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Chirac et la mort de la politique de la ville

renouvellement.gifMais où est donc passé Jacques Chirac ? Ce murmure étant apparemment remonté aux oreilles du chef de l’Etat, celui-ci a enfin consenti à bousculer son agenda pour une halte à Valenciennes. Un déplacement retenu de longue date, de source officielle. Une virée organisée en catastrophe, selon toute vraisemblance. Une occasion d’entendre le Président parler de la « ville ».
Le grand enseignement de cette visite, c’est que Jacques Chirac semble découvrir l’existence de la politique de la ville… ou plus exactement du renouvellement urbain.
Mais la politique de la ville, ce n’est pas le renouvellement urbain. Pas seulement. Elle combine l’urbain et l’humain ; elle s’inscrit dans le long terme et dans l’immédiat ; elle se nourrit d’une philosophie politique et d’une conscience du concret.
Si bien qu’avant de porter leur espoir sur de lourdes opérations de bâti qui verront le jour à l’issue de processus longs – opérations financées d’ailleurs par les grands projets de ville voulus par le gouvernement de Lionel Jospin – les habitants des quartiers populaires ont besoin de savoir de quoi leur lendemain sera fait.
Et que leur dit le gouvernement de Chirac dans leur quotidien ? Que leur emploi se fragilise ; que lorsqu’ils l’ont perdu ils ne bénéficient plus de l’allocation spécifique de solidarité ; que leurs enfants sont en échec scolaire faute de crédits et de présence adulte à l’école ; que le budget du logement est en baisse et que la construction de logements est en panne à l’heure où le maître mot de la politique de la ville est la démolition ; que le combat pour la laïcité passe par l’exaltation du communautarisme ; que leur sécurité ne peut plus être assurée car les effectifs de police de leur quartier sont redéployés vers le centre-ville.
Au fond, les habitants des quartiers populaires ne réclament pas des mots d’amour, mais attendent des preuves d’amour. Jusqu’ici, l’offensive libérale de Chirac a fait d’eux les mal-aimés.
De l’abstentionnisme à l’extrémisme, le risque est grand que nos quartiers soient le théâtre d’un nouveau cataclysme électoral. Plus que jamais, les Socialistes doivent s’y investir pleinement et lutter ainsi contre cette désespérance qui guette dangereusement.
L’hebdo des socialistes