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Cantonales, régionales 2004 : une double consultation qui doit être utile

urne.JPGAssisterait-on à l’agonie de la politique ? En effet, depuis quelques semaines, la droite accuse régulièrement le Parti socialiste de politiser les échéances électorales qui approchent à grands pas. Décadence ultime, offense suprême, les Socialistes auraient l’audace éhontée de parler de politique lors d’une élection ! On croit rêver. Il y a quelque chose d’absolument insupportable dans l’aspiration à la dépolitisation d’une élection, de quelque nature qu’elle soit. Parce qu’elle magnifie la gestion technique ; parce qu’elle déprécie la vision politique.


Alors, non seulement, je reconnais, mais en plus j’assume ma volonté d’une tonalité fortement politique pour les campagnes régionales et cantonales. Bien entendu, compte tenu de la surreprésentation des zones rurales, les cantonales auront à faire valoir la qualité de nos candidates et de nos candidats. Mais je ne crois pas que nous puissions sérieusement prétendre gagner les élections régionales sur nos seuls bilans. Le seul bilan, on a déjà donné.

Bien au contraire, il nous faut tenir compte de ce que nous avons pu ressentir le 21 avril pour conférer une dynamique, une envie à la campagne des élections régionales. Naturellement, il faudra mettre en valeur ce qu’ont réalisé nos présidents sortants et leurs équipes. De même, il nous incombera de faire des propositions ambitieuses et de démontrer par-là qu’une région de gauche et une région de droite, ce n’est pas la même chose, notamment en termes d’emploi, d’éducation, de transports, d’environnement. Enfin, nous devrons faire entendre que les régions peuvent permettre aux Socialistes de résister au démantèlement du tissu social entrepris par la droite. Mais ce moment, cette élection régionale, devra être l’occasion pour les Français de présenter l’addition à Raffarin. Donnons-en leur l’opportunité.

Donnons-leur aussi l’opportunité de signaler au Président de la République qu’ils refusent le cynisme qui consiste à promettre tout et n’importe quoi, tandis que son gouvernement commet l’inverse, notamment sur l’emploi et la consommation des ménages.

Si nous parvenons à convaincre les Français, à la fois sur l’espoir d’un coup d’arrêt mais aussi sur le risque d’une dégradation que peuvent respectivement représenter une défaite ou une victoire de la droite, on peut trouver là quelques motifs supplémentaires d’appétence pour nos candidats.

A l’aube de ces échéances électorales, nous devons être lucides quant aux enjeux de leur aboutissement. 

La France joue gros. Si à l’issue des résultats, il s’avérait que la droite donnait le sentiment de progresser, voire de stagner, c’est un terrible plan de rigueur qui attendrait les Français au coin du bois. Dans le registre des méfaits politiques, le champ des possibles est, hélas, encore ample, et l’on voit bien, sur l’emploi, l’assurance maladie ou les droits sociaux, quels assauts elle peut encore lancer contre le pays.

La droite, elle aussi, a beaucoup à perdre. Elle transpire la peur de payer le prix fort de ses choix de société, et plus encore, elle ressent bien que les Français ont finalement compris qu’elle se trompait de chemin. Si elle recule, elle se voit frappée d’un carton jaune qui, à l’instar de ce qui nous était arrivé aux municipales de 2001, laisserait augurer d’un carton rouge en 2007. D’une certaine manière, elle court le risque d’un impeachment à la française.

Le Parti socialiste, enfin, est sous pression. Jusqu’ici, l’activité était à droite, et les médias s’intéressaient davantage aux embarras du gouvernement et aux querelles des responsables de la majorité, qu’aux propositions des Socialistes.  Convainquons-nous une bonne fois pour toutes que sans l’électrochoc que provoquerait une victoire des Socialistes, ni les médias ni les Français ne nous verront comme une force d’alternative crédible. Ces élections devront précisément être celles qui démontrent que la seule alternative passe par les Socialistes.

En cela, elles méritent bien une mobilisation générale ; elles ne sont pas gagnées d’avance, loin s’en faut. Et si l’espoir est à nouveau permis, l’excès de confiance doit être banni. D’abord parce que la tranche renouvelable à l’occasion des prochaines cantonales, nous a été très favorable il y a six ans. Il faut en effet avoir à l’esprit que ces élections cantonales avaient été un grand succès pour la gauche.

Quant aux élections régionales, pour un certain nombre de régions, cela se jouera à 1 ou 2 au moment du décompte final. Et, que nous sortions avec une région de moins ou une région de plus, cela représentera une très grande différence pour la suite des événements. Jusqu’à la dernière minute, nous devrons être offensifs vis-à-vis de nos partenaires de la gauche, et faire entendre le caractère indispensable de l’union, condition sine qua non de la victoire.

Mais tout cela ne doit pas pour autant nous tétaniser. Libérons notre audace ! Car le voilà le dernier enjeu. Il est d’ailleurs lié à ceux que j’évoquais : le sursaut civique, le réveil démocratique. En d’autres termes, la participation aux scrutins. Alors, passionnons nos campagnes, politisons nos débats, faisons de ces élections une victoire pour la démocratie, et peut-être, le 21 avril aura servi à quelque chose.

Tribunes Socialistes