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Le Parisien : « Il faut un autre cap au PS » (16/08/2005)

logo_lp1.gifLes fabiusiens dégainent les premiers. A dix jours de l’université d’été de La Rochelle et à trois mois du congrès du Mans, Claude Bartolone appelle les militants à provoquer un « nouveau souffle ».

PRINCIPAL lieutenant de Laurent Fabius, Claude Bartolone, député PS et premier maire adjoint au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis), n’a cessé d’être sur le pont : en vacances en Grèce puis auprès de Fabius en Ariège, il prépare, via son téléphone portable, le congrès anticipé du PS, qui se tiendra du 18 au 20 novembre.


Les ténors du PS vont faire leur rentrée à La Rochelle. Le climat ne risque-t-il pas d’être un peu tendu ?
Claude Bartolone. Je ne le souhaite pas. L’an dernier, à La Rochelle, François Hollande, pour des raisons plus liées à ses ambitions qu’à la Constitution européenne, avait divisé les socialistes et conduit le PS sur une voie qui l’a éloigné de ses électeurs. Espérons que nous serons capables, cette année, de nous rassembler à la fin d’un été qui aura vu le gouvernement multiplier les mauvais coups contre les Français.
Quel est l’enjeu pour vous du congrès du Mans : prendre le contrôle du parti ?
Il y a un triple échec de la direction actuelle. A Dijon, elle avait été élue pour rassembler les socialistes, rassembler la gauche et construire une alternative politique. Or elle a divisé les socialistes durant la campagne référendaire ; elle a été méprisante vis-à-vis d’autres formations politiques de gauche qui nous seront indispensables notamment lors du second tour de la présidentielle. Enfin, Bayrou donne davantage le sentiment d’être la voix d’une opposition au gouvernement, comparé au silence de la direction provisoire du PS. Il faut une autre majorité, il faut un autre cap !
Quel est le premier secrétaire idéal ?
Il doit être capable de rassembler les socialistes. On ne peut pas bâtir le rassemblement de la gauche en jouant les socialistes les uns contre les autres ou en jouant au « maillon faible » : le seul objectif de ce petit jeu étant, pour de sombres calculs, d’éliminer celui qui peut rassembler la gauche et l’emporter, afin qu’il ne soit pas en finale…
D’ici là, la chasse aux fédérations est ouverte ?
Non, c’est chaque militant qui est concerné ! Chacun va avoir notre avenir collectif entre ses mains. A
chacun de décider, en ayant en tête que ce n’est pas le contrôle bureaucratique d’un parti qui permet de gagner une élection. A chacun de provoquer ce nouveau souffle dont le PS a tant besoin.
Laurent Fabius ne risque-t-il pas d’avoir un problème de crédibilité avec sa ligne « à gauche toute » ?
Le monde a bougé. La mondialisation a des conséquences économiques, sociales et écologiques plus catastrophiques que ce que nous annoncions. Au niveau national, jamais depuis très longtemps n’a existé une telle désespérance. Nous devons en tenir compte, y compris en revenant s’il le faut sur des décisions que nous avons soutenues. Nous ne ferons jamais croire que la défaite de 2002, c’était « la faute à pas de chance ». Nous changeons parce que le monde a changé.
Le courant NPS sera-t-il le faiseur de roi du prochain congrès ?
NPS jouera un rôle aussi important que ceux qui souhaiteront se rassembler pour trouver une majorité alternative à l’actuelle direction. Mais il faut que tous soient capables de le dire tout de suite, pour ne pas donner le sentiment aux militants que cela se réglera de manière nocturne, par des combinaisons de fin de congrès. Les militants ont besoin de clarté.
Dominique de Villepin peut-il être un adversaire sérieux en 2007 ?
La clémence des sondages à l’égard du Premier ministre tient au fait que ses décisions – baisse du taux du livret A, vente des autoroutes au privé, ponctions tous azimuts – n’ont pas encore fait sentir leurs effets. Mais gare à l’automne ! Que ce soit Chirac, Sarkozy ou Villepin, ils ont tous les mêmes idées. La droite a juste donné un petit goût sucré en mettant Villepin à Matignon. Mais la purge reste la même !
Comment expliquer que Laurent Fabius, malgré tous ses efforts, n’ait toujours pas la sympathie des Français ?
Le choix d’un candidat à la présidentielle n’est pas l’attribution d’un prix de beauté : c’est le choix d’un homme d’Etat capable de défendre les Français, de faire entendre la voix de la France en Europe et dans le monde, de porter un projet politique respectueux de l’environnement qui rétablisse dans notre
société les valeurs d’égalité, de justice et de liberté. Cela étant, je crois que bon nombre de Français, depuis le référendum, surveillent Laurent Fabius d’une manière bienveillante et positive.
Propos recueillis par Nathalie Segaunes