. Depuis quelque temps, les français ont l’impression que, chaque fois qu’on leur dit « réforme », on va leur prendre quelque chose. On va leur prendre quelque chose au niveau du code du travail, de leur pouvoir d’achat, de leurs services publics et je pense qu’il est bon aussi de dire que, par rapport à la violence contenue dans ce genre de politique, de temps en temps, il faut dire : « D’abord, il faut conserver un certain nombre d’avantages et puis, après, il faut proposer de modifier dans la justice ».

Vous avez parlé de gauche rassemble tout à l’heure, mais on a appris que le parti socialiste, qui souhaitait qu’il y ait une déclaration commune des partis de gauche à l’occasion des 100 jours de Dominique de Villepin à Matignon, n’a même pas réussi à s’entendre avec ses partenaires pour y parvenir. Pas très rassemblée la gauche !

Je pense que dans un premier temps, il faut éviter tout geste artificiel.

Ça aurait été un geste artificiel, ça : signer une déclaration commune ? Pour critiquer la politique du gouvernement, vous n’en n’êtes pas capable aujourd’hui.

Les débats actuellement n’en sont pas encore à ce point-là. Je pense qu’il va y avoir un certain nombre d’étapes où la gauche pourra montrer qu’elle est rassemblée et notamment lorsque, dans quelques jours, les organisations syndicales vont demander aux salariés de ce pays de se mobiliser contre la politique du gouvernement, je pense qu’il sera du devoir des organisations politiques de dire : « Nous sommes aux côtés des salariés pour dire « non » à ce genre de politique de casse sociale ».

C’est déjà le début de la récupération de la manifestation du début octobre des syndicats.

Ce n’est pas un début de récupération.

Ça y ressemble.

Je pense qu’il y a complémentarité entre la lutte syndicale et le devenir politique. C’est aussi aux responsables politiques de dire : « On entend ce qui se dit au niveau des forces sociales pour y apporter une réponse ».On commence à lire un peu partout – c’est présenté comme un petit événement : Laurent Fabius sera pour la première fois à la Fête de l’Humanité, samedi. Alors, la question c’est : pourquoi il n’y a pas été avant ?Parce qu’il n’y a pas été invité.Bon Dieu ! Les communistes ne voulaient pas le voir ! En tous les cas, il devait y avoir des forums où ils n’avaient pas trouvé l’occasion de l’inviter.

Et là, maintenant, il va se risquer chez les communistes ? Quelle aventure !

Je ne pense pas que ce soit risqué. Comme bon nombre de députés socialistes, il a l’habitude de discuter avec le parti communiste, y compris quelquefois en se confrontant, mais au 2ème tour d’une élection, lorsque l’on est candidat du parti socialiste, on a besoin de rassembler la gauche et donc on a besoin de discuter avec un partenaire comme le parti communiste français.

Hier, il rencontrait José Bové pour la première fois. La fête de l’Huma’ pour la première fois. C’est comme une crise d’adolescence chez Laurent Fabius !

Je ne crois pas. Je pense que c’est surtout la position d’un responsable politique soucieux de permettre à la gauche de gagner et il ne peut pas y avoir de victoire de la gauche sans la gauche rassemblée.

D’un mot, Claude Bartolone, vous êtes député : vous êtes satisfait de la communication de l’Élysée sur l’hospitalisation de Jacques Chirac ? Le niveau de transparence vous paraît satisfaisant ?

Je ne préfère pas m’exprimer sur ce sujet : c’est toujours compliqué lorsqu’on a un problème de santé – à la fois pour le président de la république et pour sa famille. C’est très compliqué de réclamer une transparence totale parce que ça risque de n’être que des mots. Donc, pour le moment, j’attends de voir le président de la république sortir le plus rapidement possible et, quand il aura l’ensemble de sa santé, on pourra discuter de ce sujet.

Vous étiez l’invité de RTL, Claude Bartolone, ce matin et, si vous en êtes d’accord, nous rendrons la parole à Patrick Cohen dont c’était l’anniversaire hier.